12À l’hôpital, l’état de Noëlla inquiète les médecins. Elle semble vidée de toute volonté, elle ne se bat plus. Elle refuse de s’alimenter et se réfugie dans le sommeil. Lorsqu’elle ouvre les yeux, son regard fixe un point imaginaire au plafond, parfois des larmes glissent doucement sur ses tempes, elle ne les retient pas, ne les essuie pas. Elle ne parle pas, ne répond pas au personnel soignant. Elle s’est isolée du monde et semble attendre sa fin, sereine et apaisée. Cette situation est inacceptable pour les médecins, tous leurs efforts resteront vains si elle ne montre pas un peu de bonne volonté. Toute la médecine du monde est inutile si le patient ne se bat pas. L’envie de vivre ne s’injecte pas en intraveineuse. Les perfusions nourrissent le corps, mais l’esprit est déjà ailleurs.

