Mai 1940 Qu’est-ce que j’ai pu m’emmerder ! J’ai passé huit mois à glander après la mobilisation de début septembre 1939. Patrouilles bidons, entraînements inutiles, prises d’armes superflues, quelques visites de galonnés censées entretenir le moral des troupes, voilà ce qu’a été mon quotidien militaire, le plus souvent émaillé de longues périodes d’inactivité et d’ennui. Et puis le froid ! L’hiver a été terrible ! J’ai été frigorifié, gelé, pendant des jours, des semaines dans la casemate qui servait, à mes compagnons d’infortune et à moi, d’abri et de dortoir où nous étions entassés comme des petits pois dans une boîte de conserve. À plusieurs reprises, mon naturel antimilitariste a émergé, j’ai eu envie de foutre le camp, d’aller me blottir dans la chaleur des bras de Martina. Le carca

