Chapitre 8Jeff descendit de son vieux 4x4 Land Rover acheté vingt ans plus tôt au retour d’une mission périlleuse au Liban. L’engin n’était pas très confortable mais il lui rappelait en permanence sa jeunesse de baroudeur dans des contrées très éloignées. Il traversa la cour de la ferme d’Antoine, sur la porte un mot pour ce visiteur attendu était accroché : « Je suis à la plaine des Senteurs. » La boîte de vitesses grinça quand le lourd véhicule passa le porche de sortie de l’imposant corps de ferme. Jeff connaissait bien la route qui menait aux pâtures pour l’avoir souvent pratiquée à l’époque des foins, près de cinquante ans plus tôt, lorsque que gamin il sautait en compagnie de son cousin sur les ballots d’herbes déposés sur la charrette du père d’Antoine, que Sultan, le vieux percher

