XLIX Il ne faut pas se poser des questions quand on ne connaît pas les réponses, donc je partais de Tréguier à grands pas de dépanneuse et de tracteur-remorque, en pensant à Victor qui m’avait fait passer un bon moment. Mais son histoire était triste et me rappelait que je commençais à vieillir et qu’on s’attendrit plus sur les gens. On voit aussi la vieillerie à d’autres petites choses. D’abord, on s’empâte aux poignées d’amour – à force, Francine aurait pu me prendre pour une valise avec une drôle de tête, on craque de partout aux articulations et on sent toutes les parties de son corps, y’a pas un jour où il ne nous rappelle pas qu’il est là, on est pour ainsi dire en souffrances, ensuite on se perd dans ses souvenances et on cherche ses mots ou le nom de quelqu’un pendant des heures, c

