XXVI J’étais arrivé dans le Parc Régional d’Armorique, un espace protégé comme on dit, qui a chassé mes idées noires. C’était le début des monts d’Arrée, pour prendre de la hauteur. Il y avait une énorme forêt de sapins, avec des panneaux « Biche » qu’on ne voit jamais la queue d’une, où on pouvait se perdre si on s’éloignait des routes. Plus ça montait et plus la végétation était rabougrie, des bruyères, des fougères et en plus, les rochers avaient des formes bizarres dans la brume. Et tout d’un coup, au bord de la route, j’ai entrevu un jeune homme dans les vingt ans, le crâne rasé et des boucles aux oreilles et dans le nez. — Je vais à Brasparts, il a dit comme ça. — Moi aussi, j’ai répondu. — Je peux y aller avec vous ? Il m’a semblé honnête dans l’ensemble, alors je lui ai fait

