EUGÉNIE : Comme tu me persuades, mon ange, comme tu triomphes de mes préjugés ! comme tu détruis tous les faux principes que ma mère avait mis en moi ! Ah ! je voudrais être mariée demain pour mettre aussitôt tes maximes en usage. Qu’elles sont séduisantes ! qu’elles sont vraies, et combien je les aime ! Une chose seulement m’inquiète, chère amie, dans ce que tu viens de me dire, et comme je ne l’entends point, je te supplie de me l’expliquer. Ton mari, prétends-tu, ne s’y prend pas, dans la jouissance, de manière à avoir des enfants, que te fait-il donc je t’en prie ? MME DE SAINT-ANGE : Mon mari était déjà vieux quand je l’épousai ; dès la première nuit de ses noces, il me prévint de ses fantaisies, en m’assurant que de son côté, jamais il ne gênerait les miennes ; je lui jurai de lui o

