— Je m’en souviens mieux qu’en gros, je m’en souviens en détail, dit Vesin. Voici comment. Mon collègue Frémart, qui était de service aux assises et devait occuper le siège du ministère public, dans l’affaire, était souffrant. Il avait la goutte. Et j’avais été chargé par le patron d’étudier les affaires de la quinzaine, de façon à être prêt à suppléer Frémart s’il se trouvait dans l’impossibilité de venir au Palais, au milieu de la session. J’ai donc eu, dans les mains, le dossier Fréneuse. Et je l’ai étudié, avec d’autant plus d’intérêt, que, comme vous tous, j’avais rencontré ce garçon dans le monde, et me trouvais plein de sympathie pour sa famille. Je ne le connaissais pas assez intimement pour me récuser, mais assez pour m’attacher passionnément à éclaircir cette émouvante aventure.

