V (5)

442 Words
V (5)Thom se réveille péniblement. Sa tête bourdonne encore du coup reçu. Ses paupières sont lourdes. Ses membres, engourdis, ne lui sont d’aucune utilité. Tout juste parvient-il à observer son proche environnement. Accrochés aux murs bleu turquoise, des filets du temps des lointaines pêches en mer. « Ils doivent être plurimillénaires… ». Des photographies d’animaux marins, dont les espèces se sont éteintes à cause de la suractivité humaine, forment une belle mosaïque. Sur les cadres, l’on peut lire respectivement les mots « baleine », « phoque », « manchot », « morse », « tortue des Galápagos », « grand requin blanc », « dauphin », « orque », pour ne citer qu’eux. Un écriteau stipule les causes de leur extinction : « ailerons prétendument aphrodisiaques », « ne servait qu’à amuser dans des parcs d’attraction », « a fini en parfum », « victime de la surpêche d’autres espèces, elles aussi éteintes », « s’étouffait avec des sacs plastiques », « son habitat naturel a été pollué par les crèmes solaires des humains se baignant », etc… Quand soudain s’ouvre la porte de ce qui semble être une chambre… Une jeune femme humanoïde s’y engouffre. La peau vert clair, des cheveux en forme de feuilles de laurier, des brindilles au-dessus des oreilles, une poitrine gracieuse, ni plate, ni tombante, l’allure athlétique dénuée de sévérité, des jambes à la fois fermes et agréablement sensuelles. Elle est habillée telle une guerrière shinobi, portant keikogi, pantalon et chaussée de tabis, tous rouge magenta. S’asseyant en tailleur, dos au mur, juste en face du jeune Terrien, elle lui lance un regard amical. « Bien dormi ? — Oui… plutôt. Où suis-je ? — Dans l’antre des Corsaires de Mars. — Un repaire corsaire… — Et oui ! — Vous en êtes la cheffe ? — Et non ! — Pourquoi m’avoir libéré ? — Tu le sauras plus tard. Tu as faim ? — Oui, un petit peu. — Du poisson pour monsieur ! De la daurade royale, allongée sur son lit damassé de riz et de légumes de saison. En dessert, une tarte tatin. — Merci ! » En même temps que se fait l’annonce des plats, un petit robot les apporte, les pose sur une table préalablement montée par ses soins, puis s’en va. Thom ne se souvient pas d’avoir déjà mangé un tel repas. Il a lu, il y a longtemps, dans de vieux grimoires, des recettes de mets similaires. Mais de là à les déguster ! Le repas achevé, s’essuyant proprement les lèvres, le robot débarrassant le tout, il se lance. « Je me suis montré impoli, avant de me sustenter à merveille. J’ai omis de vous demander votre nom. — Sita Veda, pour vous servir, Thom des Plateaux Verdoyants. — Comment connaissez-vous mon identité ? — Nous t’observons depuis longtemps. — Puis-je savoir par qui ? — Oui, bien sûr… par ton garagiste. — C’est un corsaire ? ! J’ai donné une place du Comptoir de la Lune à un corsaire ? ! — Ce n’est pas un lieu très moral… — Oui, il est vrai, je vous demande pardon. — Tu veux connaître le chef de ce repaire ? — Oui, si cela m’est permis. — Enfile cette tenue. Et tu pourras rencontrer le grand Nessos Thot. »
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