XIV ThérèseMes petites maîtresses (car j’avais autant de maîtres et de maîtresses que la grand-mère avait de petits-enfants) avaient une cousine qu’elles aimaient beaucoup, qui était leur meilleure amie, et à peu près de leur âge. Cette amie s’appelait Thérèse ; elle était bonne, bien bonne, la pauvre petite. Quand elle me montait, jamais elle ne prenait de baguette, et ne permettait à personne de me taper. Dans une des promenades que firent mes jeunes maîtresses, elles virent une petite fille assise sur le bord de la route, qui se leva péniblement à leur approche, et vint en boitant leur demander la charité ; son air triste et timide frappa Thérèse et ses amies. « Pourquoi boites-tu, ma petite ? dit Thérèse. LA PETITEParce que mes sabots me blessent, mam’selle. THÉRÈSEPourquoi n’en de

