3. Leandra.

2689 Words
I'm Emzy ✍️ En attendant les coups de feu, la foule s'éparpilla dans la panique, chacun courant dans tous les sens. Certains se réfugièrent dans l'immeuble, tandis que d'autres se terrèrent dans les carnavals ambulants. La peur régnait souveraine, et le chaos s'empara de la petite rue en quelques secondes à peine. Du quatrième étage, où se trouvait son appartement, Heather avait également entendu les détonations, mais rien ne laissait présager qu'elles avaient été tirées contre Leandra. Elle pensait probablement à un règlement de compte entre gangs, monnaie courante dans cette ville. Le quartier était régulièrement secoué par des criminels armés et drogués qui semaient la terreur en commettant vols, bagarres et meurtres. C'était un véritable chaos, comme si on se trouvait dans un univers de violence sans limite. Ils se considéraient comme au-dessus des lois, tuant qui ils voulaient, et menaçant de réplique violente si l'un des leurs était touché. Ils dévalaient les rues, armes à la main, tirant sur tout ce qui bougeait, comme dans un jeu de survie mortel. Rien ne semblait pouvoir les arrêter. La police locale tentait de réduire la violence, mais elle devait admettre sa peur de se retrouver sur la liste noire de ces criminels, qui détestaient les "flics". Il ne fallait pas oublier les corrompus qui avaient vendu leurs âmes pour de l'argent, permettant aux criminels de continuer à régner en maîtres sur le quartier, impunis. Et pour couronner le tout, il y avait des jeunes qui les admiraient et voulaient les imiter, devenir des criminels comme eux, juste parce qu'ils incarnent ce qui attire les hommes : le pouvoir, les femmes et l'argent, pensait Heather, médusée. Si tout le monde était comme eux, l'humanité aurait disparu depuis longtemps. Elle était consternée par le fait que même emprisonnés, ils continuaient à exercer une influence, à semer la peur. Les gangs tels que les Crips et les Bloods, étaient légion, ils pourraient peupler une ville entière, mais elle ne survivrait pas longtemps. Peut-être que la solution pour réduire ce phénomène était de les isoler tous, de les laisser s'entretuer entre eux. Heather avait donc repris ses activités, attendant impatiemment l'arrivée de Leandra, qui ne devait plus tarder à surgir d'un instant à l'autre. Elle était probablement déjà rentrée dans l'immeuble avant les coups de feu, se rassurait-elle, pour chasser les pensées inquiétantes qui commençaient à l'envahir. Cependant, tentée de voir ce qui se passait à l'extérieur, Heather descendit prudemment au rez-de-chaussée, le calme étant revenu après les coups de feu. Sur le trottoir, des dizaines de personnes s'étaient rassemblées autour de la victime, formant un cercle de curieux qui murmuraient entre eux. Heather se fraya un passage à travers la foule, son cœur battant à tout rompre, et découvrit horrifiée Leandra allongée sur le sol inerte, baignant dans une mare de sang qui s'étalait lentement autour d'elle. La face de Leandra était contre le sol, les yeux clos, une balle avait laissé un trou béant dans son front lui arrachant quelques brins de cheveux au passage. Une autre balle avait pénétré dans ses côtes, laissant une tache rouge sombre sur son pull. Les gens autour d'elle chuchotaient, certains pleuraient, d'autres regardaient la scène avec une morbidité fascinée. Heather était pétrifiée, son esprit refusait d'accepter la réalité de ce qu'elle voyait. Comment cela était-il arrivé ? Qui avait commis une telle horreur ? Pourquoi Leandra, elle qui n'avait jamais fais de mal à quelqu'un? Les questions tourbillonnaient dans son esprit, mais les réponses restaient silencieuses. Je suis soulagé d'apprendre que Leandra n'est pas morte ! Voici une nouvelle version améliorée du texte, en tenant compte de cette nouvelle information : — Leandra..., laissa échapper Heather dans une voix tremblante, comme si elle ne pouvait pas croire ce qu'elle voyait. — Non!! Hurla-t-elle ensuite, de toute ses forces, en se précipitant sur son amie et en la prenant dans ses bras. Elle la serra fort, comme si elle voulait la protéger de la violence qui l'avait frappée. — Quelqu'un, appelez les secours, s'il vous plaît..., cria-t-elle à la foule, en essayant de garder son calme terrorisée par l'idée que son amie ait été emportée par la mort . La jeune femme était affolée, son esprit consumé par la peur de perdre son amie. Elle ne se souciait pas de la foule qui l'entourait, ni des regards choqués des passants. Rien ne comptait plus que la survie de Leandra. L'idée de vivre sans elle était insupportable, impensable. Un torrent de larmes se déversait sur son visage, terni par la tristesse qui la meurtrissait. Elle serrait le corps froid de son amie dans ses bras, refusant de la lâcher, même si ses mains étaient salies par le sang vermeil qui représentait la vie de Leandra. Elle sentait son cœur se briser, son âme se déchirer. — Je les ai déjà appelés, ils arrivent, dit un passant, essayant de la réconforter. — Vous la connaissez ?Demanda-t-il, avec une pointe de compassion dans la voix. Heather hocha la tête, incapable de parler, les mots coincés dans sa gorge serrée par l'émotion. Elle ne pouvait que regarder son amie, son regard fixé sur son visage pâle, son souffle court et saccadé. A ce moment-là, les secours arrivèrent, accompagnés de leur sirène stridente qui déchira l'air du quartier, obligeant les passants à s'écarter précipitamment. Les secouristes sautèrent hors de l'ambulance et déployèrent rapidement le brancard, sur lequel ils allongèrent Leandra, toujours inerte. Ils la stabilisèrent avec soin, avant de la hisser à bord de l'ambulance. Leurs visages étaient graves, leur expression tendue, trahissant l'urgence de la situation. — Il faut y aller, maintenant ! cria l'un d'eux, avant de s'élancer dans l'ambulance. Heather, folle d'inquiétude, sauta à son tour à bord, déterminée à rester auprès de son amie, qui avait besoin d'elle plus que jamais. Les portes de l'ambulance se refermèrent avec un bruit sec, et le véhicule démarra en trombe, laissant derrière lui un nuage de poussière et de désarroi. *** Heather arpentait la salle d'attente, paniquée, les nerfs à vif. Depuis que l'ambulance avait emmené Leandra, elle n'avait cessé de prier, les larmes aux yeux, les mains jointes. Elle redoutait le pire, son esprit envahi par des visions funèbres. Elle se voyait vêtue de noir, pleurant sur la tombe de son amie, tenant des fleurs tremblantes. La pierre tombale se dressait devant elle, gravée du nom de Leandra Lévi, 1994-2020. Et les parents de Leandra ? Comment leur annoncer la nouvelle ? Comment expliquer l'inexplicable ? Ça aurait dû être elle, pas Leandra ! Son amie aurait dû être au bureau, pas sur ce parking maudit ! Et tout ça à cause de cette soirée passée chez elle, à boire pour oublier son chagrin d'amour. Maudit soit Matt Porter ! cracha-t-elle, les dents serrées, les poings crispés. Elle se sentait impuissante, prisonnière de son angoisse, tandis que son amie luttait pour sa vie. Leandra avait besoin d'elle plus que jamais, mais elle était réduite à l'impuissance, les mains liées par l'attente et la prière. Tout ce qu'elle pouvait faire, c'était attendre et supplier Dieu de venir en aide à son amie, de lui donner le souffle de vie. Cela faisait plus de cinq heures que Leandra avait été opérée, et d'après le médecin, tout s'était bien passé. Leandra avait été conduite en salle de réveil, où elle luttait pour retrouver conscience. Pendant ce temps, la police de la ville avait pris les choses en main, essayant de reconstituer les événements qui avaient conduit à cette tragédie. L'enquêteur, un homme d'une cinquantaine d'années aux traits fatigués, s'approcha d'elle, son carnet de notes à la main. — Mademoiselle Davis ? demanda-t-il d'une voix grave. Heather hocha la tête, son cœur battant à tout rompre. — Oui, c'est bien moi. Vous avez du nouveau ? L'enquêteur hésita, son regard balayant la salle d'attente avant de se poser à nouveau sur elle. — Oui et non. Heather sentit son estomac se nouer. — C'est à dire ? L'enquêteur soupira. — Nous avons retrouvé l'arme, le tireur l'a jetée dans un bac à ordure à quelques mètres de l'immeuble. Mais comme il portait des gants d'après les déclarations des témoins, on ne pourra pas compter sur ses empreintes. — Je vois..., dit Heather, son esprit déjà en train de deviner où l'enquêteur voulait en venir. — Et en quoi puis-je vous aider ? L'enquêteur hocha la tête, son regard sérieux. — Vous nous avez dit être sa meilleure amie. Heather acquiesça, un peu surprise. — Oui, nous nous connaissons depuis le primaire... Et puis ? L'enquêteur prit une profonde inspiration. — Nous avons quelques questions à vous poser la concernant... Cela pourrait faire avancer l'enquête. Heather sentit son cœur battre un peu plus fort, mais elle hocha la tête. — Okay, allons-y alors. Elle s'assit un peu plus droite, prête à répondre à toutes les questions de l'enquêteur. L'enquêteur ouvrit son carnet, son stylo prêt à noter les moindres détails qui pourraient aider à élucider l'affaire. — Mademoiselle Lévi était-elle en couple ? Demanda-t-il, son regard attentif. Heather secoua la tête, ses yeux s'embuant. — Non, elle était célibataire depuis peu. L'enquêteur hocha la tête, son stylo grattant le papier. — Et son ex-copain et elle avaient-ils rompu dans de bonnes conditions ? Heather acquiesça, sa voix tremblante. — Oui, d'ailleurs ils ont gardé de bonnes relations. Ils étaient en contact jusqu'à ce qu'il soit envoyé en mission en Iran il ya quelques mois. L'enquêteur leva un sourcil. — Et quel est son nom ? Heather renifla, son mouchoir humide pressé contre ses narines. — Jordan Truman... Elle venait de faire la connaissance d'un homme et ils avaient rendez-vous aujourd'hui, ajouta-t-elle, au bord des larmes. L'enquêteur posa une main compatissante sur son bras. — Ça va aller, mademoiselle ? Heather le rassura d'un signe de la tête, essuyant ses larmes. — Oui, finissons-en. L'enquêteur hocha la tête. — Je voudrais le nom de cet homme. Heather secoua la tête. — Son nom, je ne le connais pas. Je sais juste qu'il se prénomme Stephen et qu'il est vendeur dans une boutique située à Central Park. — Le nom de la boutique ? Demanda l'enquêteur, son stylo suspendu au-dessus de son carnet, son regard attentif fixé sur Heather. — My Style, répondit-elle, sa voix un peu plus ferme, mais toujours tremblante d'émotion. L'enquêteur hocha la tête, son visage grave. — Avait-elle des ennemis ? Heather secoua la tête, ses yeux s'embuant à nouveau, des larmes perlant au coin de ses paupières. — Non, pas que je sache, elle s'entendait plutôt bien avec tout le monde. L'enquêteur leva un sourcil, son regard s'intensifiant. — Même avec vous ? Heather se raidit, son visage s'empourprant de colère. — Que voulez-vous insinuer ? demanda-t-elle, indignée, sa voix montant d'un ton. L'enquêteur haussa les épaules, son geste décontracté contrastant avec la tension de l'atmosphère. — Vous savez... On ne sait jamais ce qui peut se cacher derrière une amitié. Heather bondit de sa chaise, ses mains sur les hanches, ses yeux lançant des éclairs. — Non, vous savez quoi ? On va arrêter là ! Ma meilleure amie vient de frôler la mort et vous... vous... vous pensez que j'ai une main mise derrière ça ?! L'enquêteur leva les mains, apaisant, mais Heather ne voulait rien entendre. — Allez chercher vos pistes ailleurs, je n'ai plus rien à vous dire ! L'enquêteur hocha la tête, son visage impassible, mais ses yeux trahissant une pointe de regret. — C'est comme vous voulez, mademoiselle Davis. Au-revoir et merci pour votre collaboration. Heather renifla, son mouchoir pressé contre ses narines, ses épaules secouées de sanglots. — Oui, au-revoir ! Une heure après le départ de l'enquêteur, l'infirmière était venue lui annoncer que Leandra venait de se réveiller et demandait à la voir. Enfin, une lueur d'espoir dans cette histoire morbide. Heather se précipita vers la chambre de son amie, son cœur battant d'excitation. Elle frappa doucement à la porte avant d'entrer. — Toc toc toc. — Aller entre ma petite p*****e. Leandra était assise dans son lit, les fils de la machine cardiaque et les perfusions reliés à son corps, mais elle ne ressemblait pas du tout à une patiente qui avait reçu deux balles et était sortie du bloc opératoire il y a peu. Un sourire gai et rassurant flottait sur ses lèvres. Ça va ? Demanda Heather, les larmes aux yeux. — J'ai connu des jours meilleurs et toi ? Répondit Leandra, sa voix faible mais déterminée. Heather se jeta dans ses bras, émue. — Ça va, j'ai eu si peur, tu sais, avoua-t-elle en larmes. Leandra la serra fort mais avec prudence pour ne pas se faire mal ou débrancher un de ses fils. — Tu es vraiment une vraie pleurnicheuse, toi. Heather renifla, essuyant ses larmes. — Que disent les médecins ? L'interrogea-t-elle. — Aucun organe vital n'a été touché, je devrais m'en remettre d'ici une semaine ou deux, répondit Leandra, un sourire ironique aux lèvres. — J'espère que je pourrai garder les balles, ça me fera de beaux souvenirs. Heather secoua la tête, amusée. — Après l'enquête, sûrement. Leandra rigola. — Ouff, c'est une semaine riche en émotions pour nous deux." Heather la regarda sérieusement. — Ce n'est pas drôle, tu as failli y passer Leandra! Leandra haussa les épaules. — Et te connaissant, tu n'aurais pas tardé avant de me rejoindre. Heather soupira. — Dis quand pourrais-je sortir d'ici ? Demanda Leandra. — Dans quelques jours si possible. Nous demanderons au médecin, répondit Heather. Leandra fit la grimace. — Je déteste les hôpitaux, ça sent la mort. Heather la regarda sévèrement. — Boucles-la ! Tu as besoin de te reposer. Leandra sourit. — Oui maman. Juste alors, un homme noir, pas très grand, moyennement musclé, avec un sourire timide aux lèvres, tenait un bouquet de roses à la main et se tenait à la porte. — Désolé de vous déranger, dit-il, un peu gêné. Leandra le regarda et sourit. — Heather, tu te souviens de Stephen, le vendeur de My Style ? Heather le regarda, déroutée, avant de se rappeler. — Oh oui, bonsoir. Stephen s'approcha d'elle et lui fit la bise. — Ravi de faire ta connaissance, Heather. Leandra les regarda, un sourire satisfait aux lèvres. — Je suis contente que vous vous soyez enfin rencontrés. — Le plaisir est partagé, je vous laisse, vous avez sûrement beaucoup à vous dire. Heather adressa un regard complice à Leandra avant de s'éclipser, laissant les deux tourtereaux seuls en amoureux. Après une nuit blanche assez mouvementée, Heather avait besoin de repos. *** Elle entra la clé dans la serrure de son appartement, ouvrit la porte, se déchaussa et sans même prendre son bain, elle s'endormit profondément sur le canapé, bercée par la tempête qui s'était abattue sur la ville. Les rafales de vent et les éclairs de foudre avaient créé une ambiance apaisante, et Heather avait enfin pu récupérer le double de l'énergie qu'elle avait dépensée ces derniers jours. Elle se sentait revivifiée. Le sourire aux lèvres, le regard plus adouci, les joues en feu, Heather était d'une humeur radieuse ce matin-là. Elle venait de finir de rédiger sa lettre de démission et de monter son CV. En effet, elle avait reçu une offre d'emploi dans un magazine de la place juste en face de l'immeuble dans lequel elle travaillait. Peut-être était-ce là un signe du Seigneur. Elle prit une douche, se vêtit et prit son déjeuner, savourant chaque bouchée de son repas. Au moment de prendre ses clés, elle vit la fameuse lettre qu'il lui avait été envoyée trois jours plus tôt et la mit dans son sac pour la jeter dans la benne à ordures. Elle sortit de l'appartement, prit l'ascenseur et sur le trottoir, elle ouvrit son sac et y sortit l'enveloppe qu'elle mit dans le bac à ordures tandis que les éboueurs arrivaient pour les vider comme habituellement. Le bruit des poubelles qui s'ouvraient et se refermaient créa un bruit de fond apaisant, et Heather se sentit soulagée d'avoir enfin pris cette décision. Elle se dirigea vers son nouveau lieu de travail, prête à commencer ce nouveau chapitre de sa vie.
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