Chapitre 3 La maison de verre du justeJe me sentais incapable de dormir. Dans ma chambre, pourtant, je m’effondrai sur le lit et y retrouvai le sommeil où je l’avais laissé. Je ne fis pas de rêve, plongé dans une sorte de ciment cérébral. Lorsque j’ouvris les yeux, par la porte ouverte de la chambre, une lueur froide coulissait lentement sur les draps comme un liquide. La froide lumière de l’aube. De la fenêtre de la cuisine, je regardai le soleil qui coiffait lentement la ville d’un liseré bleu, puis orange, se dégradant jusqu’au jour. Un à un, les toits s’allumèrent, comme touchés, plaque à plaque, ardoise après ardoise. L’empire secret de Cunégonde se défaisait par à-coups, comme s’il appartenait au soleil d’en regagner chaque parcelle et de les arracher à la nuit. J’attendis neuf h

