Chapitre 11-5

2729 Words
En file indienne, ils empruntèrent les passerelles qui longeaient la paroi, contournant les murs de pierre qui abritaient les nuits de bandits. Au niveau des échelles qui permettaient de redescendre à l'endroit voulu, une voix les arrêta. — Que faites-vous là ? Pardon improvisa et manifesta bruyamment ses hauts de cœur, tandis que Hang le soutenait par le bras et s'exclamait : — Il vient déjà de pourrir mes bottes ! Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi, j'ai pas envie que ça recommence. Un compagnon m'a dit qu'une petite rivière coulait en contrebas. Un peu d'eau fraîche devrait lui remettre les idées en place. Vous voulez m'aider à le descendre ? Mais, faites attention à vos pieds, il est pas encore bien étanche ! — Oh, je me sens pas bien, marmonna Pardon d'une voix hachée avant de se tourner vers l'homme comme pour lui vomir sur les pieds. Ce dernier se recula précipitamment et ajouta : — Non, je dois rester ici. Allez-y et vite. — Merci, compagnon. Viens là, toi. Je ne sais pas ce que tu as mangé ce soir, mais si ça puait autant que ce que tu rejettes, t'aurais mieux fait de t'abstenir. La comédie se prolongea tant que le garde pouvait les voir ou les entendre. Parvenus en bas, les deux amis inspectèrent scrupuleusement les lieux, prêts à reprendre leur spectacle bien rôdé pour un nouveau venu. Personne pour l'instant. Silencieux, comme des ombres repliées sur elles-mêmes, ils rejoignirent le fond du cirque, se rapprochant de l'enclos à proximité de la grande cascade. Une nouvelle fois, leurs regards balayèrent les environs. Ici, pas la moindre torche pour révéler leur présence aux guetteurs. Pardon siffla quelques notes, espérant que le bruissement de l'eau n'en couvrirait pas l'écho. — Soit Lumière n'est pas là, soit elle ne m'entend pas, murmura-t-il. — Elle devrait pourtant y être, assura Hang. D'après ce que j'ai appris, ce pré est réservé aux montures capturées, tandis que celles des brigands vont dans des étables au pied des arbres. Déplaçons-nous plus près. Quelques dizaines de mètres plus loin, Pardon siffla de nouveau, mais ils s'étaient rapprochés de la cascade et le tonnerre de cette dernière résonnait fortement dans cette partie du cirque. Malgré tout, Pardon perçut comme un hennissement incertain. Recommençant, là, plus aucun doute ne fut possible quand une jument aussi sombre que la nuit, se frayant un chemin parmi ses congénères, se dirigea vers la clôture. Accroupi, Pardon la laissa arriver à lui. Elle renâcla légèrement. — Chut, ma belle, chut… Hang et moi sommes venus te récupérer, mais tu devras patienter encore un peu. Lumière souffla dans ses naseaux. — Oui, à moi aussi tu m'as manqué. Il la caressa avec beaucoup de douceur avant de reprendre : — Tu verras, nous allons te libérer. Je ne sais toujours pas comment, mais, d'ici l'aube, la solution, nous l'aurons, je ne me fais aucun souci. Je t'abandonne, mais nous reviendrons. Pourtant, il resta un moment son visage contre son pelage, hésitant entre le bonheur de ces retrouvailles et la douleur d'ignorer où les bandits avaient emprisonné Aila. La présence de la jument réveillait également la peine qu'il avait cherché à endormir et qui, de nouveau, assaillait son cœur. Après cet instant de faiblesse, il se ressaisit, puis se focalisa sur les objectifs qui l'avaient amené jusqu'ici : sauver Aila et Lumière. Après, si sa femme le désirait, elle pourrait repartir ; il ne la retiendrait pas et, cette fois, il ne la suivrait plus. Il se retourna et ses yeux qui parcouraient l'obscurité ne décelèrent aucun signe de Hang. Mais où était-il donc passé ? Songeant que son compagnon ne saurait tarder, il attendit, mais le temps s'éternisa. Soudain, alors que l'impatience le gagnait, la silhouette de Hang apparut ; un geste de son ami l'incita à le rejoindre. — Je reviens bientôt, Lumière. Tiens-toi prête à fuir. Sans se redresser, il traversa la faible distance qui le séparait du Hagan. — J'ai trouvé ! — Quoi ? — La deuxième sortie ! — Où ? — Il vaut mieux que je te la montre. Elle est pratiquement indécelable. Pardon suivit Hang, se demandant par quel miracle ce dernier parvenait à s'y retrouver dans cet enchevêtrement de branches et de feuillages. Ils s'accroupirent derrière un buisson, avec une vue imprenable sur le pied de la cascade. Deux hommes montaient la garde sur sa droite. — Derrière la chute d'eau ? hasarda Pardon. — Ce fut ma première hypothèse, mais le temps que j'imagine comment nous pourrions y accéder, notre Loup est rentré. Regarde au-dessus des deux têtes, ne distingues-tu pas quelque chose ? Pardon se concentra et scruta les alentours avec attention. — Il me semble discerner comme un léger trait qui coupe la falaise avant de disparaître dans la végétation. — C'est le chemin. — Tu crois ? — Une sente discrète, parfaite pour sire Loup ! Que faisons-nous maintenant ? Nous savons par où repartir, éliminer ces deux gardes ne nous posera aucun problème, nous pouvons emprunter une monture ou deux pour rejoindre les nôtres. Il nous reste à délivrer Aila. Pardon demeura étrangement silencieux. Hang attendit avant de reprendre. — Un souci ? — Ta trouvaille me paraît trop étroite pour être utilisée par un cheval… — C'est vrai qu'il était à pied. — Alors, ce n'est pas le bon ! — Mais pourquoi ? Il a très bien pu le laisser en haut de la falaise. — Cet homme est trop intelligent pour commettre une pareille erreur. En cas d'attaque, peu probable, mais pas impossible, il doit pouvoir fuir vite. Sa monture, comme la voie vers l'extérieur doit être immédiatement accessible. — Ce qui signifierait que l'un et l'autre doivent se situer sous les trois grands arbres entrelacés… — Exactement ! — Mais, ce chemin… — Réfléchis. Si tous les habitants doivent ignorer l'existence de cette sortie, celle-ci est bien trop visible pour répondre à cette condition. Hang fronça les sourcils. L'enthousiasme généré par sa belle découverte venait de brutalement retomber ; il sentit poindre un peu de découragement. La voix de Pardon le secoua. — Tu ne trouves pas que ce cirque présente une configuration particulière ? Hang le fixa. — Regarde, là, une cascade. Cependant, à l'entrée de la cité, as-tu entendu ou vu de l'eau ? Non… Alors, où passe-t-elle ? Je ne l'ai pas réalisé quand nous l'avons emprunté, mais le chemin souterrain pour parvenir ici montait en pente douce. De plus, il n'était constitué que par une succession de virages et de boucles, au point que, par instant, je me suis même demandé si nous ne revenions pas en arrière. Pardon s'arrêta, cherchant à affiner sa réflexion. — Bon, je vais tâcher de m'exprimer clairement parce que, tu pourras le constater, mon hypothèse peut paraître tirée par les cheveux. Souviens-toi de la cascade qui nous a dissimulés, selon toi, comment était-elle orientée ? — Comme tu l'as remarqué, la route montait et tournait en permanence. Honnêtement, je ne sais pas… — Je crois qu'elle se situe dans le prolongement de celle qui tombe dans le cirque… Hang ouvrit la bouche et Pardon laissa le temps à son idée de faire son chemin dans la tête du Hagan. Finalement, ce dernier finit par demander : — Tu envisagerais le fait que nous soyons carrément passés sous la cité avant de revenir sur nos pas ? C'est vrai que cette idée semble un peu folle, mais… terriblement intéressante. Tu en conclus quoi ? Pardon émit un petit rire. — Disons qu'il me manque encore quelques éléments pour finaliser ma supposition. Mais je ne serais pas plus surpris que ça que le flux de la rivière disparaisse au niveau du grand arbre du Loup… Pourquoi, alors, ne pas imaginer que le large tronc de celui-ci recèle une issue secrète vers l'extérieur, par un autre tunnel par exemple ? Enfin, pour l'instant, ce ne sont que des hypothèses. Surtout que demeure dans l'ombre la façon dont serait agencé l'ensemble pour que le chef puisse y accéder avec sa monture sans difficulté. — Autant vérifier de quoi il en retourne sur place tout de suite. — Parce que tu crois que nous pourrons approcher comme ça ? Sa tanière doit être bien gardée ! — Tu étais déjà malade tout à l'heure, ton état peut s'être aggravé. Je pourrais partir chercher du secours et jeter un coup d'œil… — Ça ne me plaît guère de t'attendre en pleurnichant, alors que tu iras en première ligne et sans armes. — Ne t'en fais pas, tu me connais, je fais ça tout le temps ! Et puis, le grand arbre, c'est quasiment le premier sur le chemin vers la partie habitée. Fais-moi confiance, je reviendrai entier. Pardon n'était pas vraiment convaincu, mais finit par s'incliner devant l'insistance du Hagan. Il s'allongea par terre et recommença à gémir doucement. Quitte à jouer la comédie, autant le faire avec art. Le Hagan partit au pas de course. — Compagnon ? Y a quelqu'un pour m'aider ? Compagnon ? Alors qu'il se rapprochait de sa cible, un homme sortit de l'ombre, son arme le menaçant. — Demi-tour ! Cet endroit est interdit. — Mon ami a vomi tout ce que son estomac contenait. Je l'ai emmené près de la rivière pour se rafraîchir, mais, maintenant, son état semble avoir empiré. Je crois qu'il a de la fièvre et je ne me sens pas très bien non plus. Sa main sur sa poitrine, il passa l'autre sur son front. Un doute traversa sa tête. Peut-être surjouait-il la scène. Il devait rester crédible. — Où est-il ? — Un peu plus haut, en longeant la rive… — Je vais t'envoyer quelqu'un. Retourne là-bas. — Bien, tout de suite ! Hang fit mine de repartir en arrière, mais profita de l'inattention de l'homme qui reculait pour se rapprocher subrepticement de l'étable. Il entrebâilla le volet extérieur situé sur le côté du bâtiment, puis, rassuré par l'absence de grincement, l'ouvrit et se glissa à l'intérieur. À peine refermait-il le battant que la garde reprenait son poste. Hang jeta un coup d'œil autour de lui. Immédiatement, la configuration particulière du lieu le surprit : un unique cheval dans une grande cabane et une large place vide en son centre, recouverte de paille. Alors que la monture renâclait légèrement, il se rapprocha et la calma dans un murmure. Tranquillisée, la bête se tut et Hang poursuivit son exploration. Dans l'obscurité, il peinait à distinguer les détails de la pièce et regretta la présence de Pardon. Agenouillé, il fouilla de ses mains sous les herbes séchées et, au bout d'un instant, sentit l'équivalent d'une jonction entre deux planches. Ses mains nettoyèrent l'interstice sur tout son périmètre, dégageant une imposante forme rectangulaire. Une ouverture ? Son idée se confirma quand son pied buta dans un objet métallique : un anneau. Tentant de soulever la trappe, il renonça aussitôt, cette dernière pesait beaucoup trop lourd. De quoi aurait-il besoin pour y parvenir ? D'une poulie ! Et elle ne pouvait être fixée qu'au-dessus de lui. Ses yeux balayèrent l'ombre à sa recherche. Un vague éclat lui permit d'en localiser une première, puis deux autres. Voilà du beau travail. Hang hocha la tête. Ce Loup l'impressionnait, il pensait à tout et bien… Cependant, il n'avait que trop tardé, les brigands dépêchés auprès de Pardon risquaient fort de se demander où était passé le deuxième larron. Aussi silencieux qu'un chat, il rouvrit le volet et se glissa à l'extérieur de l'étable, son déplacement dissimulé par le bruissement de la rivière. Le garde se tenant à quelques mètres devant lui, il décida de le distraire. Saisissant une pierre, il la lança vers une cabane située dans une direction opposée. Vieille comme le monde, l'astuce fonctionna et le son de l'impact suffit à monopoliser l'attention du garde, assez pour que Hang parvînt à disparaître. Hang arriva au moment où les hommes du Loup commençaient à le rechercher et, imitant Pardon lors sa première prestation, il s'allongea sur le sol en gémissant, manifestant visiblement ses hauts de cœur, de la salive coulant de sa bouche. Quand son regard sembla les découvrir, il tendit la main vers eux, tenta de se relever avant de s'effondrer à terre, immobile. Un des bandits se rapprocha de lui, le tâta de sa lance, tandis que l'autre levait sa torche pour mieux éclairer la scène. — Celui-là ne me paraît pas plus en forme que le premier… Tu restes ici à les surveiller, on s'en occupera demain. — Ah non ! Je ne suis pas d'accord ! On n'a qu'à dire qu'ils ont trop bu et on les ramassera plus tard. — Mais si le chef apprend ça, il n'aimera pas. — Tu vas lui en parler, toi ? — Ben non… — Alors, on les laisse cuver et on voit ça quand il fera jour. Alors que les deux brigands s'éloignaient, Hang attendit un peu, puis se releva pour rejoindre Pardon. Celui-ci se redressa dès qu'il l'aperçut. Le Hagan lui annonça : — Tu sais que tu es doué ! En fait, l'accès vers le tunnel se fait par l'étable. En son centre, une grande trappe, si lourde qu'elle ne peut être soulevée que grâce à une association de poulies. — Un obstacle de moins… Tu ne crois pas qu'on est un peu fous, Hang. Nous nous jetons à deux dans la gueule du loup et nous n'imaginons pas un instant que nos plans peuvent échouer. — Je te rappelle, cher compagnon, qu'à une époque, nous avons entrepris des trucs encore plus démentiels et que nous nous en sommes toujours sorti ! — Mais il y avait la magie… — Oui, mais nos cœurs sont restés vaillants ! Même sans elle nous y parviendrons… Le silence s'installa, comme ces moments au cours desquels les souvenirs remontent et inondent les esprits. Pardon secoua la tête comme pour les chasser et ajouta : — Je voudrais récupérer la selle et la bride de Lumière avant de commencer les hostilités. Elle les portera quand nous aurons besoin d'elle. — Tes désirs sont des ordres. De plus, cette partie-là ne me paraît pas la plus périlleuse de toutes. Nous devons simplement trouver où ils les déposent. — Dans l'étable où nous avons, ah non, où j'ai dormi, les box sont inutilisés, mais emplis d'une multitude d'objets auxquels je n'ai prêté qu'un vague regard. Il me semble y revoir des selles. Peut-être entreposent-ils les harnachements des chevaux récupérés, avec ou sans leur maître ? — Encore mieux, nous pourrons ainsi en profiter pour reprendre nos kendas. Si nous avons presque tout résolu, reste toujours à libérer Aila. — J'ai une idée… — Une suggestion grandiose ou totalement folle ? — Les deux à la fois probablement, mais, pour ça, j'aurais besoin que tu me rendes un petit service : deux arcs, quelques flèches et de l'étoupe, puis une torche enflammée au dernier moment, ça te tente ? — Voilà une proposition dont je devine la finalité et qui me séduit tout à fait ! Divisons nos forces temporairement, tu t'occupes d'équiper Lumière et, pendant ce temps, je me charge de localiser l'armurerie et d'y trouver ton bonheur. On se rejoint à notre point de chute initial quand nous sommes prêts. — C'est parti ! Les deux amis escaladèrent l'arbre le plus proche pour regagner une passerelle, puis se séparèrent, évitant le plus possible les endroits éclairés. De façon simultanée, chacun établit une cartographie précise des positions des différentes écuries, la plupart situées à la base de la falaise dans de grands bâtiments, mais quelques autres étaient disséminées dans la cité. Un coup de chance mena Hang directement à l'armurerie, avec un seul homme en faction. — Salut, compagnon, belle nuit, non ? — Que veux-tu, compagnon ? — Tu n'as pas vu un type avec une bouteille ? Je crois que je me suis fait voler mon nectar… — Non, personne n'est venu jusqu'ici. — Bon, dommage, c'est qu'il n'est pas passé par là. À moins que ! Oh ! Ce ne serait pas elle, ma chère bouteille, ajouta en tendant le doigt derrière le garde. Celui-ci se retourna aussitôt pour vérifier. Hang profita de son inattention pour lui régler son compte d'un geste net et silencieux, puis dissimula son corps à l'abri des regards. Une fois dans le lieu, il procéda à de rapides tests pour choisir ses arcs, fourra quelques poignées d'étoupe dans ses poches, puis repartit vers l'étable. En l'absence de Pardon, il dégagea un espace libre sur le sol et entreprit, après s'être saisi d'une tige métallique, de tracer un plan sommaire de la cité. Une voix résonna à proximité. — Alban a dit qu'il avait aperçu une silhouette qui sortait de ce côté-là. À toute vitesse, Hang recouvrit ses traits de paille, puis se dissimula derrière la porte au moment même où celle-ci se rabattait sur lui. Il suspendit son souffle. — Depuis quand tu crois ce que raconte Alban. Avec tous les exemples que le Loup a multipliés pour faire respecter sa devise « Nul voleur n'en vole un autre », personne ne se risquerait à dérober la plus petite piécette. — Ouais, mais faut mieux vérifier… — Puisqu'il t'a dit qu'il en sortait, c'est qu'il y est plus… L'homme pénétra dans l'étable, sa lanterne levée. — Bon, tout à l'air en ordre. Y'a personne là-dedans. J'enverrai quand même un garde pour surveiller, cette nuit. Je ne voudrais pas qu'en cas de problème la colère du chef retombe sur moi parce que je n'aurai rien fait. Viens, on va chercher quelqu'un. Dès que le bruit de leurs pas disparut, Hang remonta à l'étage, ramassa leurs affaires et s'installa dans l'arbre pour guetter le retour de son ami et l'intercepter sur la passerelle. Après une courte attente, Pardon le repéra avant de le rejoindre. — Que fais-tu là ? — Quelqu'un a aperçu ta silhouette à la sortie de l'étable. — Ah… j'avais bien cru distinguer une personne quand je la quittais avec la selle et la bride. Les voleurs se volent entre eux… — Tiens, c'est drôle ce que tu dis… Apparemment, c'est exactement ce que le Loup veut éviter. Enfin, peut-il vraiment changer la nature profonde d'un brigand ? Par quoi commençons-nous ? — Pour l'instant, patientons jusqu'à ce que la fatigue de la nuit relâche leur attention. Lumière est harnachée. De plus, j'ai réussi à lui aménager une sortie de l'enclos. Tu as ce que je t'ai demandé ? — Voici une bonne poignée d'étoupe pour toi, cet arc et ces quelques flèches. En fin connaisseur, Pardon hocha la tête. Le loup ne lésinait pas non plus sur la qualité du matériel utilisé. Ne leur restait plus, à présent, qu'à discuter de leur plan d'attaque pour le finaliser.
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