– Il se tait maintenant, lève les bras et les laisse retomber lourdement en un geste d’impuissance. Il me regarde et me dit sans beaucoup de conviction : – Tu viens ? Il faut quand même qu’on aille jusqu’au figuier. Je le suis avec peine. A la sortie de la mechta, devant la porte délabrée d’une maison au futur incertain, un vieux est assis sur une chaise en plastique d’une autre époque. Son turban d’un blanc douteux, roulé maladroitement sur son front labouré de sillons profonds et crasseux, retombe sur son visage émacié piqué d’une barbe grise de plusieurs jours. La cornée de son œil droit est recouverte d’un voile blanc, que souligne encore une rougeur diffuse à la base de la paupière inférieure. De l’autre, il cligne, à cause de la lumière et il cherche à voir avec insistance. Je reco

