Chapitre 3

1717 Words
CHAPITRE 3 ― Josée, tu sais bien pourquoi je ne veux pas sortir d’ici, je ne comprends pas pourquoi tu insistes. ― La vie est bien plus belle quand on est libre Claire. Écoute, je te conseil d’accepter l’aide de cet avocat au moins pour avoir un jugement et purger ta peine, sinon tu seras oublié dans cette prison et finira ta vie sans jugement, c’est ce que tu souhaites vraiment ? Josée a raison, même si je ne veux pas des services de l’avocat pour me faire sortir de prison, il pourrait tout de même m’aider pour le jugement. ― Tu as raison Josée. ― Tu as un numéro ou un moyen de le joindre ? ― Normalement je devrais avoir sa carte de visite, je ne lui ai pas donné l’occasion de me la donner directement en partant comme une furie, mais il l’a remise au gardien et ce dernier me l’a remise, je vais regarder dans mes effets, j’espère que je ne l’ai pas jeté. ― Regarde d’abord, si c’est le cas je verrais comment faire, il est surement dans les fichiers de la prison. Si tu retrouves la carte appelle-moi pour que je le contacte, au cas contraire appelle-moi toujours pour qu’on pense à une autre solution. C’est sur cette note que Josée et moi nous nous séparons aujourd’hui. Je retourne à mes occupations car j’ai certaines corvées à faire. Je terminé mes corvées et retourne dans ma cellule. Deux jours après, je retrouve la carte de visite de Monsieur BAGNIA et j’appelle Josée le même jour pour lui communiquer son numéro afin qu’elle puisse servir de relais entre l’avocat et moi, même si nous ne savons toujours pas qui l’a embauché. Puis, une fois que je me retrouve seule, je retourne dans mes souvenirs. Lucas il s’appelait, nous étions assis sur la même table durant toute la soirée d’anniversaire, mais je ne m'étais pas rendue compte. Bien après avoir esquissé plusieurs pas de danse sur la piste, j’avais décidé d’aller m’asseoir sur une chaise quelconque juste dans le but de soulager mes pieds, c’est à ce moment que mon regard s’était posé sur lui. ― Déjà fatiguée ? M’avait-il demandé avec ses lèvres étirées par un sourire. ― Oui déjà, j’ai repoussé beaucoup trop mes limites ce soir alors que je ne suis plus si jeune. ― C’est faux moi je vous trouve très ravissante, vous n’avez rien à envier aux jeunes filles. Il avait réussi à me faire rougir. ― Très flatteur. ― Non, véridique. Moi c’est Lucas. Avait-il dit en me tendant sa main. ― Claire. Avais-je répondu en le saluant. Lucas était un jeune homme plutôt beau, il avait un joli sourire qui ressortait bien grâce à son teint chocolat. Une autre chose était sûre, il était bien plus jeune que moi, je le sentais. Toutefois, il dégageait quelque chose de spéciale que je n’arrivais pas à décrire. ― Vous êtes une très belle femme Claire. C’est cette phrase qui m’avait sortie de mes réflexions. Je ne m’y attendais pas, des compliments je n’avais pas l’habitude de recevoir d’aussi sincères, ou bien je n’y prêtais juste pas assez d’attention, j’en étais venue à perdre mes bonnes manières, car au lieu de le remercier pour le compliment, je m’étais juste mise à le sourire. ― On peut se tutoyer ? Avait-il demandé. ― Ça ne me pose pas de problème. ― Alors Claire à part mangé du Ndolé, boire la petite Guinness et danser sur tous les rythmes de musique qu’est-ce que tu aimes encore ? J’étais sous le choc, ça voulait dire qu’il m'avait observé depuis le début de la soirée car j'avais beaucoup aimé le Ndolé, c'était si délicieux que je m'étais resservi. Pour ce qui est de la boisson, j'avais bu trois petites Guinness. Aussi, il m’avait même observé quand j’étais sur la piste au point de se rendre compte que j’ai dansé sur tous les rythmes de musique que le DJ avait mis. ― Ne fait pas cette tête, tu ne penses quand même pas être une femme qui passe inaperçue. Visiblement il ne comptait pas me lâcher, je mentirais si je disais qu’il ne me faisait pas d’effet avec son magnifique sourire et son regard si intense. Je me demandais pourquoi il était resté autant en retrait alors qu'il m'observait depuis. ― Pourtant j’ai l’habitude de passer inaperçue et je ne m’en plains pas. Il avait essayé de dire quelque chose avant de se taire finalement, pendant plusieurs minutes, nous nous regardions dans les yeux, mais c'était le silence total. J’avais décidé de mettre un terme à cet échange de regard en regardant ma montre. ― Oulala, 22h déjà je dois m’en aller. Avais-je dit en me relevant de mon siège. Alors que je m'apprêtais à aller chercher Sandrine que ça faisait d’ailleurs un bon moment que je n'avais pas aperçu, Lucas avait arrêté mon bras. ― Permets-moi de te raccompagner s’il te plaît Claire, il se fait déjà tard. ― Ça ne sera pas nécessaire, je suis venue avec une amie et c’est elle que je suis en train d’aller chercher. Avais-je dit en attrapant mon sac. Je ne trouvais pas Sandrine sur la piste de danse, étant donné que nous étions dans la cour, j'étais entrée dans la grande maison à la recherche de l’élue du jour, que j'avais trouvé à la cuisine. ― Tu cherches Sandrine je suppose, elle a eu une urgence et est déjà partie. J'étais surprise, comment pouvait-elle partir sans rien me dire alors que nous étions venues ensemble. J'avais sorti mon téléphone de mon sac à main, il y’ avait un appel manqué de Sandrine et un message. J'avais soupiré, je n’ai surement pas entendu mon téléphone sonner à cause du volume de la musique. Je n'avais plus une seule minute à perdre, je devais m’en aller au plus vite. *** Ça faisait plus de 30 minutes que j’attendais le taxi, c’est comme si aucun chauffeur n'allait dans ma direction, j’avais déjà très mal aux pieds, dommage que je ne pouvais pas retirer ses talons. Tout à coup un véhicule avait garé non loin de moi et le conducteur est descendu. J'avais reconnu le chauffeur, c'était Lucas. ― Ce n’est pas une heure à trainer dehors pour une jeune femme. Je lui avais juste souris. Il avait contourné et était venu m’ouvrir la portière de sa voiture et j’avais hésité à y aller. ― Je n’accepterais pas un nouveau refus. Finalement, j'étais monté dans sa voiture, il avait fermé la portière avant d’aller prendre place côté chauffeur. Il m'avait demandé ma destination et je ne m'étais pas fait prier pour lui répondre. Après discussion, nous nous sommes rendu compte que nous étions dans des quartiers totalement opposés, mais faire un détour ne lui posait pas de problème. Durant tout le trajet, alors qu’il m’avait habitué à être très bavard, Lucas restait étrangement silencieux, son regard était rivé uniquement sur la route et seule la musique résonnait dans l’habitacle du véhicule. Puis, nous sommes arrivés à mon entrée et il avait insisté pour me déposer devant mon portail, comment refuser tout en sachant que je n'étais pas très proche de la route, en plus j’avais toujours aussi mal aux pieds. Alors que je m’apprêtais à descendre de son véhicule après l’avoir remercié, Lucas m'avait de nouveau retenu. ― Je peux avoir ton numéro s’il te plait Claire. J'avais remarqué son téléphone entre ses mains. Je l'avais récupéré pour saisir mon numéro avant de m’en aller définitivement. Une fois chez moi, j'avais pris une douche, porté mon pyjama avant de me mettre au lit. Pas besoin d’allumer la télévision, je devais me reposer. Après ma prière, j'étais sur le point de m’endormir quand inconsciemment mon esprit m'a demandé si j'étais sûre que Lucas était bien arrivé chez lui, ce n'était pas gentil de ma part de dormir ainsi sans nouvelle de lui, en plus il avait dû faire le détour, juste pour venir me déposer. J’avais décidé d’attendre encore quelques minutes, surtout que je n’avais pas son numéro, sinon je l’aurais directement appelé ou écrit pour en savoir plus. Il était 23h30, je me suis dit : Si d'ici minuit il ne me fait pas signe, je m'endors. J’avais récupéré un livre sur mon chevet, et m’étais mise à relire juste certains passages, car à coup sûr si je commençais à lire de nouveaux chapitres, j’allais dormir au moins à 2h, alors que j’avais à faire le lendemain, donc je tenais à dormir assez tôt, afin d’avoir également le temps de me reposer. Finalement c’est à 00h10 que mon téléphone a vibré, je n’avais vraiment pas vu le temps passé. Chaque fois c'était la même chose quand j’avais un livre en main. Je m’étais empressé de retirer mon téléphone en charge pour répondre, ça marquait sur l’affiche que c'était un message d’un numéro inconnu, j'espérais bien que ce soit lui. « Bien posé à la maison, j’ai bien cru que je n’allais jamais arriver.» « Ashia, c’est à cause de moi que tu as dû faire un détour, je suis désolée.» « Pas besoin de t’excuser chérie, je l’ai fait avec plaisir et je le referais encore» Humm ! Avais-je fait intérieurement, chérie ! Et je le referai encore ! Il insinue que nous aurons encore l’occasion de nous revoir ? Je ne savais pas quoi lui répondre. « Tu passes une bonne nuit Lucas, je suppose que tu es épuisé et va encore prendre une douche avant de te mettre au lit.» «J’espère que ce n’est pas une manière de te débarrasser de moi. Car j’ai déjà pris ma douche et je suis déjà au lit, je ne pouvais pas te faire signe avant parce que je voulais au préalable être confortablement couché avant de t'écrire. Tout en espérant que tu allais m’attendre. Et comme je suis un homme chanceux, ma belle m’a attendue.» Je ne lui avais pas répondu. Alors, il avait renchérit. « Aimerais-tu savoir pourquoi je ne t’ai pas rejoint sur la piste de danse bien qu’ayant passé toute la soirée à t’observer ?» C'est comme s'il lisait dans mes pensées car je m'étais aussi posée cette question plus tôt, il faut avouer qu’il avait piqué ma curiosité et je mourrais d’envie de connaître la réponse.
Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD