9Tandis que nous traversions à vive allure un doux pays jalonné de trulli plus romanesques les uns que les autres, Alessandro paraissait intrigué par l’exceptionnelle vivacité de mon absence. Mon visage, sans cesse, se détournait de lui. Il tenta alors de me distraire en faisant jouer le bouton qui commandait l’ouverture de ma vitre, mais rien n’y faisait. J’étais absorbée par un ailleurs aux multiples lueurs… Durant la dizaine de kilomètres qui nous restait à parcourir, Alessandro et moi n’échangeâmes pour ainsi dire aucune parole. Sa conduite contrastait avec la bonté de plus en plus marquée d’un paysage fait de fruitiers et de vignes qui semblaient se multiplier à l’infini. Quand soudain nous arrivâmes, Alessandro me jeta un regard de chien battu. Une fois dehors, il m’attira brus

