2Seule face à une foule de voyageurs désordonnés, je me sentais telle une souris prisonnière d’une horde de chats faméliques. J’avais une terrible envie de fumer. Pourtant je restai tapie dans un coin de ce grand aéroport, un petit bagage sur les genoux. C’est dans une enveloppe de parfaite sagesse que ma hurlante poitrine commença de se déchaîner. En cet instant de profonde soumission aux volontés de mes angoisses, je ne parvenais plus à me donner d’âge. Avais-je les traits d’une petite fille en détresse ? D’une jeune femme incomprise ? Ou bien d’une personne mature effrayée par la menace des ténèbres ? Toutes les scènes qui se superposaient derrière mes yeux de gel étaient nourries par la présence concrète ou suggérée de Jeanne. Je crois que je lui en voulais de ne pas être à mes c

