Dingo et Miche ne perdirent aucun de ses mouvements. Leur cœur battait très vite et ils avaient l’air grave de deux vieux messieurs qui, au théâtre, bien calés dans leurs fauteuils, regardent danser une danseuse. Au plus haut de la plus haute branche du sorbier, le mâle, les plumes bouffantes, surveillait le bois. Dingo avait choisi, pour se cacher, une place d’où l’on pouvait bondir, au besoin d’où l’on pouvait s’enfuir facilement devant un ennemi imprévu et près de laquelle les graines rouges étaient plus abondantes. Deux fois déjà, le merle était venu, en sautillant, picorer au petit tas, à la portée des griffes de Miche. Et Miche n’avait pas bougé. Au contraire, au lieu de détendre ses pattes, elle les avait rentrées davantage sous son ventre et serré plus étroitement ses griffes au

