Si c’est à Darcy que vous pensez, répliqua son frère, libre à lui d’aller se coucher à huit heures ce soir-là. Quant au bal, c’est une affaire décidée et dès que Nichols aura préparé assez de « blanc manger » j’enverrai mes invitations. – Les bals me plairaient davantage s’ils étaient organisés d’une façon différente. Ces sortes de réunions sont d’une insupportable monotonie. Ne serait-il pas beaucoup plus raisonnable d’y donner la première place à la conversation et non à la danse ? – Ce serait beaucoup mieux, sans nul doute, ma chère Caroline, mais ce ne serait plus un bal. Miss Bingley ne répondit point et, se levant, se mit à se promener à travers le salon. Elle avait une silhouette élégante et marchait avec grâce, mais Darcy dont elle cherchait à attirer l’attention restait inexorablement plongé dans son livre. En désespoir de cause elle voulut tenter un nouvel effort et, se tournant vers Elizabeth : – Miss Eliza Bennet, dit-elle, suivez donc mon exemple et venez faire le tour du salon. Cet exercice est un délassement, je vous assure, quand on est resté si longtemps immobile. Elizabeth, bien que surprise, consentit, et le but secret de miss Bingley fut atteint : Mr. Darcy leva les yeux. Cette sollicitude nouvelle de miss Bingley à l’égard d’Elizabeth le surprenait autant que celle-ci, et, machinalement, il ferma son livre. Il fut aussitôt prié de se joindre à la promenade, mais il déclina l’invitation : il ne voyait, dit-il, que deux motifs pour les avoir décidées à faire les cent pas ensemble et, dans un cas comme dans l’autre, jugeait inopportun de se joindre à elles. Que signifiaient ces paroles ? Miss Bingley mourait d’envie de le savoir, et demanda à Elizabeth si elle comprenait. – Pas du tout, répondit-elle. Mais soyez sûre qu’il y a là-dessous une méchanceté à notre adresse. Le meilleur moyen de désappointer Mr. Darcy est donc de ne rien lui demander. Mais désappointer Mr. Darcy était pour miss Bingley une chose impossible et elle insista pour avoir une explication. – Rien n’empêche que je vous la donne, dit-il, dès qu’elle lui permit de placer une parole ; vous avez choisi ce passe-temps soit parce que vous avez des confidences à échanger, soit pour nous faire admirer l’élégance de votre démarche. Dans le premier cas je serais de trop entre vous et, dans le second, je suis mieux placé pour vous contempler, assis au coin du feu. – Quelle abomination ! s’écria miss Bingley. A-t-on, jamais rien entendu de pareil ? Comment pourrions-nous le punir d’un tel discours ? – C’est bien facile, si vous en avez réellement le désir. Taquinez-le, moquez-vous de lui. Vous êtes assez intimes pour savoir comment vous y prendre. – Mais pas le moins du monde, je vous assure. Le moyen de s’attaquer à un homme d’un calme aussi imperturbable et d’une telle présence d’esprit. Non, non ; c’est être vaincu d’avance. Nous n’aurons pas l’imprudence de rire de lui sans sujet.
Mr. Darcy peut donc triompher. – Comment ? On ne peut pas rire de Mr. Darcy ? Il possède là un avantage bien rare ! – Miss Bingley, dit celui-ci, me fait trop d’honneur. Les hommes les meilleurs et les plus sages, ou, si vous voulez, les meilleurs et les plus sages de leurs actes peuvent toujours être tournés en ridicule par ceux qui ne songent qu’à plaisanter. – J’espère, dit Elizabeth, que je ne suis pas de ce nombre et que je ne tourne jamais en ridicule ce qui est respectable. Les sottises, les absurdités, les caprices d’autrui me divertissent, je l’avoue, et j’en ris chaque fois que j’en ai l’occasion ; mais Mr. Darcy, je le suppose, n’a rien à faire avec de telles faiblesses. – Peut-être est-ce difficile, mais j’ai pris à tâche d’éviter les faiblesses en question, car elles amoindrissent les esprits les mieux équilibrés. – La vanité et l’orgueil, par exemple ? – Oui, la vanité est véritablement une faiblesse, mais l’orgueil, chez un esprit supérieur, se tiendra toujours dans de justes limites. Elizabeth se détourna pour cacher un sourire. – Avez-vous fini l’examen de Mr. Darcy ? demanda miss Bingley. Pouvons-nous en savoir le résultat ? – Certainement. Mr. Darcy n’a pas de défaut, il l’avoue lui-même sans aucune fausse honte. – Non, dit Darcy, je suis bien loin d’être aussi présomptueux. J’ai bon nombre de défauts mais je me flatte qu’ils n’affectent pas mon jugement. Je n’ose répondre de mon caractère ; je crois qu’il manque de souplesse – il n’en a certainement pas assez au gré d’autrui. – J’oublie difficilement les offenses qui me sont faites et mon humeur mériterait sans doute l’épithète de vindicative. On ne me fait pas aisément changer d’opinion. Quand je retire mon estime à quelqu’un, c’est d’une façon définitive. – Être incapable de pardonner ! Eh bien ! voilà qui est un défaut ! Mais vous l’avez bien choisi ; il m’est impossible d’en rire. – Il y a, je crois, en chacun de nous, un défaut naturel que la meilleure éducation ne peut arriver à faire disparaître. – Le vôtre est une tendance à mépriser vos semblables. – Et le vôtre, répliqua-t-il avec un sourire, est de prendre un malin plaisir à défigurer leur pensée. – Faisons un peu de musique, voulez-vous ? proposa miss Bingley, fatiguée d’une conversation où elle n’avait aucune part. Vous ne m’en voudrez pas, Louisa, de réveiller votre mari ? Mrs. Hurst n’ayant fait aucune objection, le piano fut ouvert et Darey, à la réflexion, n’en fut pas fâché. Il commençait à sentir qu’il y avait quelque danger à trop s’occuper d’Elizabeth.
Comme il avait été convenu entre les deux sœurs, Elizabeth écrivit le lendemain matin à sa mère pour lui demander de leur envoyer la voiture dans le cours de la journée. Mais Mrs. Bennet qui avait calculé que ses filles resteraient une semaine entière à Netherfield envisageait sans plaisir un si prompt retour. Elle répondit donc qu’elles ne pourraient pas avoir la voiture avant le mardi, ajoutant en post-scriptum que si l’on insistait pour les garder plus longtemps on pouvait bien se passer d’elles à Longbourn. Elizabeth repoussait l’idée de rester davantage à Netherfield ; d’ailleurs elle ne s’attendait pas à recevoir une invitation de ce genre et craignait, au contraire, qu’en prolongeant sans nécessité leur séjour elle et sa sœur ne parussent indiscrètes. Elle insista donc auprès de Jane pour que celle-ci priât Mr. Bingley de leur prêter sa voiture et elles décidèrent d’annoncer à leurs hôtes leur intention de quitter Netherfield le jour même. De nombreuses protestations accueillirent cette communication et de telles instances furent faites que Jane se laissa fléchir et consentit à rester jusqu’au lendemain. Miss Bingley regretta alors d’avoir proposé ce délai, car la jalousie et l’antipathie que lui inspirait l’une des deux sœurs l’emportaient de beaucoup sur son affection pour l’autre. Le maître de la maison ne pouvait se résigner à les voir partir si vite et, à plusieurs reprises, essaya de persuader à miss Bennet qu’elle n’était pas encore assez rétablie pour voyager sans imprudence. Mais, sûre d’agir raisonnablement, Jane ne céda pas. Quant à Mr. Darcy il apprit la nouvelle sans déplaisir : Elizabeth était restée assez longtemps à Netherfield et il se sentait attiré vers elle plus qu’il ne l’aurait voulu. D’un autre côté, miss Bingley la traitait avec peu de politesse et le harcelait luimême de ses moqueries. Il résolut sagement de ne laisser échapper aucune marque d’admiration, aucun signe qui pût donner à Elizabeth l’idée qu’elle possédait la moindre influence sur sa tranquillité. Si un tel espoir avait pu naître chez elle, il était évident que la conduite de Darcy pendant cette dernière journée devait agir de façon définitive, ou pour le confirmer, ou pour le détruire. Ferme dans sa résolution, c’est à peine s’il adressa la parole à Elizabeth durant toute la journée du samedi et, dans un tête-à-tête d’une demi-heure avec elle, resta consciencieusement plongé dans son livre sans même lui jeter un regard. Le dimanche après l’office du matin eut lieu cette séparation presque unanimement souhaitée. Miss Bingley, au moment des adieux, sentit s’augmenter son affection pour Jane et redevint polie envers Elizabeth ; elle embrassa l’une tendrement en l’assurant de la joie qu’elle aurait toujours à la revoir et serra la main de l’autre presque amicalement. Elizabeth, de son côté, se sentait de très joyeuse humeur en prenant congé. L’accueil qu’elles reçurent de leur mère en arrivant à Longbourn fut moins cordial.
Mrs. Bennet s’étonna de leur retour et les blâma sévèrement d’avoir donné à leurs hôtes l’embarras de les faire reconduire. De plus, elle était bien sûre que Jane avait repris froid ; mais leur père, malgré l’expression laconique de son contentement, était très heureux de les voir de retour. Ses filles aînées lui avaient beaucoup manqué ; il avait senti la place qu’elles occupaient à son foyer, et les veillées familiales, en leur absence, avaient perdu beaucoup de leur animation et presque tout leur charme. Elles trouvèrent Mary plongée dans ses grandes études et, comme d’habitude, prête à leur lire les derniers extraits de ses lectures accompagnées de réflexions philosophiques peu originales. Catherine et Lydia avaient des nouvelles d’un tout autre genre ; il s’était passé beaucoup de choses au régiment depuis le précédent mercredi : plusieurs officiers étaient venus dîner chez leur oncle ; un soldat avait été fustigé et le bruit du prochain mariage du colonel Forster commençait à se répandre.
XIII – J’espère, ma chère amie, que vous avez commandé un bon dîner pour ce soir, dit Mr. Bennet à sa femme en déjeunant le lendemain, car il est probable que nous aurons un convive. – Et qui donc, mon ami ? Je ne vois personne qui soit dans le cas de venir, sauf peut-être Charlotte Lucas, et je pense que notre ordinaire peut lui suffire. – Le convive dont je parle est un gentleman et un étranger. Les yeux de Mrs. Bennet étincelèrent. – Un gentleman et un étranger ! Alors ce ne peut être que Mr. Bingley ! Oh ! Jane ! petite rusée, vous n’en aviez rien dit… Assurément je serai ravie de voir Mr. Bingley. Mais, grand Dieu ! Comme c’est ennuyeux qu’on ne puisse pas trouver de poisson aujourd’hui ! Lydia, mon amour, sonnez vite ! Il faut que je parle tout de suite à la cuisinière. – Ce n’est pas Mr. Bingley, intervint son mari ; c’est quelqu’un que je n’ai jamais vu. Cette déclaration provoqua un étonnement général suivi d’un déluge de questions que Mr. Bennet se fit un malin plaisir de laisser quelque temps sans réponse. À la fin, il consentit à s’expliquer. – J’ai reçu, il y a un mois environ, la lettre que voici et à laquelle j’ai répondu il y a quinze jours seulement car l’affaire dont il s’agissait était délicate et demandait réflexion. Cette lettre est de mon cousin, Mr. Collins, qui, à ma mort, peut vous mettre toutes à la porte de cette maison aussitôt qu’il lui plaira. – Ah ! mon ami, s’écria sa femme, je vous en prie, ne nous parlez pas de cet homme odieux. C’est certainement une calamité que votre domaine doive être ainsi arraché à vos propres filles, et je sais qu’à votre place je me serais arrangée d’une façon ou d’une autre pour écarter une telle perspective. Jane et Elizabeth s’efforcèrent, mais en vain, de faire comprendre à leur mère ce qu’était un « entail » [3]. Elles l’avaient déjà tenté plusieurs fois ; mais c’était un sujet sur lequel Mrs. Bennet se refusait à entendre raison, et elle n’en continua pas moins à protester amèrement contre la cruauté qu’il y avait à déshériter une famille de cinq filles en faveur d’un homme dont personne ne se souciait. – C’est évidemment une iniquité, dit Mr. Bennet, et rien ne peut laver Mr. Collins du crime d’être héritier de Longbourn. Mais si vous voulez bien écouter sa lettre, les sentiments qu’il y exprime vous adouciront peut-être un peu. – Ah ! pour cela non ! J’en suis certaine. Je pense au contraire que c’est de sa part le comble de l’impertinence et de l’hypocrisie que de vous écrire. Que ne reste-t-il brouillé avec vous comme l’était son père ? – Il paraît justement avoir eu, à cet égard, quelques scrupules, ainsi que vous allez l’entendre :
« Hunsford, par Westerham, Kent. 15 octobre.
Cher monsieur, « Le désaccord subsistant entre vous et mon regretté père m’a toujours été fort pénible, et depuis que j’ai eu l’infortune de le perdre, j’ai souvent souhaité d’y remédier. Pendant quelque temps j’ai été retenu par la crainte de manquer à sa mémoire en me réconciliant avec une personne pour laquelle, toute sa vie, il avait professé des sentiments hostiles… » – Vous voyez, Mrs. Bennet !… « Néanmoins, j’ai fini par prendre une décision. Ayant reçu à Pâques l’ordination, j’ai eu le privilège d’être distingué par la Très Honorable lady Catherine de Bourgh, veuve de sir Lewis de Bourgh, à la bonté et à la générosité de laquelle je dois l’excellente cure de Hunsford où mon souci constant sera de témoigner ma respectueuse reconnaissance à Sa Grâce, en même temps que mon empressement à célébrer les rites et cérémonies instituées par l’Église d’Angleterre. « En ma qualité d’ecclésiastique, je sens qu’il est de mon devoir de faire avancer le règne de la paix dans toutes les familles soumises à mon influence. Sur ce terrain j’ose me flatter que mes avances ont un caractère hautement recommandable, et vous oublierez, j’en suis sûr, le fait que je suis l’héritier du domaine de Longbourn pour accepter le rameau d’olivier que je viens vous offrir. « Je suis réellement peiné d’être l’involontaire instrument du préjudice causé à vos charmantes filles. Qu’il me soit permis de vous exprimer mes regrets en même temps que mon vif désir de leur faire accepter tous les dédommagements qui sont en mon pouvoir ; mais, de ceci, nous reparlerons plus tard. « Si vous n’avez point de raison qui vous empêche de me recevoir je me propose de vous rendre visite le lundi 18 novembre à quatre heures, et j’abuserai de votre hospitalité jusqu’au samedi de la semaine suivante – ce que je puis faire sans inconvénients, lady Catherine ne voyant pas d’objection à ce que je m’absente un dimanche, pourvu que je me fasse remplacer par un de mes confrères. « Veuillez présenter mes respectueux compliments à ces dames et me croire votre tout dévoué serviteur et ami.
« William COLLINS.
– Donc, à quatre heures, nous verrons arriver ce pacifique gentleman. C’est, semble-t-il, un jeune homme extrêmement consciencieux et courtois et nous aurons sans doute d’agréables relations avec lui pour peu que lady Catherine daigne lui permettre de revenir nous voir. – Ce qu’il dit à propos de nos filles est plein de raison, et s’il est disposé à faire quelque chose en leur faveur, ce n’est pas moi qui le découragerai. – Bien que je ne voie pas trop comment il pourrait s’y prendre, dit Jane, le désir qu’il en a lui fait certainement honneur. Elizabeth était surtout frappée de l’extraordinaire déférence exprimée par Mr. Collins à l’égard de lady Catherine et de la solennité avec laquelle il affirmait son intention de baptiser, marier, ou enterrer ses paroissiens, chaque fois que son ministère serait requis. – Ce doit être un singulier personnage, dit-elle. Son style est bien emphatique ; et que signifient ces excuses d’être l’héritier de Longbourn ? Y changerait-il quelque chose s’il le pouvait ? Pensez-vous que ce soit un homme de grand sens, père ? – Non, ma chère enfant ; je suis même assuré de découvrir le contraire. Il y a dans sa lettre un mélange de servilité et d’importance qui m’intrigue. J’attends sa visite avec une vive impatience. – Au point de vue du style, dit Mary, sa lettre ne me semble pas défectueuse. L’idée du rameau d’olivier, pour n’être pas très neuve, est néanmoins bien exprimée. Pour Catherine et Lydia, la lettre ni son auteur n’étaient le moins du monde intéressants. Il y avait peu de chances que leur cousin apparût avec un uniforme écarlate et, depuis quelque temps, la société des gens vêtus d’une autre couleur ne leur procurait plus aucun plaisir. Quant à leur mère, la lettre de Mr. Collins avait en grande partie dissipé sa mauvaise humeur et elle se préparait à recevoir son hôte avec un calme qui étonnait sa famille. Mr. Collins arriva ponctuellement à l’heure dite et fut reçu avec beaucoup de politesse par toute la famille. Mr. Bennet parla peu, mais ces dames ne demandaient qu’à parler à sa place. Mr. Collins de son côté ne paraissait ni sauvage, ni taciturne. C’était un grand garçon un peu lourd, à l’air grave et compassé et aux manières cérémonieuses. À peine assis, il se mit à complimenter Mrs. Bennet sur sa charmante famille. Il avait, dit-il, beaucoup entendu vanter la beauté de ses cousines, mais il constatait qu’en cette circonstance le bruit public était au-dessous de la vérité. Il ne doutait pas, ajouta-t-il, qu’en temps voulu leur mère n’eût la joie de les voir toutes honorablement établies. Ces galants propos n’étaient pas goûtés de même façon par tous ses auditeurs, mais Mrs. Bennet, qui n’était point difficile sur les compliments, répondit avec empressement : – Ce que vous me dites là est fort aimable, monsieur, et je souhaite fort que votre prévision se réalise, autrement mes filles se trouveraient un jour dans une situation bien fâcheuse avec des affaires aussi singulièrement arrangées. – Vous faites allusion peut-être à l’« entail » de ce domaine. – Naturellement, monsieur, et vous devez reconnaître que c’est une clause bien regrettable pour mes pauvres enfants. – Non que je vous en rende personnellement responsable. – Je suis très sensible, madame, au désavantage subi par mes belles cousines et j’en dirais plus sans la crainte de vous paraître un peu trop pressé mais je puis affirmer à ces demoiselles que j’arrive tout prêt à goûter leur charme. Je n’ajoute rien quant à présent. Peut-être, quand nous aurons fait plus ample connaissance… Il fut interrompu par l’annonce du dîner et les jeunes filles échangèrent un sourire. Elles n’étaient pas seules à exciter l’admiration de Mr. Collins : le hall, la salle à manger et son mobilier furent examinés et hautement appréciés. Tant de louanges auraient touché le cœur de Mrs. Bennet si elle n’avait eu la pénible arrière-pensée que Mr. Collins passait la revue de ses futurs biens. Le dîner à son tour fut l’objet de ses éloges et il insista pour savoir à laquelle de ses belles cousines revenait l’honneur de plats aussi parfaitement réussis. Mais ici, Mrs. Bennet l’interrompit un peuvivement pour lui dire qu’elle avait le moyen de s’offrir une bonne cuisinière, et que ses filles ne mettaient pas le pied à la cuisine. Mr. Collins la supplia de ne pas lui en vouloir, à quoi elle répondit d’un ton plus doux qu’il n’y avait point d’offense, mais il n’en continua pas moins à s’excuser jusqu’à la fin du dîner.