XVLes premiers réfugiés arrivèrent à Braignac un mois après le début des hostilités. Située à l’écart, la bourgade évita la vague d’émigration forcée qui engorgea les routes et déferla le long des principaux axes de circulation. Mais à force d’être éconduits, renvoyés toujours plus loin, les premiers piétons, les premiers charretous, les premiers vélos, franchirent le pont de pierre qui marquait l’entrée de la ville. Ces pauvres gens, le regard à la dérive, n’avaient pour la plupart que leurs baluchons, un ou deux matelas rapidement entassés et quelques ustensiles. Ils avaient laissé derrière eux leur maison, leurs meubles et leurs illusions. Cette arrivée constitua une attraction. Naturellement, le bruit courait un peu partout, annonçant que les habitants du Nord et de l’Est de la France

