NB: ce chapitre est le vrai chapitre 9, l'autre chapitre qui porte le même nom est le chapitre 8. Désolée je me suis trompée en rédigent.
Alors que Sarata venait d’une randonnée avec ses copines accompagnée de quelques servantes et de quelques gardes pour sa protection. Du genre à toujours faire la fête, étant l’unique princesse et potentiellement la futur reine démonique de Baro si son père Moussa venait à rendre l’âme. Donc elle était libre de faire ce qu’elle voulait, bien qu’elle n’aime pas trop la politique et ce qui va avec, elle était obligée de s’y intéresser ou du moins faire semblant de s’y intéresser si elle espère pouvoir un jour gouverner ce royaume.
A chaque fois qu’elle venait d’une sortie, tout était toujours pareil, rien ne changeait au fait, mais aujourd’hui était différent des autres jours, car à peine avoir mis un pied dans le palais qu’elle sentit vite fait une odeur qui était différente des leurs. C’était une odeur d’humaine. Les diables ont les sens très développés, une odeur humaine, ils pouvaient la sentir à des kilomètres près.
-
Vous sentez cette odeur ? demanda-t-elle aussitôt à ses amies avec lesquelles elle venait de rentrer.
- On dirait qu’il y a quelqu’un, disait Sira, sa meilleure amie.
- Attendez, ne me dites qu’il y a un humain dans les parages ? suggéra une autre amie.
- On va vite le savoir, suivez-moi. Décida Sarata pour mettre fin à tout ce suspens.
Elle se servit de ses narines pour repérer cette odeur et ça l’amena droit vers le bureau de son père. Où elle découvrit ce dernier accompagné de Sidafa, son bras droit ainsi que toute sa petite famille et remarqua aussitôt la présence d’un humain parmi eux, un enfant pour être plus exact, mais ce qui est sûr c’est que c’est un humain. Elle s’étonna, son père n’a jamais porté les humains dans son cœur, alors le voir en compagnie de l’un d’entre eux sans qu’il ne sorte les griffes l’intrigua plus que de raison, mais se dit, peut-être parce que c’est un enfant qui est en face de lui qu’il a réussi à garder son self-control. Mais rien de cela ne répondait à sa question, le fait de savoir pourquoi, un humain était là, en plus dans le bureau de son père. Pour en avoir le cœur net, elle se décida enfin de parler.
- Père ! dit-elle en faisant une révérence de politesse.
- Majesté ! l’imitèrent ses amis en se courbant presque jusqu’au sol.
Sidafa, qui avait aussi vu la princesse, se leva suivi de sa femme pour la saluer.
- Princesse !
- Que faites-vous là ? dit moussa, à l’adresse de sa fille et de ses amies.
- Nous avons senti l’odeur d’un être humain, à peine nous avions posé les pieds au palais, on l’a pisté et ça nous a amené droit vers ici, commença Sarata ? je peux savoir ce qu’un humain fait dans ce palais ?
Kélèty, dont ils parlaient, mais qui pensa qu’ils ne le respectaient pas assez, mais surtout qu’on parlait de lui, comme s’il n’était pas là, se manifesta tout de suite, ne se souciant même pas qu’il est entouré de dizaine de démons, et de leur regard insistant qui s’ils le voulaient, pouvaient le tuer en un claquement de doigt.
- Cet humain,…il a un nom, et il s’appelle Kélèty, et arrêtez de parler de moi, comme si je n’étais pas là.
Sidéré, tout le monde le regarda cette fois-ci en se demandant s’il était tombé sur la tête à vouloir couper la parole à la princesse. Même Sidafa, malgré sa relation privilégiée avec le roi, n’osait pas regarder Sarata dans les yeux en plus forte raison de lui parler avec insolence.
- Comme oses-tu, t’immiscer dans une conversation entre mon père et moi ?
- Mais vous parliez de moi alors que j’étais tout près.
- Père, qui a envoyé cet enfant ici ?
- Sarata, ma fille je te raconterai tout ça plus tard, pour l’instant je dois m’entretenir avec Sidafa et sa famille.
Elle hocha la tête et sortit du bureau accompagnée de près par ses amis. Sur le seuil de la porte, elle ne put s’empêcher de lancer un « j’espère qu’il ne restera pas ici »que bien évidemment tout le monde entendit, mais personne n’y prêta attention, et se concentrèrent à nouveau sur leur mouton.
- Alors, Kélèty c’est bien ça ? demanda Moussa. Je te le fait simple, Sidafa m’a beaucoup parlé de toi, il m’a surtout dit à quel point tu étais insolent.
- Ah je suis flatté ! rétorqua Kélèty avec sarcasme.
- Ce n’était pas drôle, et retiens bien que moi je ne suis pas Sidafa…
- Dites plutôt que vous êtes pire que lui !
- Pour commencer, arrête de me couper la parole quand je te parle, bien. Alors je disais donc…. .
Cet entretien dura beaucoup plus qu’il n’en faut, à chaque fois que Moussa disait un truc, Kélèty en disait un autre, Moussa faillit perdre patience à un moment, à cause de son arrogance mais se reprit vite.
En effet, Sidafa était bien sérieux quand il a dit à sa femme de faire ses bagages et de filer séjourner au palais jusqu’à son retour, puisqu’il allait quitter le village et partir loin d’eux.
Donc il venait confier en main propre sa famille à son roi en qui il avait le plus confiance dans ce monde, prétextant une urgence sur les fronts, au risque que celui-ci ne découvre sa lâcheté en abandonnant sa famille. Moussa lui donna son aval, il devait donc quitter le royaume dès ce soir, il parti se préparer au plus vite. Quelques temps plus tard, le voilà prêt pour son envol vers le chaos.
- Tu n’es pas obligé de partir Sidafa ! lui souffla la voix derrière lui, la voix de sa femme en détresse, en dépit du fait qu’elle s’était résignée à le laisser partir, elle avait toujours espoir qu’il changerait d’avis au moins à la dernière minute mais rien y fut. Je t’en prie…ne me laisse pas élever toute seule nos enfants, poursuit-elle en venant s’accrocher de toutes ses forces à son dos. Je t’en prie ; je t’en prie.
Elle resta comme ça, pendant plusieurs secondes, espérant l’attendrir avec ses mots, elle y arriva presque quand elle le senti se détendre sous elle. Mais quand il repensa aux paroles de Kélèty, sa raison prit instantanément le dessus, il se dégagea doucement de son étreinte pour lui faire face. Fatima sentant que la suite ne sera pas la joie, garda sa tête baissée car elle n’avait aucune envie d’écouter ses excuses.
- Arrête Fatima, je ne vais pas mourir tu le sais ; il faut juste que je m’éloigne un peu. Ça ne m’enchante pas de te laisser comme ça je te le jure. Mais je te promets que je vais revenir pour toi, pour nos enfants et je vais revenir plus fort que jamais ma chérie.
- Je veux que tu vois nos enfants grandirent Sidafa, je veux que assistes à chaque moment passé avec eux, que tu les apprends la vie, que tu sois leur idole. Je ne veux pas que tes enfants te regardent comme un inconnu.
- Ça n'arrivera pas, rétorqua-t-il. Et tu sais pourquoi ?
Elle hocha négativement la tête, ne sachant pas où il voulait en venir.
- Parce que tu seras tout le temps là à leur parler de moi Fat’. Tu leur raconteras mon parcours, nos moments passés ensemble, le début chaotique de notre mariage etc. Tout ce qu’il faudra pour qu ils me connaissent même si, c’est à travers toi qu ils le feront chérie. Faut juste que tu gardes la foi, et fais attention à ne pas trop les materner non plus, je te connais, tu seras capable de les rendre doux comme un agneau.
Sur ce, il l’enlaça très fort comme si sa vie en dépendait.
Toujours triste, mais pas seule du départ de son mari, elle était couchée entre ses deux bébés quand Kélèty entra brusquement dans sa chambre sans toquer à la porte, chose qui est inhabituelle chez lui.
- Il est où votre mari ? Demanda-t-il.
- Vas y fais comme chez toi, tant que tu y es, viens te mettre aussi dans le lit, dit-elle avec sarcasme.
- Désolé, s'excuse-t-il à la va vite. Mais il faut absolument que je lui parle avant qu il ne quitte le village.
-
Si c’est une requête du genre « laissez-moi rentrer chez moi » je te conseille d’oublier tout de suite.
- Non ça n'a rien avoir, il m’est arrivé un truc vraiment moche.
- Quoi ça ? S’inquiète-elle en se levant du lit et venir vers lui.
- Je vous expliquerai plus tard, mais dites moi d’abord où il est.
- Il viens de partir il y a une vingtaine de minutes.
- Est-ce que je peux le rattraper, il a pris quelle direction ?
- Il est parti vers le nord, si tu veux le rattraper, je te conseille de prendre un cheval dans l’écurie du roi.
- Un cheval ! S’étonna-t-il. Mais je ne sais pas monter un cheval.
- Tu diras à un garde de t’y amener.
- Et vous croyez qu'il va gentiment accepter de me conduire à lui ? D’après vos dires, je ne suis pas le bien venu ici, mon odeur est repérable à des kilomètres près.
- Décline ton identité, le roi a passé un communiqué avertissant tout le monde de t’approcher d’un pouce, donc tu peux y aller sans crainte.
- Vous êtes sûr ?
-
Mais grouille toi si tu veux le rattraper idiot !
Il sorti en trombe du palais et se dirigea vite vers ce qui lui semblait être l’écurie et trouva trois hommes (diables) arrêtés devant celle-ci, des molosses armés jusqu’aux dents. Il se stoppe net dans son élan. Après un temps, il s’avança prudemment.
- Reste où tu es petit,…N’avance pas d’un pas, disait l’un des gardes.
- Euh…je ne suis pas armé, dit il en mettant ses mains en évidence.
- On le sait, petit humain, l’accès d’ici n est permis qu’au roi et à ses proches et personne d'autre.
Il était sur le point de rebrousser chemin quand, comme un rêve, apparue Fatima dans son dos. De sa démarche élégante, accompagnée de son irrésistible sourire sur les lèvres. Tous les gardes baissèrent la tête, en signe de respect pour la femme de leur chef.
- Vous osez refusé l’accès aux écuries au protégé du roi ? Dit-elle
- Mais madame c’est un être humain qui plus est, reste un enfant qui ne sait même pas monter un cheval ! Reprit le même garde.
- Et Alors ? Réplique-t-elle. Vous voulez que j'aille dire au roi que vous avez défié son autorité en refusant quelque chose à Kélèty ? Ils se regardèrent entre eux en gardant le silence, à l’évocation du nom du roi, hésitation prit le dessus sur leur jugement. Par crainte d’avoir à faire avec le roi, ils cédèrent tout de suite.
- C’est bien ce que je croyais, conclu Fatima en ne les voyant pas manifester d’autres arguments. En plus, reprit elle. Il doit rattraper mon mari avant qu’il ne quitte le village, et à cause de vos agissements, il risque de ne plus le retrouver à temps. Mais puis qu’on y est, toi ! Dit elle en indexant l’un de ses gardes, le plus bavard cela dit. Tu vas l'accompagner et au plus vite.
- Quoi ! S’indigna celui-ci.
- Tu veux que je me répète ? Ou bien je peux simplement aller voir le roi et tou….
- Non c’est bon je vais le faire, l’interrompit-il.
- Bien. Kélèty suis le, il te conduira vers mon mari, enfin si vous arriviez à temps bien évidemment.
Alors qu’elle s’en allait, pour la première fois depuis qu’ils se connaissent, il lui lança un petit merci. Au fait il l'a murmuré si bas qu’il était sûr qu’elle n’entendrait pas. Sachant qu’il avait un orgueil surdimensionné, elle fit semblant de ne pas entendre et rentra au palais.
Galopant comme des fous, Kélèty s’accrochait tant bien que mal à Sékou, le garde qui l’amenait voir Sidafa. Toute sa vie il n'a jamais monté un cheval, assis derrière lui la peur était sa plus grande compagnie. Après quelques courses effrénées, ils traversèrent le pont de Samakon toujours à la même allure. Alors qu’ils étaient sur le point de rentrer au cœur de la forêt, ils virent une troupe armée au loin qui prenait directement la même direction.
- Je crois que c’est eux là-bas ! Dit Kélèty en leur pointant du doigt.
- Merci je l’avais deviné.
Ils accélèrent encore plus, jusqu'à atteindre leur niveau.
Sidafa voyant Kélèty sur le dos d’un cheval venant vers lui, s'ébranla. Il ordonna que tout le monde s’arrête et c’est ce qui fit.
- Qu’est ce que tu fais là Kélèty ? Demanda Sidafa alors que Kélèty se remettait de son vertige dû à la galopade qu'il a effectuée avec Sékou.
- Je…veux vous parler.
- Oui ! Vas-y.
Il regarda de gauche à droite, trouva que ce serait une mauvaise idée de lui parler parmi cette foule, bondée.
- Non ! Seul à seul.
Il descendit de son bel étalon et le suivit un peu plus loin dans la forêt, loin des oreilles indiscrètes.
- Dépêche toi je n’ai pas toute la nuit.
- Pourquoi vous avez fait cela ?
- Quoi ?
- Pourquoi vous avez quitté votre famille ainsi.
- Si tu es là pour me parler de sottises, alors tu bien rentrer.
- Écoutez, il est vrai que je ne vous porte pas dans mon cœur, alors là pas du tout, mais ça ne veut pas dire que je pensais ce que je disais. Je l’ai fait pour vous énerver, à vous pousser à me laisser rentrer chez moi.
- Bravo c’est bien réussi, te voilà chez toi maintenant. A présent, si tu n’as rien à dire, je m’en vais.
Il tourna les tallons pour s’en aller, mais Kélèty vivement de la raison de sa venue qu’il avait presque oublier.
- Attendez, je voulais vous voir, parce que vous m’avez mis dans un endroit pleins de requins et vous ne m’aviez rien donné pour me défendre.
- Personne ne te touchera. Tu es sous la protection du roi.
- Ça j’en doute fort, dit-il en lui montrant des bleus sur son bras. Je viens de me le faire, j’étais parti chercher un verre d’eau et on m'a agressé.
- Qu’est ce que tu veux que je fasse. C’est au roi qu Il faut le dire.
- Je me disais que vous pouviez peut être faire en sorte que je ne sois repérable parmi les diables.
- Comment ?
- En camouflant mon odeur. Vous me devez bien ça.
- Je ne te dois rien du tout, mais néanmoins, je vais céder à cette requête.
Il joua de sa puissance diabolique pour camoufler son odeur en moins de 30s.
- C’est fait, tu peux rentrer maintenant.
- J’ai une autre requête aussi. A défaut de ne pas me retourner chez moi pour être avec ma famille, laissez-moi les voir comme vous les voyiez sans qu’elle ne me voit. C’est tout ce que je vous demande, je vous en prie.
- C’est là dernière fois que je fais quelque chose pour toi, retiens bien, la dernière fois, dit-il en cédant finalement.
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Dans le même village, chez les humains.
Munie de ses outils pour le champ, Fanta marchait comme une vraie somnambule sur le trottoir, si une voiture pouvait passer par là, elle la renverserait sans faute. Elle était complètement perdue dans ses pensées à tel point qu’elle n’entendit pas qu’on l'appelait.
- Maman Fanta !
Elle sursauta, et se retourna en tombant nez à nez avec Habib qui n’arrête pas de lui courir après depuis qu il l'a vue passer dans un virage.
- Pourquoi est ce que tu cries mon nom comme ça ?
Il essaya tant bien que mal de respirer normalement après sa course folle.
- Ça fait longtemps…que je cours après…vous, dit-il entre deux respirations. Pourquoi vous ne m’aviez pas dit que vous alliez au champ aujourd'hui maman ?
- Ce n’était pas prévue, dit-elle en reprenant sa marche.
- Peu importe, vous devriez quand même me le dire maman.
Habib a été vraiment un fils modèle dans l'accomplissement de ses devoirs, comme il avait promis auparavant à celle-ci, il essayait par tous les moyens de la satisfaire davantage afin qu’elle ne sente jamais le manque d’un fils. Mais malheureusement, la douleur de la perte de son enfant était toujours là, encore plus foudroyante que jamais, elle avait promis faire tout ce qu'elle pouvait pour le sauver. Leur intermédiaire Ismael, après deux mois de négociations, de supplications, sans succès les abandonna, parce qu'il savait qu’il n'y avait plus aucun espoir. Sidafa, le bourreau de son fils avait pris sa décision et personne ne pouvait le faire changer d'avis.
Bien que l’accès sous ce baobab était interdit, n’empêche que plusieurs fois, Fanta venait pleurer son fils dessus, malgré que celle-ci ne soit pas mort. Elle a sacrifié tous ses moutons et chèvres qui étaient en sa possession. Du sang, elle en a versé, beaucoup même. Les diables aiment le sang, quiconque leur versait du sang, se voyait attribuer leur récompense. Peu importe de quoi ou de qui ce sang peut provenir. Elle fit tout ce qu'elle put mais n’obtînt jamais la clémence de Sidafa. Elle a fini par se faire une raison à présent, son fils ne reviendra et elle avait un deuxième fils auquel elle doit s’occuper.
- Prochainement alors ! Lâche-t-elle enfin.
Ils prirent tous deux le chemin de la forêt, et y passèrent toute la journée, le soir en rentrant, Habib ne put s'empêcher de, lui demander si elle allait, vu qu'elle était devenue silencieuse d’un coup.
- Alors…vous tenez le coup ?
- Hein ?
- Je veux…dire, vous allez bien. Avec cette histoire de Kélèty, on en a pas vraiment parlé ces derniers mois.
- Oh j’essaie de me rendre à l'évidence en fait, Kélèty n est plus là et je crois qu'il ne reviendrait plus, je dois me focaliser sur Bourama à présent.
- C'est quand même dur hein, dit Habib. Être condamné à ne plus voir ni recevoir des nouvelles d’un fils. Notre sang.