Quelque temps après le départ de Kélèty, le Morphée abandonna notre chère princesse dans la réalité. Sa première réaction fit de regarder tout autour d’elle et constata avec effroi qu il n’y avait personne. Elle s’enroula de la couverture qui était dans la pièce et sortit au dehors, il faisait presque midi, le soleil était presqu'à son zénith. Elle chercha partout en espérant trouver quelqu'un mais en vain. Il n’y avait plus de Kélèty et pire encore, sa robe n’était pas présente. Tous les efforts qu’elle a effectués depuis tout ce temps étaient vains. Retour à la case départ. De sa position, elle entendit à travers ses sens surdéveloppés, les galopades d’une trentaine de chevaux se dirigeants touts droits vers sa direction. Elle comprit assez vite, qu Ils étaient là pour Elle, alors elle resta, juste devant la cabane avec une couverture protégeant la moitié de son corps en attendant la cavalerie.
Les chevaux freinèrent juste sous ses pieds, elle et son père se regardèrent en chien défaillance, Moussa la regarda de la tête au pied pour bien l’analyser, quant à Sira, par peur de son amie, garda la tête baissée. Voyant que sa fille n’avait presque rien sur Elle, il ordonna à tous ses soldats de reculer de plusieurs pas en arrière. Tout le monde obéit.
- Non ! Toi tu restes Sira.
Il était Seul maintenant avec sa fille et son amie.
- Père ! J’étais sur le point de rentrer, commença-t-elle
- Oui bien sûr, à moitié nue je suppose ?
- Les choses ne se sont pas passées comme je l’espérais mais…
- Mais quoi ? Tu te rends compte que tu viens de perdre ton héritage ?
- Père j’en suis consciente.
- Ah Oui ? Parce que je ne vois aucune once d’inquiétude sur ton visage mis à part de la honte. Dis moi vite ce qui s’est passé Sarata sinon je te jure je ne réponds plus de moi.
- Tu ne préfèrerais pas qu’on rentre plutôt ensuite nous parlerons de tout ça.
Sarata se voyait mal d’avouer à son père qu’à cause d’un humain ou à cause d’une partie de jambes en l’air elle a perdu son héritage et tout son pouvoir avec. Elle a eu l’occasion de la récupérer mais elle s’est laissée distraire. Et le pire c’est qu’elle a couché avec un humain. Si son père venait à l’apprendre ce sera une catastrophe et sincèrement, elle n’avait aucune envie de faire face à sa colère.
- Non ! On en parle tout de suite ! Grogna-t-il, faisant peur aux oiseaux qui survolaient l’horizon à la quête d’un abris.
- Ce que je ne comprends pas par-dessus tout c'est comment ça a pu arriver, Comment ?
- On a mis nos vêtements à sécher et nous sommes allées nous baigner dans l’eau, mais au moment de partir, tous les autres habits étaient au même endroit sauf le mien.
- Vous êtes sûrs que tous les autres linges étaient à leur place ? Leur demanda Moussa.
- Oui, dirent-elles en chœur.
- Dans ce cas tout est clair, dit-il.
Elles relevèrent les sourcils perplexes, ne sachant pas où il voulait en venir.
-
Mais bien sûr, cette personne devait certainement savoir que cette robe était hors de prix, continue-t-il. Sinon si c'était un voleur ordinaire, il les aurait tous pris sans exception.
- Oui ça doit être ça papa ! Enchaina Sarata sans pour autant être convaincante.
Il hocha la tête et les regarda à tour de rôle. La réponse précipitée de sa fille le laissa un peu dans le doute. Il venait de se rendre compte que, depuis tout ce temps, sa fille ne l'avait pas regardé dans les yeux, gardant toujours la tête baissée comme si elle avait honte de quelque chose.
- Vous êtes sûrs qu’il n’y a rien d’autres que vous ne m’avez pas dit ?
- Non ! Père il n’y a rien d’autres.
Sira semblait clean mais il ne pouvait pas en dire de même pour sa fille, mais décida de laisser passer pour le moment, persuadé que s’il y avait un problème, elle lui en parlerait tout de suite.
- Très Bien, tu as au moins essayé de la pister ? Demanda Moussa pour essayer d’avoir toutes les informations possibles.
- Oui et ça m'a amené droit vers cette cabane…mais quand je suis venue, il n’y avait déjà personne, il faisait nuit donc j’ai décidé d’y passer la nuit.
- Là tout de suite, est-ce que tu la sens ?
- Euh…non ! Tu as raison père, celui qui l'a pris est vraiment très malin. Hier l’odeur était un peu partout dans la pièce mais depuis ce matin, je ne sens rien. Comme s’il l’avait plongé dans de l’eau.
- C’est bizarre, si l’odeur était dans la pièce hier et tu dis que personne n’y était, Comment ça se fait qu’elle s'estompe aussi vite, je ne comprends vraiment rien à présent.
Voyant que la situation pourrait dérailler à chaque instant, Sarata prit le soin de bien choisir ses mots avant de parler afin de ne pas se faire démasquer par son père.
- Oui…père ! Quand j'étais venue…il y’avait déjà les traces d’une personne ici, mais j’avais marché durant trois longues heures d’affilé, j’étais très fatiguée donc j'ai décidé de me reposer un peu papa. Et là j’ai vraiment envie de rentrer à la maison et tout de suite père. C’est bien pour cela que vous êtes là je me trompe ? Pour me ramener au palais.
- Oui c’est bien pour ça.
Il se tourna vers Sira et ordonna à cette dernière, d’appeler Kèkoura.
- Bien majesté !
- Sarata, s’il y avait un problème tu m’en parlerais n’est ce pas ? Demande-t-il après qu Il soit resté seul avec sa fille.
Intriguée par cette question, elle mit du temps avant de répondre.
- Ou…oui père !
- Bien. A présent nous allons trouver l’imbécile qui t'a volé ta robe et quand je l’aurai trouvé, je lui ferai subir toutes sortes de souffrances atroces auxquelles il ne survivra.
En effet, Sarata avait l’occasion de raconter tous les faits à son père, elle pouvait lui dire là tout de suite que le voleur qu il cherche n est nul autre que Kélèty, le seul humain parmi cette foule de démons, que son ex bras droit avait enlevé quelques années plus tôt. Mais sans savoir pourquoi, elle décida de se taire et garda tout ça pour elle.
Est-ce pour s’en occuper personnellement ou cherchait-elle à le protéger ? Dans tous les cas elle allait devoir trouver Kélèty, et le meilleur endroit pour commencer ses recherches était la concession de Sidafa.
En dépit de tout ce que Kélèty lui a fait Hier, elle n’arrêtait pas de penser à lui, en bien surtout, elle rêvait de lui en train de glisser ses doigts sur sa peau laiteuse, dans ses cheveux…elle n’avait jamais dormi aussi bien de toute sa vie, elle ne s'était jamais sentie aussi bien.
Perdue dans ses pensées, elle n’écoutait même plus la voix de son père qui parlait juste à côté d’elle.
- Sarata tu m’écoutes ou pas ?
- Oui…désolée j’étais perdue dans mes pensées.
- Ah oui….
- Majesté ! Vous m'avez fait demandé ?
Elle fut sauvée par la voix de Kèkoura venant en courant vers sa majesté.
- Oui Kèkoura, je veux que toi et tes hommes, vous fouillez tout ce secteur et même au-delà s’il le faut.
- Bien mon roi, acquiesce-t-il. Mais qu’est ce qu’on cherche au juste ?
- Un homme ou une femme je ne sais pas, mais toute personne que vous verrez en possession d’une robe en soie d’une blancheur immaculée. Elle est très captivante dès que vous la verrez, vous le saurez tout de suite.
- D’accord, j’appelle mes hommes.
Il se faufila dans la forêt pour retrouver ses hommes, avant qu’il ne les atteigne, Sarata courait dans son dos pour le rattraper.
- Kèkoura ! Cria-t-elle son nom.
Il freina dans son élan et lui fit face.
- Princesse ! Que puis-je pour vous ?
- J’ai dit à mon père que je venais te donner quelques informations sur ce qui s’est passé Hier.
- Oui ça pourrait beaucoup nous aider dans nos recherches.
- Ce que je veux dire c’est que…, elle prit une pause pour bien canaliser son énergie tellement elle était en colère contre Kélèty.
- C’est Kélèty le voleur ! Lança-t-elle comme une bombe qui explosa dans la face de Kèkoura.
- Quoi ?
- Calme toi ! Je ne veux pas que mon père t’entende ni qu Il soupçonne quoi que ce soit d’ailleurs. Dit elle précipitamment.
- Com…comment ça c’est Kélèty le voleur, demande-t-il sous le choc. Attends…de quel Kélèty vous parlez d’abord ?
- Tu en connais combien des Kélèty toi ?
- Euh…un seul et c’est un humain…
- Donc nous parlons de la même personne et pour répondre à ta question précédente, oui j’ai connu Kélèty mais quand il était encore gamin. Malgré les années passées, il n’a jamais cessé d'être aussi insolent et arrogant.
Sous le choc, Kèkoura se frotta les tempes pour dissiper un peu son étonnement. A vrai dire, cela ne devrait pas l'étonner venant de Kélèty. L’arrogance était le quotidien de Kélèty. Peu importe la personne avec qui il s’entretenait. Mais le fait, qu'il était question de vol, là en tout cas, c’était plus qu’étonnant, voir impensable.
- Waw, com...ment savez-vous que c’est lui ? Je veux dire, Kélèty a passé toute la nuit hier chez sa mère, et…
- Es-tu en train de supposer que je mens Kèkoura ?
- Loin de moi cette idée princesse, s’empressa-t-il de répondre aussitôt. Si je vous ai offensé alors je vous prie de me pardonner.
Elle le regarda baisser la tête avec regret, et prit pitié de lui.
- Bien, donc je disais que c’était Kélèty le voleur qu’on cherche, mais pour une raison que j'ignore moi-même, je veux que tu gardes ce secret pour toi.
Kèkoura était en proie à des doutes aux propos de Sarata, mais n’osa pas omettre d’objection sous peine de face à la colère de la jeune princesse.
- Quand tu auras retrouvé Kélèty, je veux être la première personne informée. Est-ce que c’est clair ? La mit-il en garde en intimidant de toute sa force.
- Ou…Oui…marmonna-t-il.
Alors que Sarata tournait les tallons pour s'en aller, Kèkoura se risqua de soulever un détail qui lui brûlait les lèvres depuis le début de cette conversation.
- Écoutez princesse !
Elle se retourna pour lui faire, et d’un mouvement de menton l’invita à parler en le voyant tant hésiter. Nerveux, il se racla d’abord la gorge pour éclaircir sa voix.
- Sauf votre respect, je connais Kélèty depuis que j’ai vu le jour, vous pouvez dire tout ce que vous voulez sur lui, mais il n'est pas un voleur ! Affirma-t-il avec conviction.
Elle le foudroya du regard à cause de son insolence, peinant à soutenir ceci, il baissa les yeux.
- Ça, c’est à moi d’en juger, lâcha-t-elle finalement en mettant fin à son supplice. Maintenant retrouve le moi !