Chapitre 16

2675 Words
Environ deux mois plus tard, toujours à la recherche d’un repère, Kélèty s’était trouvé un refuge dans un village voisin à des kilomètres du sien. Comme il était invisible chez les humains, il pouvait s’aventurer à n’importe qu’elle demeure pour y passer ses nuits. En effet, le bruit cours toujours à propos du voleur qui s’est permis sans vergogne de s’en prendre à la princesse. Le roi, Moussa a même passé un communiqué, dans lequel, il dit attribuer cent pièces d’or à la personne qui lui emmènera ce voleur, mort ou vif. Ces propos n’ont pas laissé indifférent les chasseurs de prime, qui ont déployés toutes leurs forces pour le retrouver. Mais, faut savoir que l’identité du voleur n’est toujours pas connue. Bien évidemment, kélèty aurait dû apparaître et faire face à tout cela et avec un peu de chance, il jouirait de la clémence de Moussa, vu qu’il est son protégé, mais non, il préféra les laisser dans le flou encore longtemps, même trop longtemps, parce qu’il faut l’admettre, kélèty avait à commencer prendre ses marques dans cet autre village, être invisible, avait ses bons et mauvais côtés. Ce village était rempli de merveilles, chaque soir, les gens se retrouvaient sous un baobab, raconter des contes, on voyait des enfants jouer à cache-cache, sous la pleine lune. Et lui il venait s’assoir au près des vieux du village, qui se racontaient leurs jeunesses, et leurs parcours. Il y assistait tous les soirs, jusqu’à ce qu’un jour, il fut démasqué. - Hey jeune homme ! Il s’arrêta net dans son élan, brusquement il se retourna et tomba nez à nez avec l’homme le plus âgé de tout Konssankoro, l’un de ceux qu’il venait assister, sachant qu’il leur était invisible, enfin, c’est ce qu’il pensait en tout cas. - Vous…vous arrivez à me voir ? questionna-t-il. - Quelle question !! bien sûr que je vous vois, et ce depuis le début. Kélèty s’approcha de lui un peu pour être sûr que personne ne les entende. - Comment…est-ce possible, je veux dire, aucun humain ne peut me voir et cela depuis que j’étais un gamin. Le grand homme, étant trop fatigué, essaya de s’accrocher à l’arbre qui se trouvait juste à côté de lui pour s’y adosser. Voyant son état très faible, kélèty se précipita vers lui pour l’appuyer afin qu’il ne puisse pas tomber. - Wow ! j’arrive à vous…vous tenir…je…je…ça ne m’était pas arriver depuis des lustres. Il fut choqué de voir qu’il peut encore tenir quelqu’un sans qu’il ne lui glisse des mains comme de la poudre. Le grand homme faillit tomber, mais il revint vite à la réalité et le rattrapa de justesse avant qu’il ne ramasse la terre. Il le prit et l’amena là où ils étaient quelques instants plus tôt. Et doucement, il le posa sur sa place habituelle. Adossé, le vieil homme essaya de respirer normalement. - Vous allez bien, s’enquit Kélèty. - Oui, je vais bien, répondit le vieil homme de sa voix éraillée. - D’accord, essayez de respirer doucement, oui comme ça, l’apprend-il en lui frottant le dos comme il put. Ils restèrent là ainsi, pendant quelques minutes sans se parler, la situation étant on ne peut plus inattendue, jusqu'à ce que Kélèty décida de briser la glace. - Comment ça se fait que vous arrivez à me voir mon père ? C’est vrai je ne comprends pas, depuis que je suis passé de l'autre côté du mur, j’arrive à voir mes semblables mais eux ne me voient pas. - C’est parce que je ne suis pas comme tes semblables ! Cette confession l’intrigua beaucoup, et d’une voix moins rassurante, il répondit : - Je vous demande pardon, que voulez-vous dire par là ? Samba essaya de se redresser sur ses coudes, afin d’avoir une position plus confortable pour bien parler. - Ce n’est pas une coïncidence si j’arrive à te voir. Kélèty garda le silence ce qui incita le vieil homme à poursuivre son monologue. - Je suis un sorcier, déclare-t-il. Oh…n'aie pas peur, je ne mange pas les gens, dit il en le voyant s’affoler. - Vous me rassurez un peu, en fait rien ne devrait m'étonner à présent, vu que j'ai passé pratiquement toute ma vie entouré de démons aux caractères impulsifs et redoutables. Le vieil homme tira dans sa pipe qu’il tenait dans sa main, et laissa échapper les fumées par la narine. - Ça fait des semaines que je te remarque ici, tu viens d'où ? - De Barô, ce n’est pas très loin d’ici je crois. Depuis que Kélèty s’était perdu et atterri dans ce village, il n’avait aucune idée de combien de kilomètres séparaient ce village du sien. Il en a entendu parler mais il n’y a jamais mis les pieds. - J’avoue que ça me fait tellement de bien de pouvoir afin parler avec quelqu'un, ça fait trop longtemps que j’ère seul dans la nature, ne trouvant personne à qui demander de l’aide. - Comment ça t'es arrivé tout ça ? Kélèty comprit qu'il faisait référence à sa situation actuelle, donc il lui narra toute son histoire, tout ce par quoi il est passé pour arriver jusqu'ici, à commencer par son e********t, sa nouvelle vie dans ce nouveau monde tout différent du sien, son histoire avec la princesse Sarata, absolument tout sans oublier de détails, à la fin de son récit, que le vieil homme écoutait avec attention, lui répondit : - C’est pour ça, qu’il faut toujours écouter ce que disent les personnes âgées ! Sinon tu ne serais pas dans cet état, priver de toutes les personnes à qui tu tiens réellement. C'était vrai ! Si Kélèty avait pris la peine de suivre tous les conseils que lui donnaient sa mère, peut-être qu’il ne serait pas ici en ce moment, mais chez lui, entouré de toute sa famille. Il aurait assisté aux funérailles de son père. Mais c’est déjà trop tard. - Oui j’admets avoir commis une erreur en négligeant les propos de ma mère quand elle me mettait en garde contre ces espèces, mais je n’ai rien écouté du tout, je n’ai pensé qu'à ma personne, je ne me souciais pas des conséquences de mes actes jusqu'à ce qu’ils me tombent dessus comme de la foudre. - Il y’a un adage qui dit qu’on ne peut pas changer le passé, mais on peut faire en sorte que l'avenir soit meilleur. Changer le passé, ou même que l'avenir soit meilleur, Kélèty n’y ait jamais songé, il vivait au jour le jour persuadé, qu’il passerait le reste de sa vie avec ces autres espèces qui lui ont tout prit. Serait-ce possible qu’il puisse un jour retourner d'où il vient, voir sa famille ou du moins, ce qu’il en reste ? Non ! Se persuade-t-il. Le seul qui avait encore ce pouvoir était porté disparu et même s’il était toujours présent, il n’y avait aucune chance qu’il lui accorde sa liberté, Sans lui, personne d’autre ne peut le faire au risque de se faire exécuter sur le champ. - Enfin bref, je voulais simplement te dire que je peux t’offrir l'hospitalité si seulement tu ne me déçois pas et n'oublie pas surtout je vois tout dans cette maison, dans le noir comme dans la lumière. - L'hospitalité ? Pourquoi vous faites ça, alors que vous ne me connaissez même pas ! - Seuls les vrais hommes savent reconnaître leurs erreurs, c'est un bon pas, tu viens d’en faire la démonstration, j’espère juste que ce n’est pas une façade pour attiser ma compassion. Cette proposition lui laissa sans voix, on dirait que Dieu avait enfin entendu ses prières. C’est avec bonheur et soulagement qu’il accepta l’offre du vieil homme qui lui attribua une pièce non occupée de sa grande concession. Vu qu’il est comme un fantôme, Samba n’en parla à aucun membre de sa famille, préférant garder ce secret pour lui-même au risque qu’on le prenne pour un fou. Donc à chaque repas, il disait à ses belles filles d’en rajouter plus sur ses parts, comme il est obligé de le partager avec quelqu'un d'autre. Étrangement, la famille de Samba ne posa pas la moindre question, au contraire elle se réjouissait, pensant sûrement que leur grand père a retrouvé son appétit. Kélèty était devenu l’élève de Samba qui l’apprit beaucoup de choses sur la sorcellerie, grâce à ses enseignements, il arrivait enfin facilement à distinguer un sorcier d un humain et un gentil sorcier à un méchant sorcier. Tout se distinguait par leurs auras. L'aura des méchants sorcier est très flippant, par exemple si un de ces sorcier se retrouvais à 5m de sa position, il pourrait facilement le sentir et éviter un éventuel accrochage avec celui-ci, pour éviter qu’il devienne sa cible. En quatre mois de cohabitation, il avait détenu presque tous les secrets de la sorcellerie et il en a beaucoup appris sur Samba qu’il n’en faut. Il se trouve que Samba est un sorcier né, il a consacré toute sa vie afin d’établir la paix entre les espèces, pacifiquement ou violemment. Tous les coups étaient permis, à partir du moment qu’il défendait les droits des humains. Il dû jouir de la bienveillance de cet homme pendant un certain mois. ~~~ Pendant ces temps, à Barô. Fatima déployait tous les moyens pour retrouver Kélèty qui s'était volatilisé dans la nature, depuis ce fameux jour où elle l'a incité à aller chez sa mère pour estomper cette odeur qu’il dégageait. Certes, elle aurait pu faire appel au roi mais pour une raison quelle ignorait encore, son fils Kèkoura l’en a empêché. « N’alerte personne d abord pour la disparition de Kélèty, je ne peux pas t'en dire plus, sache simplement que j'ai mes raisons et c’est valable aussi pour toi Boulaye » lui avait-il dit au 3ème jour de sa disparition. Depuis lors, elle cherchait toute seule Kélèty dans la nature, elle a fait le tour du village au moins un million de fois, en étant aussi discrète que possible, mais comme on dit, on ne trouve jamais une personne qui ne veut pas être trouvée. Cette histoire a duré pendant des semaines et Kèkoura ne lui avait toujours pas dis les vraies raisons qui l’empêchaient d’alerter le monde à la recherche de Kélèty, jusqu'à ce qu’un jour, il eut le courage de tout lui avouer, quand la grossesse de la princesse devint publique et que ce n’était plus un sujet tabou. Il lui raconta tout ce dont il était au courant, c’est-à-dire de beaucoup de choses, assez même pour savoir que Kélèty et Sarata ont été amants ne serait-ce que le temps d'un soir. Il rajouta d’une voix pleine de tristesse à la fin de son récit : - Je ne comptais pas t'en parler mais l'histoire a pris une telle tournure qu’il fallait impérativement que tu saches la vérité, tu mérites au moins ça, après tout ce que tu as fais pour lui. Fatima n’en revenait pas d'entendre cela, Kélèty, le voleur de la cour royale, qui est tant rechercher par tous les soldats de la région, même les chasseurs de primes s’y sont mêlés. Et il se trouve qu’il est l’homme qui a enceinté la princesse. Non ! Ça ne peut pas être vrai, se dit-elle. Kélèty ne ferait jamais ce genre de choses, elle l'a côtoyé pendant des années, elle l'a vu grandir, elle a accompli tous les rôles que pouvaient remplir une mère. Fatima connaît Kélèty bien plus qu'il ne se connaît lui-même. - Non c'est impossible ça Kèkoura ! Comment peux-tu penser qu’il soit capable de faire une telle chose. Voler ! Kélèty n’a jamais volé de sa vie. - Je crois que cette histoire va plus loin que ça maman, ce n’est pas seulement une histoire de vol, je crois que la princesse Sarata attends l'enfant de Kélèty maman. C’était la goutte de trop, Fatima mit ses deux mains sur sa tête et commença à implorer la clémence de Dieu, chose qui n’est jamais arrivé. - Oh…Kèkoura, nous sommes fichus ! Tu te rend compte si sa majesté venait à le savoir… - Il est déjà au courant maman, la coupa-t-il en venant s’assoir auprès d’elle pour la consoler. Fatima essuya ses larmes comme elle le put, et regarda son fils incrédule, ce dernier sut alors raconter toute cette histoire à sa mère n’est pas aussi simple qu’il le pensait. Il fallait s’armer de courage et surtout de beaucoup de patiente pour bien lui exposer la situation. - Il y’a deux jours sa majesté m'a fait venir au palais et il m'a conté tous les faits. Il était tellement énervé qu’il a enfermé sa propre fille dans un donjon. Waw !! Ça allait de pire en pire cette histoire. - Alors tu imagines la sanction de Kélèty s’il venait à le retrouver ? Demanda Fatima. Il faut qu’on le retrouve avant le roi Kèkoura sinon il va le tuer. C’est alors qu’elle se leva et emprunta le chemin de la sortie, mais au moment de franchir la porte, elle se rendit compte que Kèkoura ne semblait pas bouger d'un iota. Elle fit volte-face et lui demanda ce qu’il avait. - Maman je sais que tu vois Kélèty comme un fils et crois moi, je le vois aussi comme un frère et s’il le faut même comme un père. - Alors qu’est ce que tu attends, viens on va le chercher ! - Mais j’ai des responsabilités envers ce village, on attends beaucoup de moi et il faut que je fasse mes preuves, je suis désolée de te blesser maman mais je ne peux pas te laisser faire et je n’embarquerai pas non plus avec toi dans une histoire sordide. Si jamais je retrouve Kélèty, je le présenterai devant sa majesté maman, donc je te prie de ne pas t’en mêler. Fatima fut choquée d’entendre cela. - Tu serais capable de jeter Kélèty dans la gueule du loup ? - Non maman, j’accomplis mon devoir de soldats c’est tout, on est parfois obligé à faire des choix difficiles dans la vie. Je suis désolée je ne voulais pas en arriver là. Il prit ses armes aux pieds du lit et sortit de la maison en laissant sa mère seule, qui toujours sous le choc, s’effondra sur le sol avec le cœur brisé en mille morceaux.   
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