Chapitre 15

2498 Words
- Je n’aime vraiment pas te voir comme ça, quand est-ce que tu vas arrêter de te morfondre sur ton sort et prendre ta vie en main. - Tu veux bien sortir de ma chambre s’il te plait ? Têtue comme la princesse elle-même, Sira ne bougea pas d’un poil, malgré le regard insistant de Sarata sur elle. - Pourquoi tu ne me dis pas ce qui t’ai vraiment arrivé, je vois bien qu’il y a quelque chose qui te tracasse, mais je ne sais pas ce que c’est. S’il te plait Sarata, dis-moi quelque chose je t’en prie ! Elle vint près d’elle et lui prit les mains. Furieuse, Sarata se dégagea de son touché et se releva violemment du lit, en manquant de lui frapper au visage. - Sors de ma chambre, tout de suite ! Guelle-t-elle. Elles se regardèrent en chien défaillance, au bout de quelques secondes, ne supportant plus le regard perçant de la princesse, Sira, cilla et prit le chemin de la sortie. Une fois seule, Sarata pleura toutes les larmes de son corps, elle n’arrêtait pas de penser à tout ce qui s’était passé entre elle et Kélèty, car en dépit de la haine qu’elle pouvait témoigner en son égard, elle ne pouvait nier avoir ressenti quelques choses pour lui, quelque chose de très fort qu’elle n’avait jamais ressenti auparavant, son toucher, ses caresses, ses baisers qui jusqu’à lors sont gravés dans son esprit à tout jamais, et sa voix douce qui lui murmurait des paroles douces au creux de son oreille, elle se maudissait intérieurement de ressentir ces sensations, qui sont à la fois agréables et coupables, c’était un mélange d’amour et de haine. Le plus dur, c’était d’imaginer la réaction de son paternel s’il arrivait à s’avoir qu’elle s’était offerte à un humain, l’espèce qu’il déteste le plus au monde, ça devrait être son cas elle aussi, mais Sarata n’est pas comme son père, la vie qu’elle mène, elle ne l’a pas choisie, cette vie de princesse, elle lui a été imposée, comme on dit, on ne choisit pas sa famille, et son peuple attendait beaucoup d’elle, il fallait qu’elle soit à la hauteur de leurs attentes, peu importe que ça lui plaise ou pas, elle était la seule héritière du trône, pas de sœur ni de frère. Elle doit tout assumer sans se plaindre. D’habitude forte, Kélèty a réussi d’une seule nuit à faire tomber toutes ses barrières, toute la carapace qu’elle s’était construite, tout s’est effondré et à cause de ça, elle est cloitrée sur un lit, matin midi soir, à ne rien faire, elle s’est privée de toute sortie, de toute nourriture, elle s’est affaiblie aussi mentalement que physiquement. Sarata était devenue aussi pâle qu’un linge. Craignant que son père ne fasse tout un plat, à cause de son absence incessante aux dîners, qu’ils ont l’habitude de prendre, elle puisa dans ses réserves pour trouver la force de se lever du lit, elle prit le temps de prendre une douche, pour détendre son corps et soigner sa mine affreuse, elle s’habilla d’une robe très fine de couleur orange, arrivant jusqu’à ses coudes qu’elle trouva en première dans sa penderie et l’enfila à la hâte n’ayant le cœur à se faire belle. Une fois qu’elle se cru enfin prête, elle prit le chemin vers la sortie et au moment d’ouvrir la porte, qu’elle ne fut sa surprise de constater avec effroi, son père accompagné du guérisseur de la cour royale, éberluée, elle resta planter là à les regarder, jusqu’à ce que son père lui dépasse à l’encadrement de la porte. - Tu vas quelque part ? lui demanda son père, étonné de la voir autre part que dans son lit depuis des semaines. - Euh…je comptais aller dîner avec toi ! Sur un geste de la main, Moussa invita le guérisseur Amara à pénétrer dans la suite. - Princesse ! salua le vieil homme. Sarata ne savait plus où se mettre, voir son père dans sa chambre avec le guérisseur, ne signifiait qu’une seule chose, on allait l’examiner et savoir ce qu’elle avait. Mais ce n’était pas ce qu’elle voulait, pour être honnête ; cela fait bien des semaines que Sarata avait remarqué des changements au niveau de son corps, malgré le fait qu’elle ne mangeait plus assez, elle avait néanmoins pris quelques kilos, quelques formes et des rondeurs. Elle se refusait de croire ce qu’elle pensait, elle voulait fuir la réalité, perdue dans ses pensées, Sarata n’écoutait même plus ce que son père lui disait. - Sarata, tu m’écoutes ? lui demande-il en l’obligeant à lui faire face. - Oui ! tu m’as dit quelque chose ? - Je disais que cela faisait des heures que je t’attendais pour le dîner mais comme je ne te voyais pas… - Pourquoi avoir envoyé le vieil Amara ici alors, est-ce qu’il y a un problème ? Son père la regarda avec peine et pitié, il s’inquiétait pour sa fille depuis cette fameuse nuit où elle a dormi autre part que dans le palais, jusqu’à lors il ne savait pas exactement ce qu’il s’est passait. Il soupçonnait sa fille de lui avoir caché certains détails moins plaisants, il pensait qu’avec le temps, elle lui en parlera, mais au lieu de ça, elle s’était enfermée dans sa chambre comme une prisonnière. Impuissant face à tout cela, il a dû faire appel à d’autres personnes qui, il espère, pourront l’aider à comprendre ce qu’avait sa fille, la prunelle de ses yeux. - Je l’ai envoyé t’examiner et savoir ce que tu as, parce que sincèrement, ça ne me procure aucun bonheur de te voir comme ça, au contraire, j’ai mal tous les jours en ne sachant pas quoi faire pour te sortir de là. Elle s’asseye sur le lit et regarda son père d’une-drôle de façon. - M’examiner ? pourquoi, suis-je malade ? - Ça suffit Sarata, j’en ai plus qu’assez que tu ne veuilles pas me dire la vérité, de tout ce qui s’est passé ce fameux soir dans cette forêt, alors je vais la chercher moi-même, et ce que ça te plaise ou pas. Ça y est ! son vrai père était de retour, celui qui, il y a moins d’une minute lui parlait avec douceur et amour n’était pas son père mais un ange qui avait pris possession de son esprit. A présent, elle faisait face au vrai Moussa, celui qui est autoritaire, sévère et qui n’aime en aucun cas être incontesté. - Mais papa, je t’ai déjà dit tout ce qui s’était passé, pourquoi tu ne me crois pas. - De toute façon je vais trouver réponse à mes questions, et pour commencer, ce vieil Amara va t’ausculter et me dire de quoi tu souffres. - Père… - Je ne veux plus rien entendre à présent ! Il se retourna vers le vieil Amara et d’un geste l’invita à s’approcher de sa patiente, qui visiblement n’est pas très coopérative. Ce dernier avec ses objets soins et commença à faire son travail qu’il savait si bien le faire. Pour un premier temps, il dû demander l’assistance de Moussa afin d’obliger Sarata à se coucher, et avec ses mains, regarda ses pupilles, sa bouche, ainsi que toutes les parties de son corps et ce, sous le regard insistant du roi Moussa qui ne bougeait pas d’un cil, apparemment il tenait vraiment à ce qu’il sache de quoi souffrait sa fille. Qu’importe ! se dit le vieil Amara. Ça ne va pas l’empêcher d’accomplir son travail. - Alors, qu’est-ce qu’elle a ? s’impatienta le paternel. Le vieil Amara prit d’abord quelques temps avant de répondre à cette question, c’est une fois qu’il finit d’ausculter la jeune femme qu’il prit la peine de se tourner vers lui, et lui faire part de sa découverte. - J’ai une bonne et mauvaise nouvelle, majesté ! déclara ce dernier. Par quoi vais-je commencer ? Le père et la fille se fixaient, médusés, le regard de Moussa était en quête de réponse, tandis que celui de sa fille, était voilé de honte. Il ne s’y attarda pas longtemps et reporta son attention sur le guérisseur et lui répondit : - La mauvaise ! - Je préférerais commencer par la bonne si vous voulez bien commença-t-il. La princesse est enceinte, de quelques semaines d’après mes analyses. A l’évocation de ce mot, le père devint livide, aussi immobile qu’une statuette, Sarata était à la fois troublée et choquée. Enceinte : impossible ! se disait-elle. Alors vivement elle se redressa sur ses coudes. - Quoi ? c’est impossible je ne peux pas être enceinte ! vous avez bien fait le texte. Refaites-le encore une nouvelle fois, parce que je suis sûre de ne pas l’être ! - Vous en êtes sûre princesse ? demanda calmement le vieux Amara. - Certaine ! affirma-t-elle. - Dans ce cas, pardonnez ma question un peu pertinente, à quand remonte vos dernières règles ? Cette question la prit de court, à vrai dire cela faisait un bon bout de temps que Sarata n’avait plus revue ses règles, elle mettait ça sur le compte du stress et du fait qu’elle ne s’alimentait pas assez, jamais elle n’aurait pensé qu’elle attendait un enfant, qu’il y avait peut-être une possibilité que dans son ventre était en train de grandir un bébé auquel elle ne s’y attendait pas du tout. - Je…je n’en sais rien, peut-être un mois ou plus, j’ai arrêté de compter en fait. - Alors je vous le redis à nouveau, à moins que je ne me suis trompé, ce qui est rarement le cas, vous êtes enceinte et la mauvaise nouvelle dont je voulais vous faire part c’est que, cet enfant dans votre ventre n’a rien d’ordinaire, je n’ai jamais eu à faire avec un cas comme celui-ci durant tout le temps que j’exerce ce métier. C’est là que le compteur se mit à tourner dans la tête de Sarata, son dernier rapport charnel remontait à cette fameuse nuit avec Kélèty, et depuis lors, elle souffre des maladies que seules, les femmes enceintes sont atteintes. Cet enfant serait-il le fruit de sa passion d’une nuit ? non ! il ne fallait pas, son père allait la tuer. Le guérisseur Amara voyant le roi figé depuis l’annonce de la grossesse de sa fille, et la princesse qui était totalement confuse et perdue, mais cela ne voulait pas dire qu’ils n’écoutaient pas tout ce qu’il disait, alors il se racla la gorge et poursuivit : - Je dis ça, parce que les battements de cœur de cet enfant et ceux dont j’ai l’habitude de constater chez les autres enfants ne sont pas les mêmes, non celui là est moins irréguliers pourtant le bébé semble être en parfaite état et en bonne santé, il y a juste certaines anomalies qui me laissent un peu perplexe pour déterminer réellement ce qui rend cet enfant hors norme, avec votre permission, je peux essayer d’user de mon énergie vitale pour essayer de savoir d’où venait le problème en vous passant un scanner depuis mes ressources vitales. - Attends-moi dehors Amara, dit le roi qui s’était enfin décidé à parler. Celui-ci rangea ses affaires dans sa boîte et sortit de la maison et rabattit bien la porte derrière lui. - A nous deux à présent, dit Moussa en prenant un siège sur lequel il vint s’assoir juste en face de la princesse. Je te donne une dernière chance de tout m’expliquer. Sarata prit sa tête dans ses mains et pleurait à chaudes larmes, n’ayant pas le courage de faire face à son père. Mais décidément, ce dernier n’avait plus aucune compassion à son égard maintenant, donc elle aura beau pleurer des cordes qu’il aura pas de pitié. - Je…suis désolée papa, je… - Tu l’auras voulu, la coupa-t-il en s’emparant de son esprit comme le démon qu’il a toujours été. Il ne se souciait de savoir que c’est de sa fille dont il était question, tout ce qui lui importait en ce moment c’était de trouver réponse à ses questions, il se fichait des conséquences que ça pouvaient répercutées. Sarata agonisais tant mais elle ne pouvait rien n’y faire, son père tirait les ficelles, ce qu’elle redoutait le plus venait de s’abattre sur elle. Son père fouilla dans les profondeurs de son âme, ses cris transperçaient les murs de la pièce, son paternel se moquait même de v****r son intimité, et lorsqu’il eut fini son exploration ce qu’il y vit, le laissa sans voix. Un humain ! Sarata avait laissé un être humain la toucher ; ce n’est pas possible ! se dit-il. Quand il la libéra enfin, elle essaya de respirer aussi normalement qu’elle pouvait. Maintenant que son père connait la vérité, qu’allait-il faire d’elle ? c’était ça sa plus grosse crainte et quand elle releva ses yeux pour le regarder dans les yeux, elle sut sans l’ombre d’un doute que la suite ne serait pas en rose. Ce regard signifiait le calme avant la tempête…
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