la nuit du diable...

1171 Words
La main de Banks dans celle de Troy, elle le conduit hors de la maison, talonnée par la foule excitée. La musique résonne encore dans les murs, mais c’est une autre mélodie qui pulse maintenant dans leurs veines : celle de la transgression. Dehors, alignés devant la maison, trois bus au châssis noir attendent, moteurs ronronnant doucement, comme des fauves en cage. Les convives s’arrêtent, stupéfaits, un souffle d’excitation les parcourant. Banks lâche brièvement la main de Troy, grimpe sur une marche du premier bus, et empoigne un mégaphone : — Ce soir les amis, nous allons demander des bonbons... mais pas comme les autres. C’est Halloween, alors n’hésitez pas à semer la terreur sur votre passage. Son rire clair déchire l’air. Des cris fusent, des applaudissements, des sifflements. Les ados courent vers les bus, grimpant dans un joyeux chaos. Banks redescend, attrape la main de Troy de nouveau, un sourire carnassier sur les lèvres. — Tu vas adorer, murmure-t-elle. Ils montent tous les deux dans un bus avec Ways, Promise, Sunny et deux autres filles. Liam, Luis, Léo et Léon les rejoignent. L’ambiance est électrique. Les rires fusent, les blagues fusent, les regards aussi. — On va où au juste ? demande Troy, les yeux plissés. — Surprise, répond Banks en croisant les jambes de façon calculée. Tu ne crois quand même pas que je vais tout te dévoiler maintenant ? — Tu es diabolique, souffle-t-il, le regard rivé sur la peau nue de sa cuisse. — Seulement quand j’aime ça. Sunny se penche soudain, le regard brillant. — Allez, Banks, gage ! Tu dois... grimper sur les genoux de Troy et lui lécher la lèvre inférieure. Le bus explose de cris. Liam tape sur son siège, mort de rire. Luis imite un tambour de suspense. Promise se fige, les poings serrés. — Vous êtes sérieux ? grogne-t-elle, fulminante. Mais Banks se tourne calmement vers Troy. Son regard accroche le sien comme un aimant. Elle s’approche, doucement, lentement. Le bus semble suspendu dans le temps. Puis, elle se hisse à califourchon sur lui, lentement, sentant ses cuisses l’envelopper, sa chaleur contre lui. Le souffle de Troy se bloque dans sa gorge. — T’as peur, le roi ? murmure-t-elle à son oreille. Et sans attendre, elle passe lentement sa langue sur sa lèvre inférieure, effleurant sa peau avec un frisson sensuel. Troy serre les poings, le regard voilé par le désir. Ses mains hésitent à se poser sur ses hanches. Il se retient. De justesse. Léo étouffe un rire. Luis détourne le regard, mort de jalousie. Promise est livide. Mais Banks, elle, est en contrôle. De son côté, Léon n’a d’yeux que pour Ways, assise à côté de lui, jambes croisées, un sourire moqueur sur les lèvres. — Tu ne devrais pas boire ça, dit-il en lui prenant la bouteille. — Et toi, tu ne devrais pas regarder une gamine de seize ans comme tu le fais. Il rit, un peu gêné. — Tu n’as rien d’une gamine, c’est bien ça le problème. — Alors arrête de parler, et regarde-moi faire. Elle boit une gorgée, lente, puis lèche une goutte de whisky tombée au coin de ses lèvres. Léon avale sa salive, incapable de détourner les yeux. Le bus finit par s’arrêter, en bordure de ville. Un endroit désert, à l’orée d’un vieux quartier industriel. Les jeunes descendent, curieux. Devant eux : des bâtisses en bois, dévorées par le temps. Et des bidons d’essence alignés comme un appel à la folie. en réalité, si Banks a ciblé ces veilles bâtisses, c'est à cause de leurs utilités. elles servent d'entrepôt aux dealer de drogues qui sévissent dans la ville. ce sont principalement des gosses de riches à la recherche d'un peu d'amusement. Banks a décidé que ce genre de comportement était proscrit dans sa ville.. Banks lâche la main de Troy, attrape un bidon avec grâce, le soulève, et se tourne vers eux avec un regard incandescent. — Alors, vous venez ? Liam éclate de rire. — Décidément j’adore cette nuit. Un à un, les autres les suivent. Tous arrosent les structures sous l’œil complice de la lune. Puis Banks sort une petite boîte d’allumettes, la tend à Troy. — À toi l’honneur. Il attrape la boîte, frôle délibérément sa main, la fixe. — Tu joues avec le feu. — Et toi, tu ne sais pas encore combien ça peut brûler. Il claque une allumette et la jette. Une ligne de feu s’allume, court vers les bâtisses... et explose en flammes. Des hurlements de joie s’élèvent dans la nuit. Le groupe remonte dans les bus en riant, laissant derrière eux le spectacle d’un incendie sublime. Mais Banks et Troy, eux, restent. Silence. Le feu danse dans leurs yeux. — Tu sais, dit-elle doucement, ça fait des semaines que tu me regardes comme si tu allais me dévorer… et des semaines que tu te retiens. — Ce n’est pas si simple, Banks. — Pourquoi ? Parce que j’ai seize ans ? Parce que tu crois que tu ne devrais pas avoir envie de moi ? Elle s’approche, ses mains sur son torse. — Moi j’ai envie de toi, Troy. Ce soir. Maintenant. Pas demain. Pas plus tard. Il ferme les yeux un instant, le souffle court. — C’est peut-être le moment, souffle-t-il, cédant presque. Elle approche ses lèvres des siennes. Leur nez se frôle. Il est sur le point de l’embrasser quand— — STOP ! La voix stridente de Promise fend l’air. Elle se dresse, les bras croisés, le regard noir. — Si tu l’embrasses… je te jure, je balance tout. T’es majeur, elle est mineure. Ça s’appelle attouchements sur mineurs. Et crois-moi, je m’en fous de la prison que tu feras. Banks recule, comme giflée. Troy baisse les yeux, les poings serrés. — Tu ne ferais pas ça, gronde-t-il. — Essaie-moi. Elle le fusille du regard. Puis, s’adressant à Banks : — Tu crois vraiment qu’il va tout risquer pour une gamine en chaleur ? Réveille-toi. Le silence est glacial. Banks fixe Troy, l’espoir dans ses yeux se brise en miettes. — T’es vraiment pathétique, finit-elle par dire. T’as eu peur de moi… et tu te caches derrière elle. Elle tourne les talons, entre dans le bus sans un mot. Troy reste seul, déchiré entre la rage, la honte… et le désir encore brûlant sur ses lèvres non embrassées. troy finit par entrer mais, lorsque que promise veut le faire à son tour, Banks l'en empêche. --je ne crois pas non... tu vas devoir te débrouiller pour rentrer... --tu te fou de moi là... --non absolument pas, c'est le prix à payer pour avoir gâché mon moment, et en plus c'est mon bus, ma soirée d'anniversaire et ce mec que tu convoite est le mien.. sans lui laisser le temps de répondre, Banks ferme la porte et demande au chauffeur de démarrer. --et promise?! demande ways un peu perplexe: --elle préfère rester... dit Banks d'un sourire faussement innocent. ways sait qu'elle ne dit pas la vérité mais n'ose pas la contredire..
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