LE POINT DE VUE DE SERAPHINA J'étais épuisée. Cela devait être la seule explication. Ou peut-être que ma nostalgie et mon désir avaient fait apparaître cette vision saugrenue. Car il n'existait aucun univers où Margaret Lockwood se tenait sur mon perron avec une tarte dans les mains—étrangement identique à celle que Mme Barnes m'avait donnée—comme une mère attentionnée sortie d'un conte de fées. Pas avec la douleur de la dernière fois où je l'avais vue, encore fraîche, comme une plaie nouvelle. L'image s'imposa dans mon esprit—son visage marqué par le mépris, ses mots m'écorchant dans cette chambre d'hôpital étouffante : « Elle a essayé de tuer ma fille ! » Elle n'avait même pas bronché en proférant cette terrible accusation. Qu'elle en ait eu conscience ou non, à cet i

