Jason posa sa veste sur le canapé et se dirigea dans la salle de bain. Il avait besoin de prendre une bonne douche après cette course poursuite. Il avait réussi à mettre la main sur l'homme que Lucas pourchassait et l'avait expédié en Russie.
Il ressortit de la salle de bain quelques minutes plus tard , une serviette autour de la taille. Il jeta un coup d'œil au programme qu'Alioune lui avait remis.
Jason devait reconnaitre que la vie d'Aida était beaucoup meublée par les œuvres de charité et le bénévolat.
Il soupira longuement et ferma les yeux un long moment. Aida Diouf commençait à occuper une grande partie de ses pensées et ce simple fait intriguait Jason et le mettait dans tous ses états.
Il décida de sortir de sa chambre afin de se changer les idées. Il porta un bermuda et un tee-shirt et sortit.
Aida referma son ordinateur. Elle jeta un coup d'œil à sa montre et se rendit compte qu'elle venait de passer quatre heures de son temps à écrire. Elle n'avait jamais autant écrit de sa vie. Elle se félicitait d'avoir avancé dans l'écriture de son premier roman. Pour une raison inconnue, elle devait son inspiration à son nouveau garde du corps. Sa rencontre avec lui avait réveillé en elle cette envie d'écrire qu'elle croyait être morte depuis des mois.
-Au moins, il aura été d'une grande utilité, souffla-t-elle.
Quelqu'un frappa à sa porte. Elle attendit quelques minutes avant de lui intimer d'entrer. Elle se doutait bien de qui il s'agissait.
- Qu'est ce que tu me veux casse pied ? lâcha-t-elle à l'endroit de son frère sur un air taquin.
Ils avaient l'habitude de s'amuser ainsi depuis tout petits.
- Je vois que tu es de bonne humeur, fit remarquer son frère en posant une corbeille de fruits sur la table.
Aida descendit du lit et rejoignit son frère dans le canapé. À vrai dire, Alioune était le seul ami qu'elle avait après son amie Fatima. Ils étaient proches depuis l'enfance et Aida savait qu'elle pouvait compter sur son grand frère quoi qu'il arrive.
- Alors ? fit Alioune.
Aida haussa les épaules et pris une pomme dans la corbeille. À vrai dire, elle avait du mal à définir son état d'esprit actuel. Tout ce qu'elle désirait était de se retrouver dans un endroit loin de tout contact humain. Elle avait besoin de tranquillité.
- Je crois que ma vie est complètement en désordre en ce moment et je crois bien que le mieux c'est que tout le monde m'oublie.
- Ne dis pas ça petite sœur.
Elle soupira et se leva.
- ça se voit que tu n'es pas celui sur qui plane une menace sur la tête. Maugréa-t-il.
- Crois-moi petite sœur que ce n'est pas facile pour nous tous. Nous sommes tous préoccupés par ton sort et nous faisons tout pour nous assurer que rien de mal ne t'arrive.
Aida soupira une fois de plus et vint se blottir dans les bras de son frère. Alioune trouvait toujours les mots justes dans les moments difficiles et il arrivait toujours à la réconforter dans les périodes sombres. Elle était heureuse de l'avoir comme grand frère.
- Alors, comment trouves-tu le nouveau garde du corps ? demanda soudainement Alioune.
Le cœur d'Aida fit un bon dans sa poitrine. Il est vrai que son frère lui posait toujours cette question, mais elle avait une tonalité différente cette fois-ci.
- Pourquoi, cette question ? répliqua Aida.
- On ne répond pas à une question par une autre , fit son frère.
Aida lui fit un sourire.
-Nous sommes en Afrique Alioune.
- Sérieusement Aida, que penses-tu vraiment de lui ?
- Il me fait peur. Admit-elle.
Elle vit son frère sourire.
- C'est vrai qu'à première vue, il terrifie, mais Kyle m'a dit qu'il est inoffensif par moment.
- Par moment ? Je doutes fort .
Alioune lui caressa doucement les cheveux.
- Je suis sûr qu'avec lui, tu seras en sécurité. Lui dit doucement Alioune.
Jason arriva au bar de l'hôtel et repéra une place à l'écart. Il ne voulait en aucun cas être dérangé. Il fit signe à un serveur qui s'empressa de venir prendre sa commande.
- Je peux vous tenir compagnie ?
Jason leva la tête de son téléphone sur lequel il était en train d'envoyer des mails. Il vit une jeune femme qui lui souriait. Elle avait l'air d'être à la recherche de quelqu'un avec qui se distraire pour la nuit, mais lui n'en avait pas envie.
- Non, je ne pense que vous me serez d'une utilité. Répliqua celui-ci.
- Je pense au contraire que vous êtes la personne dont j'ai besoin pour passer une magnifique soirée.
Jason se passa une main nerveuse dans les cheveux et posa son téléphone sur la table.
- Tenez-vous bien à votre vie ? demanda Jason.
Il la vit pâlir avant de secouer la tête. Jason lui fit un sourire avant de lui tenir délicatement le cou.
- Allez vous en.
Elle s'en alla aussi rapidement qu'elle était venue. Jason s'assit et sirota son verre de cognac que le serveur venait de lui servir.
Aida se leva ce matin sans aucune envie. Elle voulait juste rester au lit.
- Je vois que la princesse de la maison est enfin réveillée ?
Son frère se tenait debout à la porte, toujours bien habillé.
- Je me demande bien comment tu fais pour être aussi impeccable aussi tôt, Marmonna Aida.
Son frère lui sourit et s'approcha. Il tira les draps afin de l'obliger à se lever.
- Ton garde du corps t'attend et à ta place, je ferai vite, car il n'aime pas attendre.
- Je me demande bien s'il aime quelque chose dans sa vie, je plains sa femme.
Alioune la tira du lit et l'amena jusqu'à la salle de bain.
- Il n'est pas marié, lui dit son frère avant de la pousser dans la salle de bain.
- Le contraire m'aurait étonné, je me demande bien qui peut le supporter avec son comportement exécrable.
Jason consulta sa montre une fois de plus et souffla. Cette gamine était en retard et il détestait les retards. Il n'allait pas tarder à lui donner ses règles.
- Je vois que vous êtes matinal ? entendit-il.
Jason sentit son corps être envahi par un sentiment pour le moins étrange. Aida Diouf était une véritable tentation et il présentait que cette mission allait beaucoup le mettre à rude épreuve. Cela faisait la deuxième fois qu'ils se rencontraient et déjà il savait qu'il n'allait pas résister longtemps à cette petite bouche.
Elle lui lança son sac qu'il rattrapa.
- Nous pouvons y aller.
Elle passa devant lui, mais Jason lui accrocha le sac à l'épaule.
- Qu'est-ce que vous faites ? demanda celle-ci.
- Je ne suis pas un porte-sac mademoiselle.
- Moi, je dis que vous l'êtes désormais mon employé.
Jason sourit .
- Je crois bien que vous et moi devons poser les bases de notre accord, lui souffla-t-il au visage.
Il s'en alla, la laissant planter dans le hall d'entrée.