XXVI Lortal quitta Saint-Julien, le lendemain de l’enterrement. Il n’avait pas séjourné au collège durant ces dernières et douloureuses journées. Je ne l’avais pas vu depuis la catastrophe. La veille de son départ, j’appris par la sœur lingère qu’on préparait ses bagages. Cette nouvelle, comme celle de la mort de Mathilde, je l’attendais. Lortal ne pouvait rester ici. Il avait traversé ma vie en y laissant une trace si profonde que son souvenir était désormais l’inséparable compagnon de mon adolescence. Mais je savais bien qu’il n’était qu’un passant et que ni moi, ni personne au monde ne serions plus qu’une halte sur son chemin. Et voici que l’heure était venue. L’aventureux camarade, au carrefour de nos routes, me ferait un signe d’adieu, puis tournerait son visage et ses pas vers l’hor

