Chapitre 5

1027 Words
Chapitre 5 Le matin quand Elizabeth s'éveilla, son mari était déjà levé et elle le retrouva dans la salle à manger, où un petit déjeuner tardif était servi. Immédiatement, Georgiana qui se trouvait là vint la trouver et s'assit près d'elle, dans un endroit tranquille — Oh, Elizabeth, c'est la première fois que je prends véritablement plaisir à un bal ! — J'en suis très heureuse et j'ai trouvé que vous étiez une excellente danseuse. — Merci, mais monsieur Galbraith danse également très bien. Il est agréable, très gai et j'adore le kilt. Sa conversation n'a rien de futile et j'ai même beaucoup ri. Je trouve cela merveilleux, pour un homme qui revient des horreurs de la guerre et infirme à vie. En fait il n'est pas infirme, il a juste un bras en moins, ce qui n'a pas l'air ni de le gêner ni de l'attrister. Il m'a demandé de l'accompagner aujourd'hui à cheval dans le parc. Ne pouvez-vous nous accompagner ? — Je ne monte guère, mais Jane peut vous accompagner ou le colonel Fitzwilliam qui sera très content de le faire. — Pourriez-vous en parler à mon frère ? Si VOUS lui demandez, il ne fera pas d'objection. — Je le ferai, mais je ne vois pas quelle objection peut faire votre frère si vous allez vous promener avec un jeune homme agréable, bien élevé, et votre belle- sœur ou votre cousin. — Mon frère pense que j'ai encore quinze ans répondit-elle confuse. Vous savez à quel point il est protecteur avec moi et je crains son refus. — Vous avez bientôt dix-huit ans et Nigel Galbraith est un jeune homme honorable, mais je lui en parlerai. Darcy surveillait leur conversation et s'approcha d'elles. — T’es-tu bien reposé Elizabeth ? — Parfaitement. — Et toi Georgiana, t’es-tu divertie hier ? — Oh énormément ! Je crois même que je n'avais jamais passé une si belle journée. — Ta sœur aimerait montrer le parc à monsieur Galbraith et ils pourraient s'y promener ensemble à cheval, avec Jane ou ton cousin. Je les accompagnerais volontiers mais, comme tu le sais, le cheval n'est pas mon mode de transport préféré. Ton ami, le frère de monsieur Galbraith, pourrait également aller avec eux, il avait l'air d'apprécier grandement tes bois. Darcy ne répondit pas tout de suite et après un moment de silence, donna son accord. Ce furent finalement Jane, son mari, Fitzwilliam et son frère aîné qui accompagnèrent Nigel et Georgiana. Au retour, la jeune fille avait les yeux brillants et les deux frères complimentèrent avec effusion les beautés du parc. Lizzy demanda à Jane ce qu'elle pensait des deux jeunes gens et celle-ci lui répondit qu'elle avait trouvé l'aîné un peu réservé, opinant qu'il lui rappelait son beau-frère, mais le plus jeune était charmant, gai et il semblait beaucoup admirer Georgiana qui elle-même, paraissait l'apprécier grandement. — J'ai l'impression, ma chère Lizzy que ta belle-sœur est en train de tomber amoureuse et ce jeune homme a lui-même plus que de l'amitié pour elle — J'en serais très heureuse, il m'a fait très bonne impression. — Et qu'en pense ton mari ? — Je ne sais pas. Il est toujours avare de paroles mais je crains que, s'agissant de sa sœur, peu de jeunes gens aient grâce à ses yeux. Il verra chez tout prétendant un coureur de dot et celle de Georgiana est importante. — Je ne crois pas que Nigel Galbraith soit dépourvu lui-même. Au cours de notre conversation, nous pûmes comprendre qu'étant donné sa situation, son père lui avait laissé la propriété d'une maison à Édimbourg et des terres qui lui laissent une rente correcte. Le frère aîné lui a une très grande propriété non loin d'Édimbourg et la maison familiale, un château, je crois, dans les Highlands. Je ne pense donc pas que ce soit un coureur de dot. — Cela me rassure un peu, mais pas complètement. Il manque à ce jeune homme un bras, ce qui aux yeux de beaucoup en fait un pauvre infirme et je sais que, pour mon époux, l'Écosse représenterait pour sa sœur un véritable exil. Je le crois trop noble et trop bon pour refuser à Georgiana le bonheur d'épouser l'homme qu'elle aime mais... je ne sais pas... — Pourtant n'a-t-il pas épousé lui-même la femme qu'il aime malgré la différence de position ? — Ma chère Jane, tu oublies que Georgiana n'est qu'une femme, elle ne jouit donc pas de la liberté de choix dont jouissait son frère. La plupart des invités repartirent dès le matin. Le surlendemain ne restaient à Pemberley que les Bingley, Monsieur Bennet qui avait décidé de s'offrir quelques jours de vacances loin de la gent féminine de sa maison et des commentaires de sa femme sur les splendeurs de Pemberley qui risquaient de durer et les frères Galbraith. Ces derniers ne retournaient pas en Écosse, mais à Londres, chez un parent qui voulait leur faire profiter de la « saison » qui battait son plein. Pendant le court séjour des frères Galbraith, Georgiana fut radieuse et charmante. Elle joua au piano des airs écossais que Jane et Elizabeth apprirent à danser avec les jeunes gens. Ceux-ci chantèrent même en duo quelques ballades des Highlands, toujours accompagnés par la jeune fille. Elle fut presque bavarde, riant de tout et de rien. Les cavaliers et cavalières firent de grandes promenades dans la région et le soir, pendant que les messieurs jouaient aux cartes, la jeune fille avait l'air de penser qu'il n'y avait rien de plus passionnant que de les regarder jouer. Quand ils se retirèrent dans leurs appartements, Lizzy eut aimé que son mari fasse quelques commentaires sur le comportement de sa sœur et l'évidente affection qu'elle portait à Nigel Galbraith mais il n'en fit aucun. Pendant la journée il les observait, son visage dénué de toute expression. Il était aimable avec le jeune homme, le faisait parler plus qu'il ne parlait lui-même, mais rien ne laissait deviner ses sentiments, même à sa femme qui commençait à éprouver un peu de crainte. Une lettre de Lady Catherine annonça son arrivée, avec sa fille Anne et son futur gendre, pour le premier juin. Georgiana qui avait exprimé le désir de retourner pour la « saison » londonienne avec les Bingley dut retarder son départ de quelques jours sur les instances de son frère. Il pensait que son absence serait fort mal jugée par sa tante. Lizzy quant à elle se garda d'intervenir mais elle ne savait que trop bien que, pour la première fois, sa belle-sœur voulait assister à certains bals auxquels des jeunes gens en kilts allaient participer. Elle en arriva à se demander si le refus de Darcy de laisser partir Georgiana sans tarder n'avait pas le dessein, à son avis détestable, d'éviter les bals et les kilts.
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