Jeanne courut pour l’arrêter, l’appelant, l’implorant, le cœur crispé de terreur, pensant : « Il sait tout ! que va-t-il faire ? Oh ! pourvu qu’il ne les trouve point ! » Mais elle ne le pouvait atteindre, et il ne l’écoutait pas. Il allait devant lui sans hésiter, sûr de son but. Il franchit le fossé, puis enjambant les joncs marins à pas de géant, il gagna la falaise. Jeanne, debout sur le talus planté d’arbres, le suivit longtemps des yeux ; puis, le perdant de vue, elle rentra, torturée d’angoisse. Il avait tourné vers la droite, et s’était mis à courir. La mer houleuse roulait ses vagues ; les gros nuages tout noirs arrivaient d’une vitesse folle, passaient, suivis par d’autres ; et chacun d’eux criblait la côte d’une averse furieuse. Le vent sifflait, geignait, rasait l’herbe, cou

