seizeLa nouvelle vie d’Emma et de Nicolas-Roger leur fut vite un enchantement. Leur maison n’était pas très grande, mais Emma la trouvait délicieuse. Tout ce bois, ces escaliers extérieurs, cette intimité. Ah, on était loin des maisons tristes qu’elle avait connues dans sa campagne de là-bas. Et puis les gens étaient si gentils. Ils parlaient un français si comique, avec des expressions si charmantes, même si elle mit un certain temps à les comprendre. On la trouvait charmante, elle aussi. Bien sûr, elle n’adressait guère la parole aux ouvriers ni à leurs filles, qui elles-mêmes travaillaient aussi à l’allumettière. Mais ils étaient souvent invités chez des contremaîtres ou même des patrons. Leur statut de Belges qui allaient devenir Canadiens, le mystère qui entourait leur vie, leur nauf

