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*Le seul véritable moyen de faire taire ses ennemis c'est de réaliser quelque chose qu'ils te croyaient incapable*
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Deux mois plutard
Point de vue externe
Deux mois se sont passés depuis que Amina a appris à Karim qu'elle attendait son enfant.
Ce jour là ce dernier était partagé entre une joie immense et une peur atroce. Il était content parce que sa bien aimée attendait leur propre bébé, cet enfant fruit de leur amour.
Mais il avait aussi peur de la réaction de son père, de sa famille, des gens... Mais il se demandait surtout s'il était prêt à avoir une telle responsabilité. C'est une chose à 22 ans d'avoir plus d'une vingtaine d'employés sous ses ordre mais ça en est une autre à cette même âge d'être père, de se dire que c'est de lui que dépendra la vie de cet être si fragile, que son avenir est entre ses mains qu'il devra être présent à chaque fois qu'il en aura besoin, se dire qu'il devra le nourrir, habiller, éduquer, faire de lui ( d'elle) une bonne personne, de lui apprendre ce qu'est le bien et le mal, la justice et l'injustice, le faux et le vrai.
Pour une fois dans sa vie, il avait peur de ce que l'avenir lui réservait, peur de ne pas pouvoir être à la hauteur...
Deux mois durant lesquels la gentille Aminata est passée de mademoiselle Sow à madame Fall, ce qui ne l'as pas déplut. Deux mois que Junior (Karim, c'est comme ça que l'appelle ses proches) a vu son statut passé de célibataire convoité à celui d'un homme marié. Il se rappelle de ces beaux jours de célibataire, des soirées en boîte... Deux mois depuis le jour, le seul jour où il a vu de la déception dans les yeux de son père, déception qu'il a lui même provoqué
Abdou Karim
*Flash back*
Le surlendemain du jour où Amina m'as appris la nouvelle, j'ai enfin eu le courage d'aller le dire à mon père. Après la prière de l'aube je suis allé le trouvé dans sa chambre. J'ai toqué deux fois et à la troisième fois j'entends
-Lui: Hum hum
J'en déduis que dafay werdeu
(qu'il égraine son chapelet ). Je rentre et m'assoies à ses côtés. J'attend qu'il finisse et tend les paumes pour recevoir ses prières. A la fin il pose son chapelet et se tourne vers moi.
-Lui: Na nga deff sama dome, no fanané
(Comment tu vas mon fils, t'as passé une bonne nuit ?)
-Moi: Sante yalla rek papeu alkhamdoulilah. Papeu bo guissé ma fadiarou ni dafa ame louma la beugone wakh
(On remercie Dieu le tout puissant. Père je sais qu'il est très tôt et que vous devez sûrement vous recoucher mais il y'a quelque chose que je dois t'avouer avant que vous ne l'apprenez par un autre). Vous souvenez vous de Amina Papa ?
-Lui: Bien sûr mon fils. Mba mo ngui si diame rek
(Elle va bien j'espère ?)
-Moi: Elle va bien papa. Comment vous dire...elle est...
-Lui: Va droit au but Junior qu'est ce qu'il y'a ?
-Moi: Papa, il se trouve qu'elle est enceinte de moi...
-Lui: Souhanallah, loy wakh ni Karim. Lolou kagne la nonou
(De quoi tu parles ? C'est depuis quand ça ).
C'est comme ça que je t'ai éduqué Junior ? Hen répond moi ! Kagne nga commencé di moy yalla Karim
( Depuis quand t'as commencé à forniquer Karim ). En plus avec cette pauvre fille là, elle qui est si pudique, si bien éduquée, qui ne lève jamais les yeux devant ses aînés. Je suis sûre que c'est toi qui l'y a forcé sinon jamais elle ne l'aurait fait. Tu sais à quelle point cette fille est amoureuse de toi et t'en a profité.
-Moi: Boul wakh lolou papa
( Ne dis pas ça papa)
C'était le lendemain du décès de sa meilleure amie Ndeye Astou. Elle était venue me voir pour que je lui remonte le moral, elle n'allait pas bien. Et dans un trop d'émotions on l'a fait, c'était pas prémédité.
-Lui: Mayma diame la wakh mounane un trop d'émotions. Bo téwone sa bopp dou fa égueu.
( Fous moi la paix tu me parle de >. Ça ne se serait pas passé si tu t'étais retenue )
Maintenant assume tes actes. Demain j'irai avec tes oncles chez ses parents demander sa main avant que les choses ne se saches dans tout le quartier. Reste plus que tu ternit mon image dans le voisinage. Maintenant laisse moi je dois me reposer, si ça sera possible après ce que tu viens de me dire.
*Retour au présent*
Puisque le vieux n'a qu'une parole, je vous laisse imaginer ce qui s'est passé. Et c'est aujourd'hui que ma princesse va venir habiter dans sa nouvelle domicile, la notre. Quant à mon père, il me boude depuis ce jour, il me salue et répond à peine à les salutations. Je sais qu'il a raison mais je ne peux m'empêcher de lui en vouloir aussi. Je ne sais pas si ça vous arrive mais moi des fois je ne comprends pas les parents. Vous faites une faute, une seule faute et ils se comportent comme s'ils ne vous connaissaient pas, comme s'ils ne vous ont pas éduquer, une seule faute et pour eux vous êtes comme ça point.
Dans ce genre de moment, moi, tout ce dont j'ai besoin c'est un peu plus de confiance, rien qu'un tout petit peu. J'ai juste envie de lui dire >.
Mais n'empêche je ne peux pas trop être fâché contre lui, il m'as quand même permis de réaliser l'un de mes plus grands rêves, épouser Aminata Sow, l'amour de ma vie. Donc combien même pourrait être ma peine face à son attitude, je ne pourrais jamais assez le remercier pour ce fait.
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Le soir
Aminata Sow
J'étais assise sur mon lit, voile sur la tête, les yeux perdus vers la fenêtre. Dans la maison on dirait une fourmilière tellement il y'avait du monde, la famille, les proches, les amis... La seule qui manque vraiment c'est ma meilleure amie, Ndeye Astou. Elle aurait été tellement contente pour moi, elle aurait été là à mes côtés et j'aurais sûrement l'air moins seule dans cette chambre.
Elle m'aurait fait rire, décoincé, obligé à sortir d'ici, de cette chambre qui m'étouffe au plus haut point en ce moment. Elle était comme ça elle, toujours dans l'excès, toujours souriante, aimable avec tout le monde. Elle était du genre à te mettre à l'aise aux premiers abords.
C'est comme si elle connaissait tout le monde. Si gentille, si attentionnée, si enthousiaste, à toujours voir le bon côté des gens. Je ne sais pas comment on peut faire ça à une telle personne, la v****r et la tuer sans aucuns remords.
Mon pays va mal ça je vous le dis. Semaine après semaine on entend telle personne a été tuée, telle personne a disparu ou telle personne a été violée mais ils ne font rien. Et la police, les dirigeants dans tout ça ? Ces dirigeants qui prétendent être là pour le peuple alors qu'en vérité ils ne sont là que pour se remplir les poches sur notre dos et se barrer à l'extérieur... Que j'aurais aimé que ça mort ne doit qu'un mauvais rêve et qu'elle soit là à mes côtés. Mais hélas on ne peut pas remonter le temps...
Dans ces moments là elle m'aurait dit >
( Sinon je me lèves tout de suite pour m'occuper de ton cas)
Je souris à cette pensée, elle me manque tellement. Au même moment je reçois un message.
Mon cœur
Bonsoir chérie tu vas bien j'espère. Je te vois déjà sourire jusqu'à Haïti à la lecture de ce message, range tes dents c'est mieux . J'ai hâte de te voir dans notre nouvelle maison, toi, moi et notre petite princesse (intuition) pour la vie. A tout à l'heure, je t'aime.
Je souris en lisant son message,je l'aime tellement mon homme. Je sais pas comment il fait ou s'il a des supers pouvoirs mais il sens toujours quand je vais pas bien et sais toujours comment me remonter le moral. Je me sens tellement chanceuse de l'avoir dans ma vie. À ces filles qui pensent que les hommes sont tous pareils, je dit pas le contraire mais il y'a des exceptions et mon homme en fait parti.
Je me souviens du jour où je l'ai vu pour la première fois comme si c'était hier. On été en classe de terminale.
*Flash back*
Je venais d'arriver à l'école, il était vers les coups de 10h. J'ai osé venir à pareil heure parce qu'à la rentrée les profs ne commencent pas tous les premiers jours.
J'entre dans ma classe et le remarque du premier coup. Il était assis à la deuxième table du deuxième rangé. Je salue la classe et va m'asseoir devant lui. Je manipule mon portable ne sachant pas trop quoi faire. J'étais assise avec un autre gars mais je ne sais comment, je me suis retourné et je lui ai demandé.
-Moi: Il y'a des profs qui ont commencé ?
Je vois qu'il était surpris par ma question et par la rapidité à laquelle je l'ai posé, c'est pas de ma faute s'il m'intimide. Mais il répond quand même.
-Lui: Euuh... Oui le prof d'anglais et le prof de philo. Mais ils ont juste fait des prises de contact mais ils ont rien écrit.
-Moi: Ah d'accord merci
Je me retourne une minute et me reconcentre sur mon téléphone mais j'arrivais pas à m'arrêter de penser à lui. Je me retourne une seconde fois et nos regards se croisent encore, sûrement il me regardait aussi. Gênée je lui lance.
-Au faite moi c'est Aminata Sow et vous je lui dit en lui tendant la main.
-Joli nom, moi c'est Abdou Karim Fall, enchanté dit-il en me tendant la main et en souriant.
-Le tien n'est pas mal non plus. Enchanté. Je lui répond en contemplant son beau sourire, ses dents blanches et bien rangées, ses fossettes, oh il est trop à croquer.
-Hého... Vous êtes là ? Le prof est rentré me dit-il tout en me montrant le prof du doigt sourire scotché aux lèvres.
Je me retourne gênée. Pu*** qu'est ce qui m'arrive, reprends toi Amina. Il a du voir que je bavais grave sur lui, quelle honte.
Qu'il est beau > me souffle ma maudite conscience. Toujours à la ramener quand on a pas besoin d'elle.
Je me concentre sur le prof de maths qui nous faisait son discours. Pouf deux heures à l'écouter blablater. Bienvenue chère année scolaire, vous noterez bien que c'est un sarcasme.
*Retour au présent*
Au même moment ma mère entre dans la chambre. Je dirais plutôt ma belle-mère. Ma véritable mère, celle qui m'a porté pendant neufs mois, est décédée quand j'avais cinq ans, c'est pourquoi j'ai pas véritablement des souvenirs d'elle. À part quelques brides, ou par les photos d'elle que j'ai.
Ma belle mère, elle fait semblant de m'aimer devant mon père et devant les gens. Tellement d'hypocrisie que j'ai envie de vomir quand je la vois faire semblant devant mon père, faisant comme si on était les meilleures amies du monde alors qu'en secret elle me maltraite, elle fait de moi ce qui lui plaît et mon père dans tout ça, il ne remarque rien, trop aveuglé par son amour pour elle.
C'est ce genre de femme qui font que la plupart des hommes comparent le mariage à une mauvaise chose, une mauvaise chose qu'il sont obligés d'embrasser au risque de se faire juger par la société.
Elle fait sortir mes cousines qui étaient là soi-disant pour me tenir compagnie et commence son monologue. Genre elle veut me donner des leçons de mariage... Et moi, consciente que les gens sont derrière la porte entrain de nous écouter, je ne faisais que secouer la tête pour dire oui à ses propos.
-Elle: Ma fille, ma chère fille, je sais que la vie ne t'as pas épargné et que c'est ta mère qui tu aurais aimé avoir avec toi en ce moment, entrain de faire ce que je m'apprête à faire. Mais ainsi va la vie, on a pas toujours ce que l'on veut, Dieu seul décide.
Te voilà qui passe un nouveau cape de ta vie. Khamal ni seuy dou ay thiaxane té dieukeur dou morom. Dégueul ko, mougnal ko, respecté ko. Loumou beug té nékoul lou yalla bagne nékeu si. Wathiél sa bopou, topatol sa goro ak wa keureum et rend nous fier. Bou yalla défé li sen diganté accepté lén ko té nguèn diamo ko yalla. Yalla nala yalla sameu ma fille.
(Saches que le mariage n'est ni facile et ce n'est pas un jeu non plus. Respecte ton mari, comprend le, rend le heureux et respecte le. Soumet toi, prend soin de ta famille et rend nous fiers. Si Dieu a fait ça entre vous (faisant allusion à l'être que je porte) acceptez le et craignez Allah. Que Dieu vous protège).
Point de vue externe
Chez Karim
Arrivé maintenant le moment où la mariée devait rejoindre le domicile conjugal. Avant de partir elle est allé prendre les bénédictions et les prières de son père. Ce dernier n'a pas manqué de lui rappeler à quel point il est fier d'elle...
Vers les coups de vingt trois heures, la voiture venait de déposer Aminata devant la maison de son époux. Elle a été accueilli par la mère de ce dernier qui l'a mis au salon. Les rites et coutumes terminés, les invités rentrés, il ne restait qu'elle et son mari, dans leur chambre . Il s'est approché d'elle et elle s'est jetée sur lui comme pour se convaincre qu'elle ne rêvait pas. Il l'a pris dans ses bras, l'a consolé comme il sait si bien le faire. Et comme à la première fois, dans un trop d'émotions, il se passa ce qui devait se passer, nuit de noce obligée...
Toute la maison dormait paisiblement quand tout à coup des cris se font entendre dans toute la maison...
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Merci Poulo-ba, MaryNiang6pour le coup de main,Princeob28 pour le cover et Prince_Shakur pour les nouveaux followers ça fait grave plaisir
®Bachir986®