IIIDans cette étonnante société maritime, née des premiers accouchements du siècle, une minorité de pionniers avait fondé la structure des temps modernes. Hommes poussés par la nécessité, visionnaires ou esprits habiles, ils avaient su, au moment opportun, devenir une des dents de cet engrenage qui, depuis, manœuvrait la machinerie. Ils étaient venus de tous les milieux. Certains avaient sombré corps et biens, d’autres avaient survécu, d’autres encore s’étaient déchirés et l’histoire avait fait le tri, sans se soucier de savoir qui étaient les bons et les mauvais car ne survivaient que les plus forts. Chaque port avait créé sa microsociété d’entrepreneurs, de dirigeants, de propriétaires. Ils s’étaient faits au hasard de la vie, certains sans le vouloir, heureux « premiers » de concours de

