Point de vue externe:
17h sonne, c’est la fin des cours, mais la journée est loin d’être terminée. Lyse monte dans la voiture de course du capitaine de l’équipe de foot, surement pour aller à une fête. Mais elle ne semble pas si joyeuse que ça, ou peut-être qu’elle se sent…seule sans ses meilleures amies. Bérénice, sous un arbre non loin du lycée, essaye, tant bien que mal, de faire comprendre au petit Mike qu’ils ne devront plus jamais se voire, car elle tient à sa réputation plus qu’à toute autre chose. Le jeune homme reste bouche bée et ne semble pas bien comprendre ce qui se passe, mais Bérénice le laisse sur place avec des adieux peu convaincants.
Pour Emily, c’est l’heure de rentrer. Mais elle prend tout son temps, son vélo à la main, elle marche lentement en admirant le paysage et les différentes scènes qui s’offrent à ses yeux espiègles.
Point de vue de Maya :
Je me dirige vers la piscine du lycée en mangeant calmement ma pomme pendant que l’immeuble se vide petit à petit. Ma maison n’est pas très éloignée de l’école, mais je n’ai pas le droit d’effectuer cette distance à pied et en plus seule, de peur que je ne m’évanouisse en route. Alors, tous les soirs, j’attends qu’Elyas termine son entrainement de basket, pour qu’il me conduise à la maison en voiture, c’est aussi lui qui vient me chercher le matin. Parfois, je m’imagine que c’est pour moi qu’il a passé son permis de conduire si vite, mais bien sûr, ce n’est que mon imagination.
Je termine de me mettre en maillot et d’emballer mes cheveux dans un bonnet, avant de sortir des vestiaires pour aller faire trempette dans la piscine. Je plonge doucement et laisse mon corps remonter à la surface seule. Je me laisse flotter sur le dos et ferme les yeux en respirant profondément. La natation est bien le seul sport qui ne m’est pas interdit, ça et le mini-golf. Mais je préfère la natation, c’est tellement relaxant, je me sens si légère. Mais mains et mes jambes font de petits mouvements de battements de haut en bas alors que je laisse mon esprit divaguer.
- Tu sembles beaucoup aimer nager
Cette voix grave et un peu rouillée me fait sursauter et couler. Je sors légèrement la tête de l’eau pour voir de qui il s’agit et je ne peux empêcher mes joues de devenir toutes rouges. Il est encore plus beau de près, ce Maël, et quelle voix, j’en ai la chaire de poule.
- Tu fais partie du club de natation ?
Je me sens bien trop intimidée par son regard sur moi et je n’arrive pas à faire sortir un mot. Alors, je me contente de secouer la tête. Il soupire un grand coup et s’accroupit sur le rebord de la piscine avec un léger sourire en coin.
- Alors qu’est-ce que tu fais ici, à cette heure, et toute seule ?
Je détourne le regard alors que les mots me manquent toujours.
- Tu attends tes amis ?
J’hoche la tête rapidement, un peu surprise qu’il est deviné. Il se redresse et continue à me fixer en enlevant un à un ses vêtements sous mes yeux écarquillés, violés, charmés par son corps fin et taillé qui se dévoile à moi, sa peau si blanche semble si douce, comme de la laine, et l’insolente forme ronde qui se dessine sur son boxer… me laisse simplement sans voix. Il plonge ensuite dans l’eau et nage gracieusement le long de la piscine, tel un athlète, en se dirigeant vers moi. Il se met ensuite à nager en cercle autour de moi en scrolle avec un immense sourire sur le visage, tellement beau, que je réponds à son sourire même si je me sens un peu gênée dans mon maillot.
- Je vais attendre tes amis avec toi, pour leur dire en face que c’est un pêcher de laisser une si belle créature toute seule
Il s’arrête devant moi et le courant nous rapproche lentement alors que mon regard se perd à nouveau dans le sien, comme si l’espace d’un instant, il pouvait lire en moi. J’ai du mal à respirer et avant que je ne m’en rende compte, nos peaux se frôlent déjà. Il caresse le loin de mon bras en descendant pour prendre ma main, et son geste suffit à me donner à chair de poule de la tête aux pieds. Puis il se remet à sourire et s’éloigne doucement en me tirant avec lui. Il nage en scrolle en me tenant la main. Elle est si grande comparée à la mienne, et si chaude, je me laisse entrainer sans résister. Comment dire non à son visage paisible et insouciant quand il nage…
- Maya
La voix d’Elyas, avec une pointe d’autorité, met instantanément fin à ce qui semblait être un rêve. À l’instant, je retire ma main et nage docilement jusqu’à lui alors qu’il fixe Maël d’un regard noir. Je sors de l’eau et Elyas enlève aussitôt sa veste en cuir et me la passe autour des épaules. Il me sert tellement contre lui que je n’arrive même pas me retourner pour dire au revoir, puis il me raccompagne jusqu’aux vestiaires en silence. Mais j’ai encore les mains qui tremblent rien qu’en pensant que Maël me l’a tenue. Quelle étrange sensation…
Le lendemain, la journée débute normalement bien que je me sois réveillée un peu plus joyeuse que d’habitude. La routine matinale commence, je contrôle ma tension, prend mes médocs, me douche, m’habille. Cette fois-ci, je m’attarde un peu devant mon reflet avec sa voix en tête « une si belle créature ». Une chevelure brune mi-longue naturellement bouclée, de petits yeux caramel, de lèvres pulpeuses roses en contraste avec mon teint un peu pâle, le tout sur un corps, maigre et plat à mes yeux, que j’ai voulu mettre en valeur avec une robe moulante grise. Suis-je vraiment une belle créature ? Le doute m’envahit, de toute évidence je n’assumerais jamais de sortir comme ça, alors j’enfile un gros pull oversize noir.
Là, je pense que mon excès de joie s’en est envolé. Je descends donc prendre mon petit déjeuner avec mon père qui en profite pour me parler de la hausse du prix du pétrole, super. Puis je prends mon déjeuner avant de m’en fuir de là pour me réfugier dans la voiture d’Elyas. Nous nous mettons ainsi en route en discutant de tout et n’importe quoi. Comme d’habitude, nous retrouvons Emily devant nos casiers respectifs avant de nous diriger vers la salle de classe.
C’est alors que je me fais arrêter par une main sur mon épaule. Je me retourne pour rencontrer le regard de Maël, quelques centimètres au-dessus de ma tête. Je n’avais jamais remarqué qu’il était si grand. Mon estomac se retourne d’un coup alors que je perds à nouveau mes mots.
- Salut. Je voulais m’excuser pour hier. J’espère que je ne t’ai pas causé de problèmes avec ton mec
D’un coup, ma langue se délie.
- Ce n’est pas mon mec… On est juste amis
- Vraiment ? Il avait l’air…
- Il est tout le temps…comme ca
- Ok
On lâche tous deux un petit rire nerveux, avant qu’il ne reprenne la parole.
- Dans ce cas, est-ce que tu serais…
- Maya, qu’est-ce que tu fais ?
Je me retourne pour regarder Elyas qui revient vers nous et il fixe Maël encore avec ce regard noir. Il enroule son bras autour de mes épaules et baisse intentionnellement la tête pour bien marquer la différence de taille entre les deux garçons. Du haut de ses 1m 88, il le fusille du regard avec un petit sourire sadique, il se fout littéralement de sa tête. Je n’avais jamais vu Elyas comme ça. Mais Maël ne se laisse pas faire et soutient son regard sans vaciller. Finalement, mon ami brise le silence.
- Hey ! C’est toi le nouveau, gosse de riche et tout. Ici, riche ou pas, personne n’entre après le prof, donc tu ferais mieux d’aller en classe. Ok ?
Il lui tapote un peu violemment l’épaule, avant de se retourner avec moi et de me trainer jusqu’en classe. J’ai essayé de le questionner sur son comportement mais il m’a simplement ignoré. Je ne comprends pas pourquoi il agit comme ça, ce n’est pas dans ses habitudes. Il est généralement calme, sauf quand on lui cherche des ennuis, mais là, on dirait que c’est lui qui cherche des ennuis.
Point de vue externe :
Alors qu’Elyas traine Maya loin de Maël, ce dernier cherche le regard d’Emily, à qui il tente de faire un signe de la main, mais elle l’ignore royalement et suit ses deux amis.
Intéressant…