Chapitre 127 : Le convoi avançait lentement sur l’avenue pavoisée. Dans la voiture de tête, Gabriel gardait les yeux rivés sur le ruban d’asphalte qui s’étirait devant lui. Des guirlandes d’or et de fleurs ondoyaient au gré du vent, projetant leurs reflets sur le pare-brise. Tout semblait joyeux autour de lui, pourtant son cœur battait trop vite, comprimé par une inquiétude sourde. — Tu n’as pas dit un mot depuis dix minutes, fit remarquer Karmen, assis à sa droite. Gabriel se força à détacher son regard de la route. — J’essaie de calmer mes nerfs, avoua-t-il. Ce silence me pèse. — C’est normal, répondit Karmen avec douceur. D’ici peu, tu la verras marcher vers toi. Tout ira bien, Gabriel. Le jeune homme acquiesça distraitement. Ses doigts pianotaient contre son téléphone qu’il finit

