Lya
-Si ce n'est que ça mio tesoro, ce n'est pas un souci. Je pense que je peux me retenir même en compagnie d'une belle femme qui plus est, dit-il en accompagnant sa réflexion d'un sourire en coin.
-Arrête ça, ce n'est même pas vrai. Je ne suis pas forcément la plus belle. La preuve en est, Thibault m'a bien trompé. Ça ne veut rien dire.
Si j'étais si bien que ça je n'aurais pas eu à faire face à ce problème. Ça ramène tous mes mauvais souvenirs.
-Je préfère ne pas rétorquer, car tu sais mon avis et je n'ai pas envie qu'on se prenne de nouveau la tête par rapport à ça.
J'attrape mon téléphone et lâche un cri de stupeur. Il est déjà 11 h 45 et j'embauche d'ici une demi-heure et je ne suis absolument pas prête. Je ne dois pas être en retard sachant qu'aujourd'hui est une journée importante et que la directrice doit passer nous annoncer quelque chose. Apparemment, c'est important et nous devons être présents.
-Bordel, je dois me dépêcher et il faut que je rentre chez moi pour me changer. Est-ce que tu peux me ramener s'il te plait, car je n'est pas ma voiture et à pied ça me prendrait trop de temps, dis-je d'un mouvement de tête à Hugo qui n'a pas décroché son regard de moi.
Il hoche la tête, se lève et attrape ses clés de voiture sans rien dire. J'ai l'impression que quelque chose l'a froissé et qu'il me fait la tête. Je monte dans sa voiture en silence.
-Il y a quelque chose qui ne va pas ? Dis-je d'un pincement de lèvre.
Je ne veux pas savoir que je l'ai vexé et que je ne puisse pas savoir ce que c'est. Surtout que ce n'est pas voulu et je ne sais pas où est-ce que j'ai pu faire l'erreur ou dire une parole blessante.
-Non, c'est juste que je déteste le fait que tu te dénigres et que tout le monde te dit que tu es une belle femme et que tu ne l'assumes pas.
Je ferme les yeux dans un soupir. Mais en même temps, comment je pourrais accepter ça avec toutes les remarques que je me suis prise dans le passé. Et il le sait.
-Ce n'est pas ma faute si je n'arrive pas à le croire. Après ce que j'ai vécu, c'est bien normal non ?
-Et aussi parce que Thibault t'a quitté et que tu penses que tu n'es bonne à rien ? Que tu n'es pas assez belle pour plaire à un homme ?
Eh bien tu te trompes. Dois-je te rappeler tous les regards qui se sont posés sur toi hier soir ?
Je lâche un rire amer et secoue la tête indifférente.
-Ce n'était que des hommes qui voulaient passer une nuit. Rien de plus, ce n'est pas ce que recherche et ça ne sert à rien.
Il me lance un regard que je ne saurais décrire. Peut-être de la déconcertation ? De l'émerveillement ? Je ne sais pas trop.
-Pourquoi tu ne veux pas juste pour une nuit ? Il n'y a rien de mal à ça, bien au contraire ça pourrait te faire du bien, te soulager.
-Parce que ce n'est pas ce que je veux. Je sais que ça ne fera qu'empirer mon état d'esprit et le fait que justement, je ne sois plus avec Thibault, je réalise que ce n'est pas mieux et peut-être même pire.
Il hausse les épaules et s'engage dans la rue de chez moi.
-Je ne suis pas d'accord avec ça, mais après tout, tu fais ce que tu veux avec ton cœur et ton corps. Mais si tu te sens mal et que tu as besoin de te décompresser, je te dis que c'est la meilleure solution, mais malheureusement pour toi maintenant qu'on est censé faire semblant d'être ensemble et si on te voit avec un autre homme, ça pourrait gâcher ton plan.
-De toute façon ce n'est pas mon intention de si tôt.
J'ouvre ma portière prête à partir.
-Je te récupère ce soir devant chez toi ou tu viens en voiture ?
-Je viendrai avec ma voiture, comme ça je pourrai bouger et aller au travail sans te demander et te déranger. Je sais déjà que tu as beaucoup de travail et je ne veux pas que tu aies du retard à cause de moi, dis-je d'un petit sourire.
-Ne t'inquiète pas, ça ne me dérange pas. Je suis là si tu as besoin, car les amis servent à ça. On se voit ce soir et tiens un double des clés, car je ne sais pas si je serais rentrée du travail et je ne veux pas que tu poireautes dehors même s'il ne fait pas froid. Que tu puisses te mettre à l'aise dans ta nouvelle demeure.
J'esquisse un autre petit sourire et hoche la tête en attrapant les clés qu'il me tend. Le contact de ses doigts me donne un frisson MAIS pour ma défense, elles sont froides ! Ça ne peut être que ça de toute façon.
Les hommes, c'est fini.