CHAPITRE 16 : LES SILLONS DE LA DOULEUR PARTIE I : LE CONVOI DE L’INFAMIE L’obscurité n’était plus un manteau protecteur, mais une cellule mouvante. Pour Mia et Béa, la nuit ne s’était pas achevée par un lever de soleil, mais par un fracas de métal et de cris rauques. Avant même que l’aube ne puisse percer le ciel de plomb au-dessus de la forteresse de Krane, les portes de leur cachot volèrent en éclats. Elles furent bousculées avec une sauvagerie gratuite. Des mains calleuses les empoignèrent par les cheveux et les épaules, les arrachant à leur sommeil de plomb. Mia tenta de se débattre, mais un coup dans l’estomac la plia en deux. Avant qu’elle ne puisse reprendre son souffle, un bâillon de toile rèche, imprégné d’une odeur de vieille sueur et de graisse, fut noué derrière sa nuque, é

