AYANA — 20h15 Nous mangions en silence. Pas inconfortable. Chargé. Lourd de choses non dites. Adrien avait abandonné sa blouse blanche sur le canapé. Juste une chemise noire retroussée aux manches. Je l'observai manger avec l'efficacité de quelqu'un qui considérait la nourriture comme du carburant, avant de lever les yeux et de croiser les miens. — « C'est bon, » dit-il. — « Tu dis ça parce que tu es poli. » — « Non. Je le dis parce que c'est vrai. » Nos regards se verrouillèrent, et soudain la nourriture devint secondaire. — « Adrien... » — « Ayana... » Nous parlâmes en même temps. Rîmes nerveusement. — « Toi d'abord, » dit-il. Je posai ma fourchette. « Ce qui s'est passé ce matin... » Sa mâchoire se serra légèrement. — « Je ne regrette pas, » dis-je fermement. « Au cas où t

