Anna Je ne veux pas espérer. Je ne veux pas croire. Mais quand il serre mes doigts dans les siens, quand il dit qu’il va lui parler… je respire. Malgré moi. Comme si quelque chose s’ouvrait, doucement, là où tout était figé. Je me tiens là, dans le silence de cette maison, qui n'est plus qu'une scène de théâtre. Une maison où chaque pièce porte la trace de nos mensonges, de nos faux sourires, des silences trop lourds pour être ignorés. Chaque coin de ce lieu me renvoie à Camille. À cette femme qui est là, qui occupe l'espace sans jamais poser de questions. Et pourtant, je ne peux m'empêcher de penser que quelque part, elle sait. Elle doit savoir. Louis n’a jamais aimé sa femme. Tout le monde le sait. Mais elle reste là. Elle est là, toujours. Comme une ombre qui nous suit partout,

