Anna Le lendemain, l’air est plus léger. Ou peut-être est-ce moi. Peut-être est-ce cette décision silencieuse de me raccrocher au réel, de m’agripper à ces petits gestes simples qui donnent un sens aux jours qui passent. J’ouvre la boutique un peu plus tôt que d’habitude, comme si j’avais besoin de ce tête-à-tête avec les livres, avec leur odeur rassurante, leur langage discret. Je trie les nouveautés en silence, m’autorisant un peu de musique en fond, douce, presque imperceptible. Chaque mouvement est mesuré. Chaque minute, fragile. Mais je suis là. Je tiens bon. C’est en repositionnant un livre sur l’étagère que je l’entends. Une voix. Douce. Posée. Pas comme celle de Louis, non. Celle-ci ne cherche pas à posséder, à contrôler, à imposer. Elle demande. “Excusez-moi, je cherche un liv

