Un boulot pas si compliqué

1563 Words
Je suis satisfaite que ce travail me permette de continuer mes études. J’ai signé le contrat hier. Selon les clauses, c’est chaque week-end que nous devrions nous voir pour les leçons. C’est dégoûtant, mais très rentable. Je dois me préparer émotionnellement à coucher avec deux adultes qui ont plus que le double de mon âge. Je vais m’y faire, quoiqu’il arrive. La priorité, c’est ma mère. Les médicaments d’hier soir ont beaucoup soulagé ma mère ; elle se sent mieux aujourd’hui. Ce matin, nous avons un bon petit déjeuner. Ça faisait tellement longtemps. Ma mère a même pleuré, la pauvre. Elle se sent si mal, et elle me donne la force d’arriver à faire ce boulot dégoûtant. Elle est ma force. Chaque week-end, mon chauffeur m’amènera là-bas pour qu’il me tripote. Il doit être si désespéré pour faire cela à une gamine comme moi. Nous déménageons aujourd’hui pour une maison plus luxueuse, plus belle et plus classe. Quel soulagement ! Je suis ravie pour cela, et ma mère également. Je ne travaille que les week-ends ; c’est le temps qu’il a pu libérer pour nos leçons. Moi, personnellement, ça me convient. Je peux vaquer à mes occupations. Nous sommes jeudi aujourd’hui, et dès demain soir, je commence à prendre les leçons. Ce n’est pas si inquiétant que de devoir expliquer à ma mère ma disparition chaque week-end. Pour demain, je lui dirai que je pars en mission pour ce week-end. Dès qu’on pourra déménager, elle sera tranquille, et le docteur pourra l’ausculter. Depuis ce matin, nous faisons nos valises. Maman est heureuse et fait ses adieux à nos voisins. C’est la première fois qu’elle sourit depuis le décès de papa. Je vais lui demander si elle est prête. — Maman, nos affaires essentielles sont emballées, et on n’a pas besoin de tout ce que contient l’appartement. — Oui, je sais, Gueneviève, mais dis-moi, ton patron est bizarre. Pourquoi est-ce qu’il te donne tout ceci ? — Maman, tu exagères. Ce n’est pas mon patron, mais ma patronne. Elle est veuve et n’a pas de fille. Elle n’a qu’un seul fils, et elle a demandé tout ceci pour moi quand je lui ai raconté mon histoire. C’est une dame en or. — Heureuse de savoir qu’il y a encore des gens qui préservent leur humanité. Tu peux me présenter à ta patronne ? — Oui, maman, je lui dirai, et dès qu’elle sera libre, elle passera nous voir. Pour l’instant, je veux que tu guérisses, c’est le plus important. — Je sais, et je suis désolée pour tout. Je ne vais plus me laisser aller. Je vais guérir pour toi. Je vais prendre soin de moi pour toi. Quand tout ira mieux, je vais reprendre mon boulot et rembourser tout à la bonne dame. — Non, maman, ne sois pas désolée. Moi, je t’aime. On discute quand tout à coup, on frappe à la porte. Je pars ouvrir et je vois un camion de déménagement. Je comprends vite. — Maman, ils sont là, les déménageurs. Viens avec moi, ils vont s’occuper de tout. — D’accord, ma fille. Ma mère et moi, on rentre dans la voiture que monsieur m’a donnée, puis le chauffeur nous conduit dans notre nouvelle demeure. Sur le chemin, je me sens libérée d’un poids, mais surtout inquiète et apeurée. Que me réserve l’avenir ? Je ne le sais pas, mais quoiqu’il arrive, je ne regrette pas ma décision. Je l’ai faite pour ma mère, et je n’hésiterai pas à le refaire pour elle. Quand la voiture nous dépose sur le pas d’une très belle maison, je peux voir ma mère écarquiller les yeux. — Gueneviève, c’est vraiment ici que nous allons vivre ? C’est trop beau. — Oui, maman, c’est ici. Et ne t’en fais pas, on va rester ici pour toujours. Quand je vais commencer à travailler, je vais les rembourser, c’est comme un prêt. — J’arrive pas à le croire, mais je suis heureuse. J’ai peur, ne te fourre pas dans de sales affaires, s’il te plaît. — Non, maman, t’inquiète pas. — Promets-moi que tu préfèrerais me voir mourir, mais en gardant ta dignité et les valeurs que ton père et moi t’avons transmises. — Oui, maman, je vais te le promettre si ça peut te plaire, mais promets-moi également de guérir et de ne jamais douter de moi. — Promis également, ma chérie. Ma mère me prend dans ses bras. Je suis tellement heureuse qu’elle se sente soulagée, mais je m’en veux pour ses mensonges. J’ai beaucoup menti aujourd’hui, pour ma patronne et pour ma dignité. J’espère qu’elle ne va jamais l’apprendre ; elle pourrait en mourir. Mais j’espère seulement qu’elle ne le saura jamais. Je pleure, et elle également. Aujourd’hui, c’est un nouveau départ pour nous, et enfin pour qu’elle puisse suivre son traitement. On descend et on rentre dans la maison. C’est très beau. La maison comporte trois pièces, deux chambres et un grand salon. C’est très moderne, mais simple. Dès qu’on rentre, on voit un docteur qui nous attendait. — Bonsoir, monsieur. — Bonsoir, je suis le docteur Smith, le spécialiste qui doit ausculter votre mère. — D’accord, monsieur, voici ma mère. On s’installe et vous pouvez faire les analyses. — Je vous attends alors. — Non, Gueneviève, on ne fait pas attendre un docteur. Je vais m’asseoir pour qu’il puisse me faire les examens, et toi, tu vas tout installer et te reposer, surtout que tu as un voyage d’affaires demain. — Très bien, maman, je t’aime. Je vais me reposer. Je rentre me reposer et la laisse avec le docteur. Tout ira mieux, j’ai la conviction que ce nouveau départ est ce dont nous avions besoin. Je m’allonge sur le lit, mais mon esprit est en ébullition. Je pense à ce qui m’attend ce week-end, à ces leçons que je vais devoir prendre. Je me demande si je vais être capable de gérer tout cela sans que ma mère ne s’en aperçoive. Les heures passent, et je finis par m’endormir. Quand je me réveille, il fait déjà nuit. J’entends ma mère parler avec le docteur. Ils semblent discuter de manière animée. Je me lève et vais les rejoindre. — Comment ça va, maman ? — Ça va, ma chérie. Le docteur a dit que les résultats sont encourageants. Je vais commencer un nouveau traitement, et je me sens déjà mieux. — C’est super, maman ! Je suis tellement heureuse pour toi. Le docteur se tourne vers moi. — Vous avez une fille très attentionnée, madame. Elle se soucie beaucoup de vous. — Oui, je le sais, merci, docteur. Je me sens un peu coupable de ne pas être totalement honnête avec elle, mais je sais que je fais cela pour son bien. Je veux qu’elle soit heureuse et en bonne santé. Après que le docteur soit parti, nous nous installons sur le canapé. Ma mère a préparé un petit repas léger. Nous mangeons en discutant de tout et de rien, et je me sens bien. C’est un moment de répit avant que je ne doive affronter la réalité de ma situation. — Tu sais, Gueneviève, je suis fière de toi. Tu es forte et courageuse. Je sais que ce n’est pas facile, mais je crois en toi. — Merci, maman. Ça compte beaucoup pour moi. Je ferai tout pour que tu sois fière de moi. Nous terminons de manger, et je l’aide à ranger la table. Je regarde l’horloge et réalise qu’il est déjà tard. Je dois me préparer pour demain. — Maman, je vais me coucher tôt ce soir. J’ai une journée chargée demain. — D’accord, ma chérie. Prends soin de toi. Je monte dans ma chambre, et je commence à réfléchir à la façon dont je vais gérer la situation. Je dois être forte, non seulement pour moi, mais surtout pour ma mère. Je me promets de garder mes émotions en contrôle et de ne pas laisser la peur m’envahir. Je m’endors en pensant à l’avenir, à ce que je vais devoir faire, mais aussi à l’espoir que tout ira bien. Je me réveille le lendemain matin avec une détermination renouvelée. Je me prépare, je m’habille soigneusement, et je fais en sorte de cacher mes inquiétudes derrière un sourire. Quand le chauffeur arrive, je prends une profonde inspiration et monte dans la voiture. Le trajet est silencieux, et je regarde le paysage défiler. Je me demande ce qui m’attend. Je sais que je dois être prête à tout. Nous arrivons à destination, et je sors de la voiture. Je prends un moment pour me ressaisir avant d’entrer. Je me rappelle pourquoi je fais cela, et je me promets de rester forte. En entrant, je suis accueillie par un homme qui semble impatient. Il me fait signe de le suivre, et je m'exécute, le cœur battant. Je me retrouve dans une pièce spacieuse, décorée avec goût. L’atmosphère est tendue, mais je fais de mon mieux pour garder mon calme. Je me rappelle les mots de ma mère, sa fierté et son espoir. Je dois être à la hauteur. L’homme commence à me parler des leçons, de ce qu’il attend de moi. Je hoche la tête, essayant de comprendre tout en gardant mes émotions en veille. Chaque mot qu’il prononce me rappelle la raison pour laquelle je suis ici. Je dois me concentrer sur l’objectif : aider ma mère à guérir.
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