Chapitre 2 Le 28 décembre au soir, arrivée de Lecoanet sur l’estuaire. La veille, pour rallier l’auberge d’une ancienne amie au bord de l’estuaire de la Gironde, Lecoanet avait dû renoncer au train à Poitiers, le déplacement chaotique s’annonçant interminable, et louer une voiture pour continuer son voyage. Il avait ainsi, éberlué, mieux mesuré l’étendue des dégâts, avec la sourde impression d’avoir survécu à la fin du monde. A plusieurs reprises la route était coupée, des panneaux provisoires « inondation », « chaussée déformée », voire un simple point d’exclamation – on n’a pas encore inventé le point de stupeur, réalisa-t-il – tenaient lieu d’explication et d’improbables déviations le menèrent par des détours tout aussi apocalyptiques. Des moignons de troncs d’arbres gisaient dans les

