Scène III Hélène, Albertus. ALBERTUS, consterné. Tous mes efforts sont vains ! Elle est muette pour moi, muette comme Hélène, muette comme moi-même ! Et pourtant mon âme est pleine d’ardeur et de conviction ! D’où vient donc que depuis si longtemps mes lèvres sont closes et ma langue enchaînée comme la voix au sein de cet instrument ? Pourquoi n’ai-je encore jamais osé dire à Hélène que je l’aimais ?… Ah ! le juif m’a trompé : il m’a dit que ce talisman me donnerait l’éloquence de l’amour, et le talisman est sans vertu entre mes mains ! Dieu me punit d’avoir cru à la puissance des chimères en m’enlevant ma dernière illusion et en me replongeant dans l’horreur du désespoir ! Ô solitude ! je suis donc à jamais ta proie ! Ô désir ! vautour insatiable dont mon cœur est l’indestructible alim

