49.

1895 Words

49.Si je ne disais pas, à chaque instant, comme le pianiste : « Quel drôle de monde, » je n’en faisais pas moins mes réflexions sur les convives de M. de Solignac. Bien souvent, dans les premières années de ma vie de soldat, alors que je parcourais les garnisons de la France, il m’était arrivé de dîner chez des fonctionnaires dont les convives réunis par le hasard se connaissaient assez peu pour qu’il y eût à table une certaine réserve, mêlée quelquefois d’embarras. Mais ce que je voyais maintenant ne ressemblait en rien à ce que j’avais vu alors. Evidemment les invités de M. de Solignac avaient eux aussi été réunis par le hasard, mais ce n’était point de l’embarras qui régnait entre eux, c’était plutôt de la défiance ; à l’exception de Treyve qui s’était ouvert à moi en toute liberté, c

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