C'est avec douleur, amertume et rage que j'écris ces mots, car la vie a été injuste envers moi. Moi, c'est Akim, né le 15 décembre 1997 au Bénin, à Cotonou. Je suis un jeune garçon issu d'une famille aisée, si innocent et fragile. Je suis un homme, mais je n'ai jamais été l'homme que j'aurais voulu être. Oui, je n'ai jamais eu la paix et la joie que je méritais, malgré mon innocence. la vie est tellement injuste envers certaines personnes.
Oui, comme je vous l'ai dit, je proviens d'une famille très riche. Tous les jeunes garçons de mon milieu voudraient forcément être à ma place, mais en réalité, ils se trompent, car moi, Akim, je n'ai jamais été heureux. Depuis mon enfance, j'ai toujours été un jeune garçon timide et solitaire. Cette vie est devenue pour moi un couteau qui m'égorge, car cette solitude m'empêchait de me socialiser avec les autres garçons de mon âge et de vivre comme les autres sans avoir peur ni honte, mais malheureusement, ça n'a jamais été le cas pour moi.
J'avais honte et peur des garçons de mon âge, car je sentais une terrible différence en moi envers les autres figures masculines de mon âge. J'étais un garçon efféminé, mais ça ne se remarquait pas rapidement, car je faisais tout pour me contrôler en présence des autres par peur d'être, en plus de ma solitude, victime du rejet des autres.
Chaque fois que je me retrouvais parmi les hommes, je n'étais pas à l'aise. Je préférais vivre parmi les femmes, parce que avec les femmes, j'arrive à plus me socialiser. Ils sont comme des amis pour moi. Les autres garçons ne comprenaient jamais pourquoi je me comportais de cette manière.
Un jour, mes camarades de classe ont organisé une fête en l'honneur de Xavier, l'un de mes camarades de classe qui fêtait son anniversaire. La veille, Xavier me demande de venir. Il dit : "Akim, écoute, tu dois y assister."
- À quoi ?
- Mais à mon anniversaire, tu savais pas ?
- Non, Xavier, tu sais, c'est que... (tout gêné)
- Non, non, il n'y a pas de "c'est que", tu viens ou je serais très en colère contre toi.
J'étais obligé d'accepter ce jour-là, mais je savais pertinemment que j'allais pas venir à son anniversaire, que viendrais-je faire là-bas si ce n'est pas pour être la risée de tout le monde ? J'ai toujours eu cette pensée dans ma tête, cette pensée qui me disait que aucun garçon ne peut m'aimer, car je ne suis pas comme eux. En réalité, moi aussi, je pensais toujours la même chose, à quoi je sert, je suis tellement nul, inutile, incapable. Oui, c'est une réalité, je n'arrivais pas à me battre comme les autres jeunes garçons, je suis faible, je n'ai jamais été à la hauteur et je n'ai jamais eu confiance en moi.
Le soir, malheureusement, comme je le disais, je n'étais pas allé à cette fête. Xavier était tellement fâché contre moi le lendemain de la fête. À l'école, Xavier, qui se rapprochait au moins un peu de moi, commence par me détester. Ce fut à ce moment qu'il a eu une conversation entre moi et lui.
- Xavier, laisse-moi t'expliquer, disais-je d'un ton triste.
- Que veux-tu m'expliquer ?, dit-il avec colère.
- C'est concernant ton anniversaire, je peux t'expliquer pourquoi je suis pas venu ?
- Écoute, Akim, j'en ai marre de tes maudites explications, s'écria-t-il d'un ton amer.
- Mais...
- Non, Akim, il n'y a pas de mais, j'ai fait tout pour me rapprocher de toi, on fait tout, mais on constate que décidément, tu préfères ne pas avoir d'amis et vivre dans la solitude le restant de tes jours, dit-il.
- Xavier, je te supplie, ne te fâche pas, comprends-moi un peu, s'il te plaît, je suis un peu différent de vous.
- Différent ? Écoute, ça fait tes oignons, tu te comportes comme une fillette, Akim, tu ne peux même pas mener un dialogue, tu me déçois vraiment, bye.
Je vis Xavier partir, en colère et déçu. C'était le seul ami qui me comprenait auparavant, mais lui aussi est désormais fatigué de moi et n'en peut plus de mes explications. C'est à ce moment-là que je me rendis compte que la solitude gâche ma vie petit à petit en me séparant de ceux qui m'aiment, car tous ceux qui m'aiment me considèrent désormais comme une personne renfermée et égoïste.
J'entendais même certaines personnes parler de moi. Oui, certains de mes camarades me considèrent comme un ennemi et une personne qui n'est pas ouverte d'esprit en me jugeant comme si c'était de ma faute, comme si je l'avais choisi moi-même. Le plus triste est que cette solitude commence par me faire perdre tous les moments heureux qu'un être humain devrait avoir s'il est enfant et tous les moments d'amusement qu'il pouvait goûter.
J'ai perdu beaucoup de choses, le plus énervant est que je suis peureux, fragile comme une femme, oui, comme une femme, je suis incapable d'attraper ni de tuer un simple oiseau ni conduire un simple vélo ni une moto. Ça me rend vraiment malheureux, je voyais toujours les autres jeunes de mon âge rouler les engins, étant courageux, déterminés, forts et braves. J'avais vraiment honte, j'étais souvent même humilié à plusieurs reprises.
Lorsque quelqu'un ou une personne de ma famille décide de m'envoyer en ville avec sa moto ou qu'on me demande d'attraper ou de tuer un oiseau, j'étais si humilié que souvent j'ai toujours peur que ces situations m'arrivent et j'essaye de les éviter, mais c'est impossible, j'y suis toujours confronté et soumis à ces épreuves humiliantes.
J'étais comparé aux autres et moi aussi j'avais fini par aussi me comparer aux autres, une terrible source de douleur et d'amertume. Je croyais que ma souffrance et ma peine étaient finies avant de découvrir un lourd secret sur moi-même, un secret qui m'appartient, mais que je ne connais pas d'abord. Une découverte qui me rendra plus malheureux...