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1671 Words
Amberly La fête anniversaire de la Duchesse Enea McCallister commence bien mieux que je ne le craignais. Je reste au bras d’Aydan, tandis qu’Elena est au bras d’Ethan, au grand désarroi de nombreuses jeunes filles présentes. Tous deux passent la matinée à nous présenter aux différents invités, tous issus des familles les plus prestigieuses du Royaume du Nord. Puis viennent l’alcool, la nourriture et la danse. Dès les premiers verres, l’euphorie s’empare de moi, remplaçant l’inquiétude. Ma sœur, nos cavaliers et moi rions et dansons, comme des personnes normales, insouciantes. Pas de médias, à l’exception d’un photographe professionnel engagé spécialement pour l’évènement. Aydan et moi ne manquons pas le flash tandis que mon cousin m’entraîne dans une danse sensuelle et rythmée. Nous enchaînons. Valses. Quadrilles. Gavotes. Menuets. Pas une danse n’est laissée au hasard. Le corps en feu, j’opte pour une pause et en profite pour prendre un verre que je bois cul-sec. Aydan me rejoint, l’air malicieux. — Quoi ? je demande. Jetant un coup d’œil furtif par-dessus son épaule, il m’attrape par la main et m’entraîne à sa suite. Mon rire résonne à travers les couloirs alors que nous courons dans le manoir jusqu’à une chambre située dans un coin un peu reclus. D’un geste vif, il claque la porte et presse ses lèvres contre les miennes, ses bras enroulés autour de ma taille. Je réponds à son b****r avant de me détacher de lui, haletante : — Nous ne devrions pas… Il me fait taire d’un b****r. Sa langue caresse la mienne dans des mouvements provocateurs. Je gémis. Sa prise se raffermit sur ma taille. Je glisse mes doigts dans ses cheveux, enroulant ses boucles soyeuses autour de mes doigts. Nos corps l’un contre l’autre, nous reculons jusqu’au lit sur lequel nous tombons à la renverse. Aydan m’empoigne les hanches et remonte le jupon de ma robe. Mon cœur cogne entre mes côtes. Je glisse mes mains le long de son torse et m’attaque à son pantalon, que je lui retire d’un coup. Sans plus de cérémonie, il me pénètre d’un puissant coup de rein. — Bon sang…, râle-t-il entre ses dents. Je rejette la tête en arrière. Mes mains retombent le long de mon corps. Entrelaçant nos doigts, il remonte nos mains jointes au-dessus de ma tête. Ses mouvements sont rapides, fougueux. Mes hanches suivent le rythme tant bien que mal. Des larmes perlent au coin de mes yeux. Il les fait disparaître. Des râles profonds s’échappent de ses lèvres. Nos corps tremblent l’un contre l’autre. Ses doigts se resserrent autour des miens. Dans un dernier coup de rein passionné, il se déverse en moi, son corps d’Apollon tendu entre mes jambes. Les yeux fermés, il retombe. Nos poitrines montent et descendent au rythme de nos respirations saccadées. J’embrasse le sommet de son front. La tête appuyée sur ma poitrine, il lève son regard émeraude vers moi : — Tu n’as pas eu trop mal ? — Un peu, mais…D’après ce que j’ai entendu dire, c’est toujours un peu douloureux pour une femme de passer à la casserole la première fois. — Ma parole, chère cousine, vous n’avez pas peur du franc parler, s’esclaffe-t-il. Je lui assène une tape joueuse sur le bras. Il m’embrasse furtivement. — Nous ferions bien d’y aller. Sourire aux lèvres, il se retire et remet son pantalon. Je le regarde se rhabiller, les joues en feu. — On apprécie la vue ? demande-t-il faussement étonné. Je lui réponds d’un geste obscène et saute du lit. M’attrapant par la taille, il me plaque contre son torse. Je frissonne. — Si tu veux, nous pouvons remettre ça... Il me pousse en avant de façon à ce que je me retrouve appuyée contre le lit. Ses mains descendent le long de mon corp, m’arrachant un gémissement. Mon cœur s’emballe. Mon être entier s’enflamme alors que ses doigts se rapprochent de mon point sensible. Quelqu’un cogne contre la porte. — Hé ! s’exclame la voix d’Ethan. (Les coups retentissent de plus belle.) Déjà en train de vous envoyer en l’air là-dedans ? Je laisse échapper un gloussement malgré moi. — Falbh ‘s tarraing! s’exaspère Aydan. Le rire tonitruant de son frère nous parvient de l’autre côté du battant : — Faîtes vite ! Dîner dans dix minutes ! Il donne un dernier coup sur la porte et s’éloigne. Aydan me relâche. Le regard espiègle, j’attrape sa main et l’embrasse sur la joue. — Ne t’en fais pas. Nous avons encore tout le voyage de retour devant nous. * Aydan Comme sous-entendu, une fois à bord du train de retour, Amberly et moi passons notre fin de soirée dans un wagon-chambre privé à faire l’amour. À notre arrivée, elle s’effondre de fatigue. L’ombre d’un sourire aux lèvres, je glisse un bras autour de sa taille pour la soutenir jusqu’à notre voiture. À peine à l’intérieur, elle s’écroule sur la banquette. Ethan et Elena s’installent face à nous. — Quelle journée ! Mon frère laisse retomber sa tête en arrière, épuisé. Elena se blottit contre lui. Les deux sœurs échangent un regard complice. Profitant de leur inattention, je me concentre sur mon frère et lui demande par la pensée : Alors ? Ses lèvres s’étirent en un sourire coquin : Nous n’avons pas été aussi vite en besogne que vous, mais… (Son sourire s’agrandit). Ça ne saurait tarder. * De retour au palais, nous laissons nos cousines entre les mains de leurs servantes, puis regagnons le bureau de notre mère, qui nous attend de pied ferme. — J’espère que les nouvelles sont bonnes. (Elle claque la porte derrière nous et s’assied dans un fauteuil près de la cheminée. Nous prenons place dans ceux qui lui font face.) Eh bien ? — Les choses avancent progressivement entre la Princesse Elena et moi, se contente de répondre mon frère. Elle lève les yeux au ciel avant de river son regard perçant sur moi : — Et avec la Princesse Amberly ? Mes lèvres s’étirent en un petit sourire involontaire : — Nous sommes passés à l’étape supérieure. — Excellent. (Une lueur satisfaite parcourt ses yeux.) Plus vite vous les ferez vôtres, plus vite vous pourrez les épouser. — Et déjouer les plans de leur père. Je tourne la tête. Carlyne Sol Levante, druidesse cousine de notre mère ainsi que de la Reine Marianna par ses origines maternelles, qui selon les rumeurs remonteraient à la Fée Morgause, s’incline dans une profonde révérence : — Vos Altesses. — Cousine, la salue notre mère. L’intéressée se redresse et vient se placer à ses côtés : — Le Roi Pietro a pris contact avec la famille royale d’Amérique du Nord à l’insu de son épouse, nous annonce-t-elle. Ce n’est plus qu’une question de temps avant qu’ils ne se manifestent. Les mains de ma mère se crispent sur leur support malgré sa contenance parfaitement calme : — Il faut que nous leur coupions l’herbe sous le pied. (Prenant une inspiration, elle pose son regard déterminé sur nous.) Mes fils, je vais avoir besoin de vous. * L’entretien terminé, mon frère et moi prenons la direction de nos appartements. Carlyne et notre mère nous accompagnent, souhaitant s’assurer que nous nous préparions pour accomplir notre mission. Le cœur battant à tout rompre, je les écoute nous énumérer une unième fois les raisons pour lesquelles ce que nous faisons est important. — Par leur mère, Elena et Amberly descendent d’une des branches de la noble famille Sol Levante, tout comme Carlyne et moi, à la différence que leurs ancêtres étaient des Non Dotés. — Ce qui signifie que la Reine Marianna et elles-mêmes n’ont hérité d’aucun pouvoir, j’en déduis. (Elle hoche la tête. Je prends une légère inspiration :) Qu’en est-il de leur père ? — Le Roi Pietro est issu d’une lignée de bâtards, apparue par l’union illégitime entre le Prince Lohot, fils du Roi Arthur et de la Reine Guenièvre, avec une simple courtisane. Par conséquent, nous ne pouvons laisser Excalibur tomber entre les mains de leur faible lignée. — Ni entre celles de la famille royale d’Amérique du Nord, renchérit Carlyne. Notre mère acquiesce : — Ce serait en effet une hérésie de permettre que les descendants d’un simple chevalier et de la fille d’un roi, lui-même sous-fifre d’un autre, s’emparent de l’épée. (J’émets un rire amer. Nous nous arrêtons à l’entrée de l’aile.) Vous savez ce qu’il vous reste à faire. Elle nous embrasse sur la joue et s’écarte. Le regard brillant, Carlyne nous tend chacun une fiole: — Buvez ceci. Je m’exécute et avale le contenu d’une traite. Un étrange frisson me parcourt de la tête aux pieds. Pris d’une envie irrépressible de retrouver Amberly, j’attends avec impatience que mon frère suive le mouvement. Les regards convergent vers lui. — Je ne vois pas en quoi notre droit sur Excalibur est plus légitime que le leur, marmonne-t-il. Notre mère lui lance un regard sévère. Les lèvres de Carlyne s’étirent en un sourire suffisant : — N’oubliez pas : vous descendez de Mordred et Kara, deux personnages aux talents inégalés. Contrairement à vos cousines, vous avez non seulement des dons, mais aussi plus de sang Pendragon, puisque Mordred était le fils du Roi Arthur et… — De sa demi-sœur Morgane, grimace mon frère. — Cousine, le corrige Carlyne. Et qui plus est druidesse, voire déesse, de l’Amour, de la Mort, de la sexualité et de la fureur. (Elle débouche la bouteille qu’il tient et ajoute :) Faites-lui honneur. Le sourire toujours aux lèvres, elle nous adresse un signe de tête et s’en va, suivie de notre mère. À peine ont-elles disparu au coin du couloir qu’Ethan descend le contenu de sa fiole et la jette par-dessus son épaule. — Que penses-tu de toutes ces foutaises ? demande-t-il. — Eh bien… (J’inspire et expire lentement.) Je pense que si cela peut nous permettre d’obtenir l’épée et réunifier l’Europe, alors ça vaut le coup d’essayer. (Lui donnant une tape taquine, j’ajoute :) Aller. Allons nous préparer pour nos futures femmes. ** ** ** ** **
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