Radcliffe, Anne Ward

371 Words
Radcliffe, Anne Ward née à Londres le 9 juillet 1764, morte le 7 février 1822. Douée d’une imagination aussi sombre que féconde, mistress Radcliffe avait parcouru plusieurs contrées de l’Europe, voyagé dans la Hollande, sur les lacs pittoresques du comté de Westmoreland, sur les bords du Rhin, et les souvenirs de ces lieux divers avaient rempli son âme des idées les plus romanesques ; de là ces descriptions brillantes dont elle embellit ses compositions. LES MYSTÈRES D’UDOLPHE, trad. par Mlle V. de Chastenay, 1797. — Le manuscrit de ce roman, dont le titre seul fut un charme, fut payé par le libraire cinq cents livres sterling. Le public le dévora dès son apparition ; dans les familles nombreuses, on se passait de l’un à l’autre les volumes, on se les arrachait de main en main, et les plaintes portées contre ceux dont les occupations étaient ainsi interrompues, étaient un tribut général payé au talent de l’auteur. La situation, les malheurs de l’héroïne donnent à ce roman la physionomie de celle du Roman de la Forêt ; mais cette ressemblance est celle que l’on aime à trouver dans les tableaux du même peintre, destinés à faire le pendant l’un de l’autre. Tout, dans les Mystères d’Udolphe, est développé dans un cadre plus grand que dans le Roman de la Forêt ; l’intérêt est plus vif, les descriptions sont plus sombres, les caractères distingués par des traits plus mâles et plus gigantesques. Montoni, homme déterminé, chef de condottieri, est auprès de la Mothe et de son marquis ce qu’est un ange déchu de Milton auprès du lutin d’une sorcière. Adeline est enfermée dans un manoir en ruine ; mais Émilie est emprisonnée dans un vaste château construit au temps de la féodalité ; l’un est attaqué par des b****s de soldats mercenaires, et l’autre est seulement menacé par des officiers de police. La paysage ne diffère pas moins : le tableau calme et borné d’une forêt contraste avec les montagnes majestueuses de l’Italie. Cependant, des personnes dont le jugement doit être compté pour quelque chose, préfèrent la simplicité du Roman de la Forêt au style plus large et plus brillant des Mystères d’Udolphe ; mais la grande majorité des lecteurs donne à ce dernier ouvrage la palme qu’il mérite réellement pour la magnificence de la description et la conception plus élevée des caractères. Pierre Augustin Eusèbe Girault de Saint-Fargeau, Revue des Romans, 1839
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