Chapitre 15Juin 1944, les nouvelles de la guerre étaient porteuses d’espoir. Certains Allemands commençaient à douter. Alors qu’il binait, Abel entendit au loin des crépitements et vit des fumées blanches sortir des fourrés dans la plaine en particulier du côté de chez Richebœuf. Il y eut une accalmie avant que les tirs ne reprennent. Un camion militaire monta vers la Tricherie. Abel courut jusqu’au porche et tenta d’arrêter le monstre. Des maquisards en descendirent. – Nous recherchons un Allemand qui nous a échappé. Tu ne l’as pas vu ? – Non. – Tiens c’est toi l’imbécile ! On peut s’en aller chef, lui il ne verra jamais rien, même pas un perdreau. Le camion fit demi-tour. Pour la première fois, Abel avait été vexé, il répondrait la prochaine fois du tac au tac. Imbécile !… Imbécile !

