9 Les yeux rougis et gonflés, Arabelle Louis buvait lentement une tasse de café noir dans la salle du restaurant de l’hôtel. Devant elle, Arthur avait mis son carnet sur la table et relisait ses notes en demandant parfois quelques précisions. Ils étaient seuls, il était sept heures quinze ce matin-là. Bony allait se lever à nouveau pour aller se resservir une énième tasse quand la porte de la salle s’ouvrit. Le colonel Le Gentil vint s’attabler sans plus de manières. — Mademoiselle Louis, j’ai tenté de vous joindre à votre domicile. Je dois vous demander de me suivre à la gendarmerie, si vous le voulez bien. Bony revint s’asseoir en prenant soin de remettre l’élastique autour de son carnet de notes et d’empocher celui-ci. — Rassurez-vous, Bony, dit Le Gentil, je ne veux pas interférer

