Chapitre III

205 Words
Chapitre III C’est à mon oncle, M. Toby Shandy, que je suis redevable de l’anecdote précédente. Mon père, qui était très fort en philosophie naturelle, et très enclin à des raisonnements serrés sur les plus petites choses, s’était souvent et douloureusement plaint à lui du tort qui m’avait été fait ; mais une fois plus particulièrement, mon oncle Toby s’en souvenait bien, observant une inexplicable obliquité (comme il l’appelait) dans ma manière de faire aller mon sabot, et justifiant les principes d’après lesquels je m’y étais pris, – le vieux gentleman secoua la tête, et, d’un ton qui n’exprimait pas à moitié autant le reproche que le chagrin, il dit que son cœur avait toujours prédit (et il en avait la preuve ici et dans mille autres observations qu’il avait faites sur moi) que je ne penserais ni n’agirais comme l’enfant d’aucun autre homme : – Mais, hélas ! continua-t-il en secouant la tête une seconde fois, et en essuyant une larme qui coulait le long de sa joue, les infortunes de mon Tristram ont commencé neuf mois au monde ! – Ma mère, qui était assise à côté de lui, leva les yeux ; – mais elle ne sut pas plus que son derrière ce que mon père voulait dire ; – mais mon oncle, M. Toby Shandy, qui avait été souvent mis au fait de l’affaire, – le comprit très bien.
Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD