XII C’était le 3 novembre, mais l’automne était beau ; en nous hâtant, nous pouvions espérer d’arriver à Paris avant le mauvais temps. Notre plan, longuement discuté, avait été définitivement arrêté ainsi : comme je n’étais pas surveillé, je sortirais le premier de la baraque, emportant tout le bagage, c’est-à-dire la provision de croûtes, la couverture, une bouteille, mes souliers de rechange, un petit paquet de linge qui avait été caché dans ma caisse par Diélette, une casserole de fer-blanc, enfin tout un déménagement ; puis, quand les époux. Lapolade seraient endormis, Diélette se lèverait, s’échapperait de la voiture et viendrait me rejoindre près d’un arbre que nous avions marqué sur le boulevard. J’y arrivai comme onze heures sonnaient ; Diélette m’y rejoignit à minuit seulement.

